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Cthulhu Turlututu

n°373
orcusnf
les dents de l'amer...
Posté le 25-11-2006 à 17:52:43  profilanswer
 

Comme vous l'indique ce titre, voici un remake de l'appel de Cthulhu de lovecraft, qui se passe maintenant en france, à notre époque, mais toujours avec le même héros. ( ou du moins un neveu) :)  
 
Cthulhu turlututu
 
 
    L’angoisse m’étreint rien qu’à l’idée de devoir me remémorer une fois de plus les tragiques évènements qui se sont déroulés dans le sud de la France, il y a quelques années. Leur souvenir est si horrible qu’ils remontent parfois à la lisière de mes rêves pour me torturer au point que je préfère me bourrer de vitamines pour ne plus avoir à supporter les longues heures angoissantes du sommeil.
     Pourtant, ce n’est pas moi qui ai été le héros involontaire de ces évènements, je ne suis que le dépositaire de ce lourd secret, le dernier si je puis dire. Je sais d’ores et déjà qu’il est inutile de chercher du secours où que ce soit, car ils peuvent être partout, se cacher derrière n’importe quelle figure avenante et sympathique. Je tremble dès que je pose le pied hors de chez moi, et je ne puis accorder la moindre confiance en quiconque, craignant trop de me livrer à mes bourreaux. Ce que je vais vous raconter, je l’ai découvert par hasard, non pas au gré de pérégrinations dans de sombres forêts ou en détruisant une vieille maison ancestrale, car on me l’a confié. Je n’ai pas eu le choix, j’ai été choisi pour assumer ce fardeau. Pourquoi moi, je ne le sais pas exactement, je n’ai que des présomptions, mais aucun élément certain.
     En tout cas, une chose est sûre, depuis lors, j’ai changé. Moi naguère si jeune, si plein d’allant, je suis devenu plus méticuleux, plus refléchi, mes manières sont désormais cauteleuses mes cheveux ont blanchi, ma bouche s’est entourée de plis amers, mes yeux se sont enfoncés dans leurs orbites, ma peau s’est flêtrie, tâchée. Changements qui pourrait laisser croire que j’ai seulement subi les effets du temps qui passe, que j'ai vieilli, mais je viens à peine de souffler mes vingt-deux bougies. Plus personne ne me reconnait dans la rue, et mes amis d’avant m’aident à porter mes courses, pensant avoir affaire à un vieillard infirme en vadrouille. Je ne peux que pleurer dans mon coin sur mon triste sort...
     Et pourtant, pourtant, tout s’est joué à si peu, un instant d’indécision, un grain de poussière, la collision de deux atomes peut-être. J’étais, comme à mon habitude, perdu dans des recherches érudites dans la salle des manuscrits de la bibliothèque municipale, penché sur de vieilles coupures de presse, cherchant à établir une monographie complète de l’évolution de la ville au cours des siècles précédents, lorsque j’ai senti un courant d’air s’insinuer dans la vaste salle. J’étais alors seul, même les bibliothécaires s’étaient absentés, et je vis la porte s’ouvrir sur un fantôme. Pas un de ces esprits immatériels issus des contes populaires, mais un homme en chair et en os, à l’air hagard et affolé. Il tourna un moment en rond entre les rayonnages et les tables, cherchant je ne sais quoi, puis, surmontant une répulsion invisible, il s’approcha de moi et s’éclaircit la voix.
     Je lui demandai ce que je pouvais faire pour son service, lui me répondit qu’il avait juste besoin de se confier à une personne, n’importe laquelle pourvu qu’elle soit un tantinet érudite, et comme j’étais le seul à m’abriter dans ce lieu de culture, il était en droit de m’estimer érudit, malgré mon jeune âge. Je me sentis flatté par ses paroles et lui avançai, ô geste malheureux et inconsidéré, une chaise pour qu’il puisse s’asseoir.
     Ce qu’il m’a raconté, je ne souhaite à personne de l’entendre de vive voix. Lui même m’a avoué avant toute chose que ce que j’entendrai pourrait m’effrayer, voire me mettre en danger. Mais, aveuglé par l’insouciance insolente de la jeunesse, je foulai aux pieds ses avertissements et le priai de se confier à moi, qui serais muet comme une tombe et pourrais essayer de le soulager. Il soupira bruyamment et leva vers moi un regard apeuré.
_ Je vous remercie de votre générosité jeune homme, vous êtes le seul à vous être jamais montré aussi miséricordieux avec un pauvre hère comme moi.
     Il sortit de sa veste quelques papiers qu’il serrait contre lui et les disposa sur la table. j’écartai ce sur quoi je travaillai pour lui ménager un peu de place. Il me confia la responsabilité de ces papiers, lui même n’ayant plus, selon ses propres dires, aucun héritier dans ce monde et n’en ayant plus lui même pour très longtemps à vivre. Il fut d’ailleurs impliqué le lendemain dans un mystérieux accident de voiture aux circonstances encore non élucidées aujourd’hui, mais qui aboutit à son décès. Je pensai d'abord à un simple accident, mais l'expérience m'a appris que dans ce genre d'affaire, la coïncidence n'existe pas.
     Tout ce que je suis en mesure de rajouter sur lui, à la lumière de sa notice nécrologique et d’autres renseignements glanés sur lui ici ou là, c’est que mon mystérieux interlocuteur était un riche américain, quoique aux origines françaises de par son nom, réputé pour son excentricité et ses voyages incessants à travers le monde. Il me dit lui même qu’il traquait les fidèles d’un ancien culte dont le but était l’asservissement de la race humaine par une race plus ancienne de créatures extraordinaires, quasi-divines, qui auraient régné sur Terre bien avant l’avènement de l’homme. C’est suite à l’implication d’un de ses ancêtres dans la révélation de ce culte horrible, que sa famille avait été maudite pour l’éternité et condamnée à le combattre pour espérer survivre. Mais ils avaient échoué, et il était le dernier représentant de sa famille, il se présenta sous le nom de William Legrasse.
     Après quelques gestes à tendance obsessionelle, il me demanda encore une fois si j’étais prêt à braver le danger qu’il y avait à l’écouter puis, devant mon silencieux agrément, commença son monologue qu’il étaya avec les documents qu’il avait apportés avec lui. J’ai tout retranscri sous la forme d’un journal, qui retranscrit jour après jour les évènements qui l'ont conduit à ce drame affreux. Pardonnez moi le style parfois enjoué, car même dans mon malheur, il m'arrive encore d'être positif, de rajouter des détails superflus et probablement tout droit tirés de mon imagination débordante. L’humour est la seule chose qui me reste.
 
