Bon et bien l'envie de faire un texte plus "conséquent" m'est apparue subitement. Je ne garantis pas que je le finirai peut-être un jour. Inspirée de l'univers de "Planescape : Torment" cette histoire reste purement imaginée par moi-même. Toutefois, comme toute "fanfiction" qui se respecte, des personnages, des races et des endroits provenant directement du jeu "Planescape: Torment" apparaîtrons dans mon récit.
Planescape: Torment is a trademark of Interplay Productions. Planescape: Torment © 1999 Interplay Productions. All rights reserved.
Certaines informations sont prises sur le site http://torment.warparadise.com/
© Sylvain Dolisi (dit Sylvanor)
Je vous souhaite une agréable lecture et j'espère de tout coeur que cette histoire vous plaira. Note de moi-même: J'ai opté pour une focalisation externe, je préféres aller au même rythme que les lecteurs.
Prologue
Quelque part dans un coin isolé, loin de la ville, un combat faisait rage. Celui-ci opposait un homme à une femme. La femme d’une taille démesurée devait bien faire six fois la taille de l’homme en question. Une lumière très intense d'une pureté éblouissante émanait de son corps illuminant de ce fait l’endroit où les deux personnages se trouvaient. Mettant en évidence son impassible visage qui ne faisait que dévoiler le manque de plaisir qu’elle éprouvait à se battre contre l’autre humain. Pourtant, son devoir la poussait à le faire.
La distance qui les séparait empêchait l’homme de porter une quelconque attaque au corps à corps. Il était évident que ce combat était fort désavantagé. Toutefois, sachant que la fuite n'était pas envisageable, il empoigna de toutes ses forces l’unique arme avec laquelle il ne pouvait se défendre et décida avec une once de témérité de charger l’imposante femme.
C'est ainsi que l’humain s’élança aussi vite qu’il put, réduisant considérablement la distance établie entre lui et la femme aux allures de déesse. Mais en vain, au moment où il tenta de lui asséner un coup, celle-ci créa un écran de protection la rendant désormais totalement invulnérable, son bouclier repoussa sans aucune difficulté l'attaque de l'homme.
Pour tester si la vivacité dont il avait fait preuve était toujours présente, elle lui jeta une boule de feu.
L’humain la fixa et prévu de l’esquiver lorsque soudain, au dernier moment, ses membres se crispèrent le forçant à encaisser de plein fouet.
A bout de force, il perdit tout espoir face à la femme. Impuissant, il lui demanda d’en finir une fois pour toute.
Elle s’exécuta, fermant les yeux pour mieux se concentrer. L’homme ne céda pas à la panique qui était en train de l’envahir et laissa tomber son arme qui alla s’écraser lourdement sur le sol avec un long bruit d’écho puis ferma les yeux à son tour avant qu’un déluge d’éclairs ne s’abattent sur lui le plongeant ainsi dans les ténèbres.
« -Je t’attendrai à la sortie des couloirs de la mort… »
Chapitre 1
Désormais, l’homme gisait sur le sol, immobile. Son visage avait gardé une expression de calme et de sérénité. La femme posa un dernier regard sur celui qu’elle avait châtiée et laissa une larme s’échapper d’un de ses yeux qui coula lentement le long de sa joue avant de s’écraser sur la dépouille de l'humain puis elle se retourna et fila en lévitant abandonnant le cadavre derrière elle sur le sol glacial plongé dans la solitude ainsi que dans l’obscurité qui envahissait peu à peu la salle.
Des semaines passèrent peut-être même des mois, lorsqu’un jour, le cœur de l’homme se remit subitement à battre. Une chaleur interne de plus en plus intense réanima progressivement son corps jusqu’à ce qu’il finisse par ouvrir les yeux.
Après quelques gémissements, il se redressa sur ses genoux et se mit debout ressentant une terrible douleur au niveau de la tête.
Il était là, tout seul au milieu de nulle part, totalement amnésique, plongé dans les ténèbres. Le froid avait envahi cette salle depuis bien longtemps et se mettait à ronger ses os.
L’humain entreprît dans un premier temps de chercher une source lumineuse ainsi qu’un endroit pour se réchauffer. Se déplaçant prudemment les deux bras en avant et adoptant une démarche lente et hasardeuse. Plusieurs minutes passèrent quand soudain, il toucha de ses mains une gigantesque paroi en pierre.
