Je me permets de continuer à poster des textes... Je ne sais pas pourquoi, je ne pense pas que celui-ci vous plaise : ce n'est pas vraiment de la narration... Enfin, si quelqu'un lit, il verra bien !
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Rien. Juste quatre petites lettres, serrées les unes contre les autres, qui se glissent dans un intervalle entre deux mots d’une phrase. Un petit rien, révolu, insondable, évidé, néantisé. Rien. C’est fou tout ce qu’on peut mettre dans le creux de ce mot, si étroit, qui rebondit sur sa voyelle centrale et se referme sur du vide. On comble beaucoup avec ces briques de rien. Car le rien peut être quelque chose – est-il rien de plus étrange ? – la preuve vient d’en être faite, dix mots plus haut. Mais au-delà de cet aspect grammatical, je vous le demande : qu’avez-vous fait aujourd’hui ? Oh, rien. Combien de moments, combien de pensées, combien de battements de cœur et de morceaux de vies, sont contenus dans ce minuscule laps de phrase qui contient tant ? Il n’y a qu’à voir tous les gens qui n’ont parlé de rien. Pas besoin d’aller plus loin que votre vieille voisine, qui vous happe dans les filets redoutables de sa conversation, car au fond, quand elle vous parle du temps qu’il fait, de l’attitude des nouveaux voisins, ses phrases sont absolument creuses, bien qu’elle croie vous parler de tout autant que de rien. Mais il n’y a pas qu’elle, pour sûr. Il y a des tas de gens plus ou moins célèbres, il y a des politiciens, il y a des poètes. Il y a moi. Parce que parler de rien, ou parler du rien, ça peut être fascinant. On le peuple d’une multitude de choses, ce rien. On y voit du noir, un vaste vide noir, froid, sans parois pour le contenir, un grand vide qui court dans l’infini, et sur l’idée duquel notre esprit glisse comme sur un miroir, parce qu’il sait qu’il n’en atteindra jamais le fond, et qu’il en a peur, un peu. Mais parler du vide noir et froid, c’est toujours parler de quelque chose. Imaginons. Fermons les yeux. Visualisons le rien. Commençons par chasser toute sensation, ce sont les moins coriaces celles-là, elles s’en vont facilement, en imagination. Pas de faim, pas de soif, pas d’humidité ni de chaleur et, non, pas de froid non plus. Juste votre esprit, qui flotte, ou plutôt qui ne flotte pas. Qui est, voilà tout. Mais non, ne rouvrez pas les yeux, pas encore, ça n’est pas suffisant. Maintenant, débarrassons-nous de ce qu’on voit. Pas de noir impénétrable mangeur de couleurs, pas de blanc tout vierge et vide, pas même de gris fouillis qui ne ressemble à rien – parce qu’il ne fait qu’y ressembler. C’est tout de suite plus difficile, non ? Presque infaisable. Alors on laisse tomber. Parlons un peu, oui, parlons, comme votre vieille voisine. Parler de quoi ? De rien, pardi ! N’est-ce pas ce que l’on fait depuis tout à l’heure ? Il y a beaucoup à dire sur rien. Rien n’est plus étendu que le rien. Et d’ailleurs, savez-vous ce qu’il y a de mieux avec ce texte, lecteur aguerri, hein ? C’est qu’il ne sert, absolument, à rien.
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"Maudit démon ! C'en est fini de toi ! Le Feu Réducteur te guette ! Je vais répandre ta vile Essence dans tout le bâtiment comme... euh, comme de la vulgaire margarine, et... et en couche épaisse en plus !"