Journal de bord du Professeur William Legrasse, affilié libre au programme L.
 
     ° Mercredi 16 Mars :  Après la réussite de ma mission en Indonésie, les administrateurs du programme m’ont accordé un congé exceptionnel de quelques jours, au bord de la mer bien entendu, puisque même en vacances, la surveillance ne devait jamais se relâcher.
     Pour cette semaine de repos, j’ai choisi le Sud de la France, tant immortalisée par les touristes du monde entier, où j’espère pouvoir me fondre dans la masse, rester incognito. Il se trouve que l’un de mes collègues a passé quelques jours là bas, près de Toulon où il surveillait les activités militaires locales soit dit en passant, dans un petit hameau du nom de Bournéou, où il a pu louer un petit bungalow bon marché et discret. Il m’a ensuite refilé la combine, me décrivant les lieux comme un bled paumé mais pittoresque où je serai tranquille. J’ai suivi son conseil et ai loué le bungalow pour la semaine.
     Après que le taxi m’eut déposé et que je l’eus payé, je me retrouvai seul, le propriétaire des lieux n’ayant même pas daigné se déplacer pour m’accueillir, ce qui m’arrangeait au fond, préférant garder au maximum le secret sur mon identité. Il était déjà tard, et je me contentai seulement de ranger mes affaires, d’aérer les chambres et de faire un brin de ménage dans ce petit havre de paix. Après un frugal repas, je me mis au lit avec un bon livre, et partis me coucher de bonne heure.
 
     ° Jeudi 17 Mars :  Je me suis levé de bonne heure afin de pouvoir faire une petite randonnée dans les collines avoisinantes. Le soleil pointait à peine au dessus de l’horizon alors que je m’éloignais d’un pas allègre du bungalow. Autour de moi, la vie nocturne finissait à peine et la sérénité de ce bout de nature encore vierge était palpable, une douce langueur m’envahit, et je continuai ma route heureux, le coeur débordant d’un fol amour de la vie et des hommes. Tous mes soucis et mes appréhensions étaient oubliés, loin derrière moi. Je me perdis dans la garrigue et errai sans me préoccuper de ma route, au gré de mes envies.
     Je rentrai tard, alors que les ombres commençaient déjà à s’allonger sur le sol, et constatai que la maison à côté de la mienne était occupée. ce qui n’avait rien d’anormal, même en basse saison touristique. Par contre, les volets étaient déjà fermés et une faible lumière filtrait à travers ceux-ci, illuminant leur maison comme un phare éclaire la tempête au milieu des éléments déchainés. Je ne m’appesantis pas particulièrement sur les moeurs étranges de mes voisins et pénétrai chez moi, où j’étais sur le point de me concocter une bonne petite spécialité locale.
 