L’homme chercha à tâtons un passage et sentit une faille dans ce mur suffisamment longue et assez étroite pour qu’il puisse se faufiler. La fissure le mena dans un long couloir illuminé par plusieurs torches, il profita de ces dernières pour s’observer et se réchauffer.
Il portait des chausses en fer rougeâtres assez lourdes ainsi qu’un pantalon noir en tissu au dessus duquel se trouvait une fine tunique trouée à certains endroits, à d’autres, des tâches de sang séché s’étaient formées. Son corps, était tellement éprouvé qu’il avait du mal à lever ses bras qui subissaient le poids de gantelets en métal rongés par la rouille.
Il prit une des torches sur un mur et décida de retourner sur ses pas pour essayer de se souvenir de quelque chose.
Grâce à la lueur des flammes du bout de bois, l’humain ne pouvait que constater l’immensité de la salle où il s’était éveillé.
Vers le milieu de celle-ci, se trouvait une armure pourpre du moins, ce qu’il en restait, elle avait été brisée en plusieurs morceaux. Un peu plus loin, gisait une vieille hache rouillée elle aussi.
Il prit la hache puis repartit dans le couloir lumineux à l’extérieur de la pièce.
A présent, plus il s’enfonçait dans ce couloir plus une odeur de moisi et de pourriture le gagnait.
L’homme finit par tomber dans une petite salle sombre. L’attention de celui-ci fut vite attirée par les nombreux cercueils qui obstruaient la route à ses pieds. Certains étaient entrouverts laissant apercevoir quelques ossements jaunâtres.
Il ne s’attarda pas dans ce nouvel endroit et zigzagua entre eux pour continuer sa route.
Il arriva dans un autre couloir similaire au précédent. Il le franchit et entra dans une nouvelle pièce plongée dans l’obscurité la plus totale.
Au moment où il pénétra dans cette salle, il perçut des craquements devant lui. L'humain s’avança peut-être trop ce qui attira trois paires d’yeux d’un rouge agressif ressortant avec les ténèbres qui se tenaient dans un coin.
Il dirigea sa torche vers elles. Le bâton enflammé commença à dévoiler trois sortes de rat géant qui se tenaient debout sur leurs deux pattes arrières comme des hommes, s’amusant à faire craquer des ossements qu’ils tenaient dans leurs mains.
Il tenta d’engager une conversation avec eux mais en vain, les créatures ne lui prêtèrent aucune attention.
Tout à coup, ils délaissèrent les ossements et le fixèrent de nouveau.
Agitant leur longue queue avec frénésie et faisant claquer leurs dents dont deux incisives proéminentes menaçantes. Une bave visqueuse jaunâtre s’écoulait le long de leur pelage mal soigné d’où émanait une odeur nauséabonde. Fusillant du regard l’humain puis sa hache, les humanoïdes hésitaient à passer à l’attaque.
Quelques minutes de silence s'écoulèrent lorsqu’un des rats n’écoutant que son instinct primitif ramassa un long os pointu qu’il brandit en direction de l’homme.
De toute évidence, celui-ci se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment.
La créature désormais armée ne voyant aucune réaction de la part de sa « proie » décida de lancer une offensive. Il rabattit son « arme » avec laquelle il se servait de massue sur l’homme qui esquiva aisément. Le gourdin osseux alla se fracasser contre le sol avec violence.
D’ailleurs, l'humain reçut quelques morceaux d’os sur ses chausses.
De toute évidence, il ne pouvait se résoudre à faire changer d’attitude cette créature qui était aveuglée par la faim et décida donc d’engager à son tour le combat en assénant un puissant coup de hache qui pénétra dans la chair de son adversaire avant de rompre sa robuste colonne vertébrale et de finir par décapiter la bête. Son sang se répandit en abondance sur les murs aux alentours avant que son corps étêté ne s’écroule sur le sol. Les deux autres pris d’un élan de courage, déguerpirent sur le champ laissant de nouveau l’homme plongé dans la solitude.
Désormais, une odeur de moisi émanait du sang du rat géant qui imprégnait la hache et les vêtements de l’humain.
