L’INCONNUE DU PORT.
Elle est là, parmi la foule venue participer aux festivités organisées le mois de juillet et appelées les « jeudi du Port. » Des concerts, des animations, des stands de vente d’objets artisanaux, de restauration rapide ainsi que des restaurants participent à cet événement nocturne.
Les gens déambulent, se promènent dans l’artère principale du quai. Les enfants jouent à des jeux géants : des mikados, lancés sur le sol, , un jeu d’échec qui dépasse la taille des deux enfants assis. D’autres plus classique que je vois pour la première fois et que je nommerai d’inspiration, de tradition bretonne, tous fabriqués en bois.
En ce début de soirée, l’air est doux. Le soleil a fait son apparition en fin d’après-midi. J’avais la sensation que le jour se levait après une journée maussade, où le ciel bas, gris, ne laissait espérer qu’un tel bonheur pourrait apparaître. Une clarté pleine de promesse s’offrait à la ville, accueillait une énergie palpable annonciatrice de légèreté, de joie.
Nous écoutons la fin de la représentation d’un groupe traditionnel. Après un bref moment où chacun se disperse, attiré par d’autres lueurs, odeurs, je la vois seule un verre de bière à la main alors que nous suivons le mouvement de foule. Je me suis retournée : elle est si seule, perdue, immobile parmi la foule. Sur son visage se dessine l’ombre d’une inquiétude. Ses yeux reflétant une incompréhension, une absence à cet environnement festif où des rires, des paroles se propagent dans l’humeur du lieu. Son étrangeté m’interpelle. Anonyme et si présente par son absence au monde.