     ° Vendredi 18 Mars :  Je fus réveillé en sursaut par les couinements d’un animal qui semblait à l’agonie. Je bondis prestement hors de ma couche, écartai les rideaux et me penchai au dehors. Je vis alors un cochon courir comiquement à l’intérieur d’un demi-cercle formé par des hommes qui, les bras tendus en avant, cherchaient à le saisir. Comme ils me tournaient le dos et que la lumière était trop faible pour que je les distingue clairement, je ne vis pas à quoi ils ressemblaient, mais leur comportement me sembla de plus en plus anormal après cet épisode pourtant banal à la campagne. En effet, je vis quand même qu’ils n’étaient vêtus ni à la manière d’agriculteurs, ni même comme des touristes. Leurs accoutrements, robes larges et turbans blancs, penchaient plus du côté de ceux portés traditionnellement par des musulmans. Ce qui au début me laissa de marbre, jusqu’au moment où je me rappelai que l’Islam interdisait la consommation de la viande porcine, considerée comme impure par le Coran. Pourtant, après qu’ils l’aient finalement attrapé, ils le firent entrer dans leur bungalow, sans qu’ils m’aient vu, et les hurlements s’arrêtèrent brutalement quelques secondes plus tard. Je dus donc conclure qu’ils l’avaient tué, mais dans quel but si ce n’était pas pour le consommer?
     Je m’enquis donc un peu plus tard auprès du propriétaire de l’identité de mes voisins, mais il resta muet comme une carpe , son mutisme rivalisant avec brio avec celui d’un sourd-muet. Il ne daigna même pas me saluer lorsque je raccrochai le téléphone. Dépité, je sortis en claquant la porte et descendis au village le plus proche, nommé "le Beausset" pour faire mes courses. L’épicier ne se montra pas plus prolixe, ni les autochtones, comme s’ils craignaient de parler. Certaines vieilles bigottes se signèrent même à l’évocation des habitants du hameau, un chien hurla à la mort sur mon passage. Je ne tins pas compte de ces funestes présages, rentrai déposer mes courses, et profitai du reste de la journée pour mettre en ordre mes affaires et écrire quelques lettres à des amis que je n’avais pas vus depuis longtemps, évoquant la possibilité d’une visite dans les mois à venir. La journée s’acheva tranquillement, et rien ne vint gâcher les dernières heures de paix que je gouterai jamais.
 