Au moment où il s’apprêta à sortir de cette salle, il entendit des grognements rauques derrière lui…
Chapitre 2
A présent, l’homme hésitait à se retourner malgré les grognements d’impatience de la chose qui se trouvait derrière lui. Courir ou se retourner étaient désormais les deux seules possibilités. Il opta pour le second choix. Toutefois méfiant, il empoigna avec vigueur son unique arme puis se tourna prudemment en direction des infâmes raclements de gorge qui se faisaient de plus en plus menaçants. C’est ainsi qu’il entama un quart de tour avant de prendre conscience de la présence non pas d'un mais de cinq humanoïdes qui se tenaient là. L’état avancé de décomposition dans lequel ils se trouvaient n’avait rien de rassurant bien au contraire. Jamais l’humain n’avait senti une telle puanteur qui émanait de leurs haillons couverts de crasse.
L’une des créatures s’avança vers lui et tenta d’engager une brève conversation.
« -‘oi ? ‘u e’u ? cast’ e’ co’ten’ ‘e oir.
Etrangement, ce langage lui parut familier mais l’homme était dans l’incapacité de saisir le sens de cette phrase.
-Tu…tu parles ?! Je ne te comprends pas.
L’humanoïde le plus proche s’ingéra dans la conversation.
-‘u ‘pre ‘a ? ‘ai ‘e ‘yé ‘e ‘u ‘guage ‘ort.
-Désolé, je ne vous comprends vraiment pas…
Un troisième rétorqua.
-‘é ‘ve’ ui ‘ou. »
Faisant mine de les suivre, les cinq créatures accompagnées par l’humain traversèrent des endroits que celui-ci n’avait pas encore explorés en passant par de vastes pièces dans lesquelles leurs congénères menaient une lutte sanglante contre des espèces de créatures volantes grisâtres qui assenaient de violents coups de langue.
« -‘Ar ‘ouille ! fit l’un des cinq personnages en désignant ces volatiles.
-Euh… Oui.» répondit poliment l’homme assistant à la mort de ces créatures assaillies de tous les côtés par un surnombre d’humanoïdes.
Ils continuèrent leur route pendant quelques temps et arrivèrent soudainement devant deux imposantes grilles métalliques.
L’une des créatures se mit alors à pousser un effroyable cri rauque déchirant l’atmosphère. Une réponse du même genre ne tarda pas à fuser de l’autre côté du portail avant que les gigantesques grilles ne s’ouvrent.
Faisant un signe d’arrêt à l’humain d’une de ces mains pourries, un des humanoïdes sortit du groupe suivit de près par deux de ses amis. Ils pénétrèrent ensemble dans ce nouvel endroit désormais accessible puis revinrent une dizaine de minutes après.
« -‘é ‘on ‘u ‘e ‘sé.
-Euh… ? ne sachant quoi faire l’humain resta sur place.
-‘u ‘e’sé !» grogna alors la créature lui faisant de grands gestes en direction des grilles.
Bien plus amusé qu’effrayé, l’homme prit la décision de franchir le portail métallique et se retrouva dans une imposante et vaste salle. Il eut à peine le temps de constater que les deux grilles s’étaient déjà refermées derrière lui avant d’être accueilli par quelques centaines d’humanoïdes du même genre que ceux qu’il avait rencontré.
« -Euh….Bonjour ? annonça l’homme d’une voix hésitante.
C’est alors qu’une grande forme se distingua des autres en s’avançant vers lui. Si les autres créatures étaient encore en décomposition, celle-ci n’avait plus aucune trace de chair, un véritable tas d’os caché sous une légère tunique bleutée.
-Moi, Hargrimm l’austère, commandant en chef des squelettes et porte-parole du Roi silencieux vous souhaites la bienvenue étranger.
-Vous parlez ma langue ?! s’étonna l’homme.
-Savez-vous où vous vous trouvez ? lui demanda le squelette.
-Je vous avouerai que je n’en ai pas la moindre idée à vrai dire je viens de m’éveiller il y a quelques temps et…
-…Vous vous trouvez aux Nations Mortes, territoires des morts-vivants.
-Des morts-vivants ?! s’exclama t-il.
-Nulle créature ne peut repartir de cet endroit, telle est la volonté du Roi silencieux, souverain des Nations Mortes. termina le squelette en faisant signe à tous ses congénères de quitter les lieux.
-Attendez ! Comment ça ? Je ne peux donc pas sortir d’ici ?! Où est-ce que je peux le trouver votre roi ?! Attendez ! J’ai d’autres questions !