     ° Samedi 19 Mars :  Je passai une nuit agitée, rêvant de cités cyclopéennes ,bâties sur des îles surgies des flots tumultueux d‘un océan déchaîné, où des blocs de granits montaient à l’assaut du ciel, rivalisant en cela avec d’extraordinaires monolithes noirs. Des créatures fantastiques et indescriptibles parcouraient ce qui pouvait passer pour les artères principales, je pouvais même dire qu’elles flânaient nonchalamment en regardant d’un air distrait les étals des marchands tout aussi effrayants que leurs clients. Le ciel avait perdu sa teinte bleu clair pour adopter des reflets moirés, comme une aurore boréale qui couvrirait tout l’horizon. Et je vis une de ces créatures, beaucoup plus grandes que les autres- elles même atteignant facilement le quart de la hauteur des édifices- se jeter dans le vide puis déployer des ailes que les paléontologues attribuent généralement aux ptérodactyles, et planer jusqu’à un enclos situé en bordure de la cité. Là, un de ses membres faucha ce qui ressemblait à un être humain, et l’avala goulûment. Des morceaux de chair restèrent accrochés aux filaments qui entouraient son orifice buccal, tandis que des filets de sang dégoulinaient sur le sol. Se pourléchant les lèvres d’un air repu, la créature pivota d'un quart de tour et regarda dans ma direction, et je vis ses pupilles se rétrécir lorsqu’elles se posèrent sur moi. Le grotesque de son apparence, sorte d’hybride entre le dragon, la pieuvre et l’homme, me fit d'abord rire puis m'inspira un dégoût irrépressible, et je me réveillai brusquement, un gout de bile dans la gorge. J’eus juste le temps de rejeter mes couvertures et de me jeter sur le sol pour laisser s’échapper un flot brûlant hors de mes entrailles. Je me relevai et titubai quelques secondes en direction de la salle de bain, puis m’évanouis.
     “Cthulhu” murmurai-je lorsque je revins à moi, étalé sur le carrelage du couloir, transi de froid. Mes os craquèrent lorsque je me relevai pour m’asseoir sur le fauteuil le plus proche, et une douleur lancinante s’installa en moi, me brûlant à petit feu, plus sûrement et plus lentement qu’un lit de braises. J’eus besoin de quelques instants et d’un verre d’eau fraîche pour m’éclaircir les idées, et c’est à ce moment là que le tremblement se déclara. Je savais de quoi j’avais rêvé, et je savais aussi que ce n’était pas bon signe. Je parcourus convulsivement une fois de plus les notes que j’avais héritées de mon oncle,qui lui-même les avaient reçues d’un oncle, et ainsi de suite jusqu’à mon ancêtre John Raymond Legrasse, le premier maudit de ma famille, celui qui avait surpris des fidèles en pleine cérémonie, les avait arrêtés, et avais même souillé la statue en bois de leur dieu, Cthulhu.. Chaque dépositaire de ce lourd secret familial semblait incapable de procréer, comme touché par un sortilège implacable.
     Chacun de mes prédécesseurs avait enquêté sur le culte de Cthulhu, recoupant les fruits de leurs investigations avec celles d’autres individus, Francis Thurston, le Pr. Angell ou Howard P.Lovecraft n’étaient que quelques uns des plus connus d’entre eux. Tous les témoignages concordaient sur un point, la vision d’une gigantesque cité insulaire où vivaient des créatures épouvantables. “Cthulhu” et “R’lyeh” étaient répétés dans chacun de ces documents, le premier terme désignant ce qu’ils appelaient un grand ancien- un dieu maléfique et qui vivait sur Terre il y a des millions d’années- et même un des plus puissants, l’autre le lieu où il reposait en attendant son avènement. Moi même William Legrasse connaissait le sujet à fond, même si contrairement à d’autres, j’avais été engagé au programme L. par tradition atavique, et non après avoir écrit une thèse sur ces cultes anciens et horribles.
     En tout cas, il ne faisait aucun doute que j’avais été confronté à une vision de R’lyeh et de Cthulhu régnant de nouveau sur notre monde. J’en frémis d’horreur, et compris que mes vacances prenaient fin. La menace se précisait et je devais tout faire pour la conjurer, le sang qui coulait dans mes veines me poussait déjà à l’action.
 
     ° Dimanche 20 Mars :  Je suis resté cloîtré chez moi, alors que le temps dehors était au beau fixe. Le soleil lançait ses langoureux rayons sur les volets de mon bungalow, les oiseaux chantaient des airs de fête à l’annonce du retour du printemps et un petit vent frais jouait sous les tuiles et dans les ramures des arbres. Tout m’appelait à sortir, mais j’avais bien trop à faire.  
     J’observai discrètement l’activité de mes voisins, mais il semblait que leurs activités les poussaient à rester enfermés chez eux, car jamais ils ne sortirent ni même ne laissèrent entrer la lumière. J’avais un mauvais pressentiment. D’autant plus que des borborygmes étranglés provenaient de chez eux, me faisant froid dans le dos, ils ne ressemblaient pas à ceux habituellement prononcés lors du rituel de cette secte, mais je ne parvenais pas à comprendre les paroles qui différaient. Je restai sur mes gardes, il allait certainement me falloir passer à l’action. Heureusement, même en vacances, j'étais équipé pour lutter contre le mal.
 
     ° Lundi 21 Mars :  Encore le même rêve cette nuit, je me suis réveillé moins violemment, mais je suis quand même ébranlé. Il est vraiment horrible, j'ai peur.
     J’ai tenté une sortie dehors, et me suis même aventuré jusqu’au village. Fusil de chasse en bandoulière, revolver dissimulé sous un épais manteau pare-balles, détecteur d’activité lovecraftienne autour du cou, j’ai arpenté les environs. Je n’ai pas été déçu.
     Toute trace de vie animale avait disparu dans un rayon de plusieurs kilomètres. Plus un seul oiseau, plus un seul lapin, plus un seul chien ou chat, ni même un lézard ou une vipère. Même la ferme voisine avait été visitée, ses bêtes avaient été enlevées, ses propriétaires avaient disparu . Mais je trouvai du sang partout, des trainées énormes, des giclées extraordinaires, des rigoles infinies. Il y en avait dans l’herbe, sur les arbres, dans les cabanes, sur la route, absolument dans tous les endroits possibles et imaginable. Et surtout là où se réfugient les animaux une fois la nuit tombée.  
     La garrigue me faisait peur maintenant, l’absence de vie était angoissante, inhabituelle, c’était d’un pas plus mesuré que je la parcourais désormais. J’osais à peine fouler un brin d’herbe là où auparavant j'aurais piétiné allégrement tout ce qui aurait eu le malheur de dépasser. Mes soupçons se portèrent tout naturellement sur mes voisins, je ne savais pas ce qu’ils préparaient mais ce pouvait pas être bon.
     Quant au village, il était un tant soit peu plus normal que les environs. Si tant est qu’il soit possible de rester normal et sain d’esprit dans un tel environnement. Là aussi les animaux domestiques avaient disparu, et si leurs propriétaires en parlaient, c’était d’un d'une voix monocorde et saccadée, mécanique. Ils me donnaient parfois l’impression de n’être plus que des machines qui répétaient un discours pré-enregistré. L’épicier me servit sans un mot, j’aurais puisé directement dans la caisse qu’il n’aurait pas bronché. Je ne m’attardai guère, la prudence s’imposait dans ces cas-là.
 
     ° Mardi 22 Mars :  Durant la nuit, je me suis faufilé hors de chez moi pour aller les épier. J’ai pris soin de ne pas piétiner leurs parterres de fleurs, puis me suis hissé sur le rebord d’une fenêtre. Là, plaqué contre le volet, frémissant sous les assauts d’une bise mordante, j’ai tenté de voir à travers les interstices du volet. Ce n’était pas évident, mais il me fallait avoir un aperçu de leur trafic avant de me décider à intervenir de quelque façon que ce soit.
     Je les vis, quatre hommes à l’allure orientale, vêtus de leurs robes larges et de leurs turbans. Je pus les identifier comme originaires de l’Asie du sud-est, probablement l’Inde ou l’Indonésie, contrées où le culte était pour des raisons évidentes, liées à la proximité du sanctuaire notamment, très vivace. Ils se ressemblaient tous, et leurs traits étaient mous, caractéristique que l'on pouvait rencontrer chez des personnes de faible intelligence. Il ne faisait  aucun doute dans mon esprit qu’ils venaient d’une tribu isolée et dégénérée où le culte les avait transformés en serviteurs fidèles et dévoués, en zombies. Il me restait à savoir ce qu’ils faisaient ici, si loin de leur village, de leurs repères, dans un monde hostile et échappant totalement à leur compréhension.
     Et je le vis, lui que je poursuivais inlassablement depuis des dizaines d’années, lui qui avait fait assassiner mon père et de nombreux autres innocents ou agents lancés à ses trousses, lui qui commandait la secte la plus féroce de toutes celles affiliées au culte. Je le tenais enfin, terré dans une tanière, probablement son dernier refuge après mon récent coup d’éclat en Indonésie, où j’avais démantelé son réseau et réduit à néant des efforts multi-millénaires. Je portais la main à ma ceinture, mais me rendis compte que j’avais oublié de me munir de mon arme de service. Je pestais intérieurement devant cette occasion manquée de priver le culte d’une de ses têtes pensantes, et me morigénant silencieusement; me remis à observer la scène, au cas où j'aurais raté un détail intéressant. Lui d’abord, le reste ensuite.
     Vêtu d’un long manteau olive souillé de taches sombres, d’un chapeau haut de forme perpétuellement vissé sur son crâne, d’une chemise sombre agrémentée de dentelles anglaises et d’un pantalon de tweed, Lord Dadagon se tenait devant moi. Depuis des siècles, il avait échappé à tout ses poursuivants, et je l’attrapai enfin, ou du moins je le distinguais de près. Lui, l'insaisissable anguille du culte de Cthulhu.
     Je me détournai de lui pour regarder la pièce où lui et ses sbires se tenaient. Elle était éclairée sommairement par des torches disposées dans la pièce. Les torches projetaient des bouffées de lumière sur des formes sombres, difficile à voir depuis ma position, rangées par centaines sur les murs de la pièce. Sur le sol, un piédestal de pierre plongé dans une mare de sang se dressait, surmonté d’une main desséchée tenant entre ses longs doigts aussi acérés que les serres d'un aigle une pierre sombre, dans laquelle je distinguais des spirales dorées plongeant vers l’infini. Et du sang, tout le sang qui avait du disparaître des carcasses des pauvres bêtes enlevées durant la nuit, croupissait dans d’énormes colonnes qui semblaient sculptées dans du verre, sept au total, ainsi qu’une autre colonne de verre dont je ne parvenais pas à distinguer le contenu. Tout cela se tenait dans un cercle dessiné au sol, qui contenait lui même une étoile à huit branches, et dans chacunes des pointes se tenaient les colonnes de verre.
     Les quatre sbires vinrent se placer dans le cercle, devant les colonnes, à la pointe des branches de l’étoile, et leur chef prit place près de la colonne vide. Mais trois emplacements près des colonnes restaient inoccupés. Une sombre intuition me saisit, je pris peur et me retournais brusquement. Et je les vis qui s’approchaient de moi, deux sbires en tout points semblables à ceux que je venais d'observer, accroupis, prêts à me bondir dessus.
     