-Ne vous inquiétez pas, vous aurez tout le temps pour me poser vos questions, sur ce, je vous quitte. Reposez-vous, vous en avez bien besoin. »
Une fois que la salle fut vidée, l’humain se retrouva seul une fois encore. Ne trouvant rien de mieux à faire, il se mit à essayer de forcer le portail par lequel il était passé mais celui-ci semblait scellé.
« -‘E ga’pille ‘as tes fo’ces pou’ ‘rien.
-Hein ? Comment ? Qui est là ?!
-A ‘a d’oite. Lui répondit la mystérieuse voix.
-Que ?... se retournant avec hâte sur sa droite, l’homme tomba nez à nez avec un squelette de petite taille ne portant aucun vêtement qui le fixait d’un air étonné.
-‘oi’à, ‘u ‘as l’ai’ pe’du, ‘est ‘pour ce’a qu’ je ‘e ‘uggère ‘e ‘rouver Salie Marie.
-Je te comprends plus facilement que les autres cependant certains mots m’échappent. Salie Marie dis-tu ? Qu’est-ce que cela veut dire ?
-‘é un ‘om…
-Un nom ?
-‘ui
-Tu me demande d’aller voir une dénommée Salie Marie, mais pourquoi faire ?
-‘our ‘ieux me com’rend’e.
-Hein ? Pour mieux te comprendre ?! Comment ça ? »
A ces mots, le petit squelette ne se soucia pas de répondre et s’en alla le laissant perplexe.
A peine après s’être réveillé, l'humain avait affronté des rats géants, suivit des espèces d’humanoïdes illettrées, assisté au dépiautage de créatures volantes et pour finir se retrouvait là avec une impossibilité de sortir.
Par-dessus tout exténué, il s’écroula sur le sol ressemblant à une sorte de mosaïque géante.
Chapitre 3
A son réveil, l’homme reposait désormais sur un tas de couvertures crasseuses déchirées de toute part. Perdu, il examina la nouvelle pièce dans laquelle il se trouvait puis se leva de ce qui devait être un lit avant de sentir une sensation de légèreté émaner de lui. Aucune douleur, aucune fatigue il était comme régénéré. C’est ainsi qu’il quitta l’endroit où il s’était reposé avant de déboucher dans une gigantesque salle remplie de bancs aux allures de chapelle. A côté de lui se trouvait une sorte d’autel sur lequel résidait l’imposant squelette de la dernière fois qui lui avait annoncé indirectement qu’il errerait dans les Nations Mortes à tout jamais.
« -Votre repos fut-il agréable ?
-Très bien merci, je me sens nettement mieux. Dites, j’aurai quelques questions à vous poser.
-Je vous écoute. Pour ce qui concerne votre arme, vous n’en avez pas besoin ici.
-Mon arme ? s’étonna l’humain s’apercevant qu’il n’avait plus sa hache. Je comprends, où sommes-nous?
-Nous nous trouvons dans les Nations Mortes, territoires des morts-vivants gouvernés pas le roi silencieux.
-Oui, je sais tout cela mais en dehors, qui y a-t-il ?
-Et bien, vous vous trouvez dans les souterrains de Sigil.
-Les souterrains de Sigil ? Qu’est-ce que Sigil ? Il y a quelques temps je me suis éveillé dans ces souterrains, totalement amnésique, je ne me souviens de rien pas même de ma propre identité.
-Tiens donc, voilà un semi homme bien étrange. Le multivers est composé de plans liés les uns aux autres toutefois très différents. Sigil est une cité bâtit sur un de ces plans et elle s’étend au dessus de nos têtes.
-Semi homme ? Si je comprends bien, nous nous trouvons quelque part enfouis sous une cité du nom de Sigil qui se trouve sur un plan? Parlez moi des Nations Mortes et de ce roi silencieux.
-Les Nations Mortes recueillent les âmes égarées qui n’ont nulle part où aller et qui vivront sans doute pour l’éternité. Elles sont peuplées par trois types de créatures : les zombies, les goules et les squelettes. Des hostilités entre ces trois races règnent au sein des Nations Mortes. Nous-même, membres du grand conseil, avons du mal à les faire cesser.
Le roi silencieux est le souverain et le fondateur des Nations Mortes, personne jusqu’à présent n’a eu le privilège de le concerter hormis moi, son porte-parole.