     ° Mercredi 23 Mars :  Rien que de me rappeler tout ça, j’en fais des cauchemars, cette nuit là a été la pire de toute mon existence. Et pourtant, j’en ai poursuivis des fidèles du culte, j’en ai traqués et exterminés des centaines sans jamais m‘en soucier plus que ça. Et même les cauchemars qui m’assaillent régulièrement ne sont pas aussi horribles, car ce n’était plus seulement un rêve, c’était la réalité. Je n’étais plus un observateur lointain, qui regarde tout d’un air détaché, j’étais un des protagonistes, j’ai tout vu de près.
     Lorsque je me suis réveillé, j’étais menotté à l'une des colonnes en verre, l’une de celles pleines de sang. Ils m'avaient quand même laissé une main libre de ses mouvements, proche d’un lourd marteau à la tête ouvragée. Les sept colonnes contenant du sang étaient accompagnées des six sbires et de moi même, la vide était avec Lord Dadagon en personne, qui me tenait en joue avec un de ses vieux revolvers pour m‘empêcher de faire le moindre geste dangereux. Mais sa colonne n’était pas vide me constatai-je soudain, loin de là. Je vis ce qui ressemblait à des nuages bouger à l’intérieur, se bousculer, se traverser, se cogner aux parois de la colonne, qui était en fait une prison. Car elle contenait des âmes, les âmes des animaux...et des villageois du village, qui eux n’étaient pas morts, mais avait été remplacés par des marionnettes. De ma position, j’entendais les cris et les hurlements des hommes et des animaux mêlés, tout demandaient ce qu’il se passait. Aucun ne voulait admettre qu’il fût mort, privé de corps, condamné à errer à tout jamais sur Terre. Et ils se lamentaient à n’en plus finir, leurs plaintes en devenaient insupportables.
     Mais ce n’était pas le pire, car je me pris conscience que les objets qui tapissaient les murs étaient des crânes, ceux de tous les animaux disparus dans les environs. Déjà dépouillés de leur chair et de leurs tendons, ils brillaient comme des sous neufs dans la demi-clarté de la pièce. Et leurs orbites vides nous fixaient d’un air accusateur, plein de reproches amers.  
_ Que voulez vous? qui êtes vous? lançai-je au maître de céans.
_ Voyons Mister Legrasse, ne faites pas l’innocent. Vous savez très bien pourquoi vous êtes ici, et qui nous sommes aussi.
_ Oui Lord Dadagon, nous ne cessons de nous filer entre les doigts l’un l’autre depuis le meurte de mon père Jack Legrasse il y a vingt et un ans.
_ Oh oui, ce cher Jack, il était bon, meilleur que vous-même d‘ailleurs. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, surtout quand il s’agit d’une carrière aussi fructueuse que la sienne.
_ Mais par quel hasard ai-je pu vous retrouver ici, en vacances, alors que je n’ai jamais réussi quand je le voulais ardemment.
_ Il n’y a pas de hasard professeur, juste des apparences. L’organisation L. est infiltrée, pleine de taupes à notre solde. Vous êtes un des seuls à être sain, et nous avons fait en sorte que vous veniez au bon moment, au bon endroit.
_ Mais pourquoi ici?
_ Très simplement parce qu’il y a ici une porte des anciens. Pas n’importe laquelle, celle de Bournéou, la porte jumelle de celle de Bornéo. Vous nous avez malencontreusement et contre toute attente chassés de Bornéo, où notre organisation avait ses racines depuis des millénaires, alors nous nous sommes repliés sur la porte secrète. Celle-ci, malconnue car hérétique.
_ Oui, hérétique, différente de l’autre, juste le “u” de différence, et le “u” comme dans Cthulhu si je ne m‘abuse.  
_ Exactement professeur, la porte de Bornéo ouvrait directement jusqu’à la prison de notre maître Dagon, celle là ouvre vers R’lyeh, la cité où dort Cthulhu, un autre ancien qui conviendra aussi bien qu’un autre. Plus peut être car lui aussi est très puissant.
_ Et comment vous y prendrez vous?
_ Simplement en usant de la bonne formule! Aucune autre branche de notre culte n’a réussi l’exploit de ramener un ancien pour une seule et bonne raison, la méconnaissance de la formule exacte. Mais jugez par vous même professeur Legrasse.
     Lord Dadagon et ses sbires levèrent les bras et entonnèrent une bien étrange mélopée, qui me semblait familière tout en étant subtilement différente, sans que je parvienne exactement à saisir la différence. Je la répète ici telle que je l'ai entendue alors.  
 
     Puhunugulu muguluwu naufuhu Cthulhu Rulyehu wugahu nagulu fhutagunu  
 
     Et je compris, Bournéou différait de Bornéo par les "u" supplémentaires, car dédiée exclusivement à Cthulhu, je l’avais déjà compris. Mais la formule rituelle, telle que nous la connaissons de par Lovecraft est «Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn», et n‘est qu‘une phrase inoffensive, sans effet aucun, juste destinée à entrapiner les fidèles pour le grand jour et à les aider à entrer en transe. Leur nouvelle formule, modifiée avec le "u" rajoutée entre toutes les consonnes, permet d’invoquer Cthulhu, et personne d'autre. Le plus grand et le plus terrible des grands anciens, je frissonnai en écoutant cette mélopée, et je finis par succomber et à la répéter moi même à mon tour.
     Je complétai alors le cercle des adorateurs, huit au total réunis dans une même pièce pour préparer l'avènement de Cthulhu, le 23 Mars 2005, dans un petit village près de Toulon nommé Bournéou. Je n'étais plus maître de moi même, une part inconsciente de mon âme s'était révoltée et avait pris le pouvoir. Cette part secrète adorait Cthulhu et souhaitait ardemment son retour sur Terre, et je n'étais plus en mesure de m'y opposer. Lord Dadagon et ses sbires avaient fait sauter mes dernières inhibitions. R'lyeh resurgissait des flots.
     Sous mes pieds, le cercle se mit à luire d'une lueur blafarde, qui monta en intensité à mesure que nous récitions notre prière. La lumière se répandit dans l'étoile à huit branches que nous formions, les lignes se croisant et s'entrecroisant de plus en plus. Lorsque les deux figures géométriques furent pleines et illuminées, une sorte de matière visqueuse sembla escalader le piédestal, absorber le sang dans lequel il baignait et atteindre la pierre qu'aggripait la main momifiée. Lorsque ce fut fait, la pierre s'éteignit. les spirales qui l'ornaient disparurent et un vent glacial traversa la pièce, soufflant les torches. Seuls le cercle et l'étoile apportaient de la lumière dans la pièce, dans une sorte de semi-obscurité glauque et malsaine.
_ Allons y, dit Lord Dadagon en interrompant le rituel.
     Chacun leur tour, les sbires saisirent un marteau posé contre leur colonne et la fracassèrent d'un seul coup vif et précis. Je fis de même. Des torrents de sang se déversèrent dans la pièce, et plus particulièrement dans des gouttières creusées à même le sol. Finalement tout le sang se retrouva piégé dans le cercle et l'étoile gravés au sol, sans qu'aucune autre goutte ne tache le sol. Sous le liquide rougeâtre, la clarté issue de notre rituel devenait encore plus inquiétante, plus menaçante. Un grondement sourd issu du sol monta jusqu'à nous, et repoussant les colonnes de verre, nous fîmes tous un pas en arrière, les masses toujours en main. Et le sang reflua vers le centre du cercle, vers la pierre d'un éclat sombre insoutenable. Une marée de sang s'éleva jusqu'à la pierre et s'y fondit. Une fois qu'elle eut tout avalée, elle s'illumina d'un éclat cette fois-ci encore plus brillant que si milles soleil s'étaient réunis devant nous. Le piédestal et la main qui la soutenait s'effritèrent,  vieux  probablement de plusieurs milliers d'années, et le sol de la maison s'ouvrit sous nos pieds. Une porte circulaire apparut à l'emplacement même du cercle et de l'étoile, et plus elle grandissait, plus la pierre qui lévitait près du plafond diminuait en taille. Nous nous retînmes aux restes des colonnes, car la différence de pression entre les deux lieux provoquait un formidable courant d'air qui nous poussait vers le gouffre.
     Des hurlements infernaux s'échappaient de la gueule béante d'un tartare extradimensionnel, un lieu qui échappait au temps et à l'espace, et où sommeillait Cthulhu en attendant l'heure de son réveil. Enragé par une heure trop souvent retardée, trop souvent attendue, il essayait de forcer le passage. Des milliers de tentacules se dressèrent dans les airs, gigotant dans tous les sens, cherchant à aggriper le moindre être vivant qui passerait à leur portée. Je me rappelai alors mon rêve et l'être démoniaque que j'avais aperçu dans cette cité fantastique. Et la peur m'envahit, mon moi ennemi du culte reprit le contrôle de mon corps et se rebella contre le processus en cours.