-Les Nations Mortes sont donc dirigées par un roi que ceux qui les peuplent ne peuvent pas voir, étrange monarchie, vous m’avez fait part du grand conseil, qu’est-ce donc ?
-Le grand conseil est composé des trois principaux dirigeants des Nations Mortes, Moi-même, Hargrimm prêtre des squelettes, Salie Marie, sage dirigeante des zombies et Acaste, reine des goules.
-Salie Marie ? J’ai déjà entendu ce nom quelque part.
-Salie Marie est une personne très importante, elle joue un rôle essentiel en nous apprenant à communiquer entre nous ainsi qu’avec les vivants. La consulter serait judicieux, si vous désirez plus de détails sur Sigil et ses souterrains.
-Où puis-je la trouver ?
-Traversez la salle et prenez le couloir de droite puis tournez une fois encore à droite.
-Très bien Hargrimm merci de m’avoir consacré un peu de votre temps. »
L’homme traversa la chapelle. Une fois dehors, il se retrouva dans une petite pièce peuplée de squelettes. Il prit le passage de droite puis, au moment où il pu, tourna une nouvelle fois à droite avant de tomber dans une salle de taille moyenne peuplée de plusieurs dizaines de zombies. Au centre de leur groupe se trouvait une zombie qui avait l’air très âgée. Les traits de son visage ridé la rendait bien plus amicale que ses congénères.
« -Approche jeune étranger.
-Salie Marie je présume ?
-Pour communiquer avec les morts, il ne suffit pas d’écouter les sons qu’ils émettent, il faut les ressentir, écouter leurs âmes.
-Que ? Pourquoi me dites-vous cela ?
-De nombreuses âmes tourmentées reposent en ces lieux, communiquer avec elles et la meilleure façon de les aider. Ecoutez leurs âmes et ressentez les sons qu’elles expriment.
-Euh…J’essayerai. Dites moi, que savez-vous sur Sigil ?
-Aussi baptisée la cité des portes, Sigil est une très ancienne cité où règne le chaos et l’anarchie à cause de nombreux conflits notamment celui entre les multiples factions.
-Les factions ?
-Sigil est occupée par de nombreuses factions, des organisations optant pour des points de vue différents sur la vie, le multivers. Le roi silencieux a crée les Nations Mortes dans le but de fuir ce chaos mais en réalité depuis bien longtemps, un conflit nous opposant avec les rats transforme ces souterrains en un lieu dangereux.
-Les rats ?
-Il existe deux types de créatures chez les rats, les rats garou et les rats crâne.
Les rats garou sont des hommes souffrant de lycanthropie, une fois mordu par des rats crâne, il se transforme en rat géant. Les rats crâne sont très intelligents et pratiquent avec sagesse la magie, d’ailleurs leur chef, Tant-en-Un en est un.
Les souterrains sont vastes seulement, chacune des deux nations veulent s’agrandirent et s'étendre le plus possible. Les souterrains de Sigil sont divisés en plusieurs parties : les Nations Mortes, les Dédales de la Pensée, repères des rats. Il faut savoir que les souterrains étaient à l’époque infestés de pillards. C’est pourquoi de nombreux endroit ont été crées pour les arrêter. Ces endroits furent baptisés : cryptes et sont remplies de pièges.
Il y a aussi les catacombes de la Pierre pleureuse, infestées de vargouilles, des créatures volantes très dangereuses en groupe. Une légende raconte qu’autrefois, un riche bourgeois se fit maudire. Son visage fut transformé en pierre, condamné à rester incruster dans un mur des catacombes, celui-ci pleur toujours à tout jamais.
Néanmoins, il existe un endroit à la surface appartenant lui aussi aux souterrains de Sigil : le village enseveli qui sert de lien entre Sigil et la partie enfouie des souterrains.
-Si je comprends bien, vous êtes en guerre contre les rats dirigés par un certain Tant-en-Un? Il existe donc un moyen d'accéder à la surface de Sigil en passant par le village enseveli. Pourquoi des hostilités ont lieu au sein des Nations Mortes ?
-Pour répondre à cette question, c’est Acaste qu’il faut aller trouver, la seule crainte par le roi silencieux.
-Le roi silencieux craint Acaste ? Mais pourquoi ?
-Elle est très rusée et redoutable, de plus elle commande une importante armée de goules capables de semer le chaos au sein des Nations Mortes.
-Très bien, je vais aller la voir, merci pour tout. »
Chapitre 4
L’homme sortit de la pièce ne sachant où aller, se dirigea vers la droite. Il longea un couloir infesté de squelettes et se retrouva dans la gigantesque salle qui menait à l’unique sortie, scellée par deux lourdes grilles. C’est alors qu’il remarqua des créatures qu’il n’avait encore jamais vues au centre de la pièce. Des dizaines peut-être même des centaines de goules se trouvaient là.
L’humain se rapprocha d’elles et se fraya un passage pour rejoindre la vieille reine charismatique qu’incarnait Acaste. Une cascade de longs cheveux blancs dissimulait son visage ridé en décomposition. Deux yeux totalement blancs ressortaient avec cette chevelure.
« -Acaste ?
-‘e ‘o ‘oul’ ‘mi ‘om ?
L’homme parût surpris de ne pas la comprendre puis se souvint des mots de Salie Marie, écouter le cœur et les plaintes des âmes. De toute évidence, cette phrase n’avait aucun sens, mais l’homme essaya de comprendre ce que la reine des goules lui répondait.
-Je voudrai vous poser quelques questions.
-‘e t’é’oute vi’ant.
-Qu’est-ce qui est à l’origine des hostilités avec votre race et celles des autres créatures peuplant les Nations Mortes ?
-En ‘oi ‘a te concerne ?
Au fur et à mesure qu’Acaste parlait, ses paroles devenaient de plus en plus claires.
-Je voulais juste me renseigner, étant donné que je risque de passer toute ma vie dans cet endroit…
-…Encore une débilité de ce roi inexistant !
-Inexistant ? Le roi silencieux n’existerait-il pas ?
-A ton avis, pourquoi ne peut-on jamais voir ce roi ? Depuis quatre cents ans, nous obéissons à sa volonté. Nous n’avons jamais bronchées, maintenant nous en avons assez de rester dans ces nations pourries remplies de pantins.
-C’est ainsi que vous qualifiez les autres races qui cohabitent avec vous ? Mais pourquoi restez-vous là, si vous en avez assez ?
-Nous les goules, sommes vivantes. Nous sommes de vrais êtres humains à la différence des squelettes et de ces stupides zombies qui ne sont que des cadavres animés par le savoir d’un puissant nécromancien. Hormis ces terrains, nous n’avons nulle part où aller, les rats sont partout et guettent le moindre moment pour nous tuer.
-Vous parlez d’un nécromancien, le roi silencieux ?
-Non, tu l’as déjà rencontré, c’est Hargrimm.
-Quoi ? Mais Hargrimm est un squelette, c’est un tas d’os réanimé par de la sorcellerie non ?
-Non ! Hargrimm est un nécromancien déchu qui a voulu obtenir la vie éternelle. Il a testé un sort sur lui, le transformant ainsi à tout jamais en squelette.
-A-t-il obtenu la vie éternelle ?
-Dans un sens oui, mais il est toujours vulnérable bien que ses connaissances en nécromancie soient très élevées. Sans lui, les rats nous auraient déjà envahi.
-Mais pourquoi haïssez-vous les squelettes et les zombies ?
-Nous, goules, nous avons besoin de manger. Eux non, depuis quelques temps nous n’avons plus rien à manger pas même les dépouilles de vargouilles, de trocopotacas ou de ces rats pourris, rien ! Mon peuple est affamé, et ces maudits pantins ne veulent pas nous aider à trouver de la nourriture. Cette lutte contre les rats n’est qu’un prétexte du roi silencieux.
-Trocopotacas ? Comment ça, un prétexte ? Je croyais que vous meniez une guerre contre eux.
-Ce sont de grands reptiles gris à la peau écailleuse se déplaçant à plat ventre. Il est maintenant rare d’en trouver et les seuls endroits où ils habitent encore sont les catacombes infestées de vargouilles. Nous ne sommes pas dupes, la guerre contre les rats n’est qu’un prétexte pour nous garder ici sans quoi nous aurions déjà exterminées et rongées les os de toutes ces saloperies de squelettes et de zombies. Notre seul point commun avec eux est cette pseudo guerre qui est censée nous allier et créer une cohésion au sein des Nations Mortes.
Une manigance d’Hargrimm à mon avis, le roi silencieux n’a jamais existé, comme par hasard c’est ce foutu nécromancien qui a été choisit comme porte-parole et moi, ainsi que Salie Marie, membres du grand conseil, nous n’avons jamais eu le droit de le rencontrer.
-Ainsi donc Hargrimm tirerait les ficelles de tout ça?
-J’en suis persuadé et mon peuple est au bord de la révolte.
-Merci Acaste, je vais voir ce que je peux faire pour vous aider. »
Au lieu de reprendre le couloir par lequel il était venu, l’humain décida d’aller à droite. Il arriva dans une petite pièce gardée par deux squelettes en armure d’une taille impressionnante. Haut d’au moins quatre mètres, ils protégeaient ce qui semblait être une porte.
« -Excusez moi, qui y a-t-il derrière cette porte ?
-Va caguer bige.
Cette fois, l’un des deux squelettes avait parlé très clairement, pourtant l’homme ne comprit par ce que signifiait ces mots. Une petite voix répondit derrière lui.
-En gros, il t’as dit de te casser et t’as traité de con.
-Hein ? Qui est là ?
L’homme se retourna et aperçu un petit squelette qui lui parut familier.
Mais je te reconnais ! Tu es celui de la dernière fois qui m’a envoyé voir Salie Marie !
-Exacte, on dirait que cet entretien t’as profité. Ce qui se trouve derrière ces deux zigotos est tout simplement le trône du roi silencieux, évidemment interdit d’accès.
-Le trône du roi silencieux ? Mais alors, il existe réellement ?
-Que dis-tu ? Le roi silencieux n’existerait pas ? Cette hypothèse plausible ne m’est jamais venue à l’esprit pourtant ça fait deux cents ans que je suis ici !
-Tu m’as l’air très mal informé…
-Bien au contraire ! Du temps de mon vivant, j’étais rabatteur et cartographe de surcroît, je connais Sigil sur le bout de mes doigts enfin sur le bout de ce qui me reste…
-Rabatteur ? Sigil ? La cité au dessus de nous ?
-Oui, j’étais guide pour gagner de quoi me nourrir. Par exemple, savais-tu que ce trouve un portail caché entre la maison de Shilandra et le mausolée des morts ? Hein ?
-Euh…Un portail ?
-Hein ? Bah oui un portail ! Un passage interdimensionnel qui te téléportes vers un endroit que tu ne peux pas choisir ! C’est évident, tout le monde sait ce que c’est ! Tu ne serais pas un peu azimuté par hasard ?
-Je n’ai plus aucune notion du temps, cela fait peut être des jours ou des semaines que je me suis réveillé dans ce qui semble être une catacombe. Je ne me souviens de rien, mon nom, qui je suis, pourquoi je me suis réveillé là ? Rien.
-Ce que tu es ? Bah un Aasimar ! Ca se voit non ? Enfin peut être pas pour toi…
-Un quoi ? Aasimar ?
-Bah oui, un semi homme. Mi Aasimon mi homme.
-Aasimon?
-Qu’est-ce que tu peux être lourd matois, Aasimon, entité planaire vivant dans les plans supérieurs dotée d’une paire d’ailes et de différents attributs propres aux oiseaux.
-De Paire d’ailes ?! s’exclama l’homme, regardant autour de lui…
-J’ai dit Aasimar j’ai pas dit carrément Aasimon t’écoutes un peu ce que je te dis ?
-Aasimar, Aasimon, c’est la même chose non ?
-Mais non ! Toi tu n’es que la fusion d’un homme et d’une créature céleste ! Tu n’es pas une créature céleste ! Si tu veux, tu n’es rien d’autre qu’un homme un peu plus évolué qui a hérité de quelques traits des Aasimons, notamment ta couleur de peau…
-Ma couleur de peau ?!
-Oui ! Béjaune, ne me dit pas que tu ne savais même pas que tu avais la peau grise et des yeux d’un vert émeraude que tout homme normalement constitué est dans l’incapacité d’avoir.
-Que ? l’homme retira un de ses gantelets et constata avec stupeur la couleur grisâtre de sa peau sans aucune imperfection.
Mais je ?
-C’est bien ! Tu commences enfin à comprendre ! Il était temps ! Je sens qu’il va falloir refaire ton éducation…
Message édité par Grippe-Sou le 03-03-2006 à 10:50:05