     Mais déjà, Lord Dadagon frappait la dernière colonne encore intacte, celle des âmes. Elles se précipitèrent hors de leur prison en hurlant dans des sonorités inaudibles des imprécations envers leurs tortionnaires. Mais avant de pouvoir s'échapper, les tentacules de Cthulhu les aggripaient et les ramenaient vers sa bouche, horrible orifice béant s'ouvrant vers des abimes infinis de souffrance. malgré leur immatérialité, le grand ancien pouvait les attraper et s'en délecter. Je compris alors que Lord Dadagon se servait des âmes comme offrande à son dieu, pour éviter que lui même ne serve de repas à son maître. Mais je ne comprenais pas mon rôle dans l'affaire, car intrus hostile à leur projet, je ne pouvais que les gêner. A moins qu'ils n'aient cru pouvoir me maîtriser en faisant appel à mes plus bas instintcs, moi qui spécialiste du culte, était en mesure de les aider, surtout s'il leur manquait un huitième compagnon comme je le soupçonnais fortement. Mais cette question n'était pas la plus importante dans ces circonstances urgentes, j'aurais le temps d'y penser si je survivais à cet instant terrifiant.
     Résolu à sauver l'humanité de son horrible fin, je pris bien en main ma masse, m’en servis comme levier pour briser le bracelet de mes menottes,  et me jetai sur la pierre blanche qui descendait peu à peu vers la porte. De plus en plus petite, elle avait pemis à la porte de s'ouvrir, mais pas encore totalement. je portais un unique coup d'estoc, mobilisant toutes mes forces dans ce geste à la limite du possible, et fracassai la pierre en des milliers de minuscules éclats qui se dispersèrent dans toute la pièce. La lumière s'échappa et la porte resta entrouverte, sans plus s'agrandir, bloquée dans sa progression. Privée de l'énergie surnaturelle qui la mouvait, elle commença à se refermer, étouffant les hurlements de haine et de désespoir que lança Cthulhu, qui ayant à peine gouté aux joies de la vie, à peine rassasié, se voyait déjà contraint à retourner dans son royaume souterrain, pour un sommeil long, voire éternel si possible.
     Je mobilisai mes dernières forces et me remis debout. Autour de moi, mes ravisseurs étaient trop abasourdis pour pouvoir réagir, et je vis Lord Dadagon, mon ennemi juré, porter sa main à son coeur, avoir un dernier hoquet, et s’affaisser lentement contre le mur, mort. L’accumulation des siècles ne l’avait jamais affecté, mais la ruine de ses espoirs avait eu raison de lui. J’étais victorieux, mais pas encore tiré d’affaire. Profitant du chagrin de ses sbires, je rampai jusqu’à la sortie, et courus jusque chez moi. Là, je bouclai rapidement mes valises, surtout mes notes, et m’enfuis presque aussitôt loin de ce lieu infernal. Très loin de cette bouche de l’enfer. Vers le nord, là où reposait Yog-Sothoth, qui me parut moins dangereux à cet instant.


Message édité par orcusnf le 25-11-2006 à 17:57:48

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les 2 éléments les plus répandus de l'univers sont l'hydrogène et la connerie.
 
n°375
Ink
Répondeur
Posté le 25-11-2006 à 20:27:34  profilanswer
 

:)  
 
Pas lu, mais je vois que la parodie (ou un canular de plus ?) est ton dada...
 
Deux petites choses :
Attention dans l'utilisation des noms probablement déposés dans les titres ou dans les corps de texte.
Il ne faut pas que de mauvaises habitudes soient prises ou on aura des problèmes...
 
Le lien vers ton site dans ta signature ne pose pas de problème, mais l'emploi de termes du genre "aide" est réservé pour les outils qui sont ici.
Ca n'est pas très grave, mais là aussi, il s'agit de ne pas prendre de mauvaises habitudes.
 
De toutes façons, on va avoir l'ocasion de reparler de ça prochainement.
Je vais avoir le temps de faire le point et on va remettre certaines choses à plat.
 
Si tu souhaites profiter des recettes publicitaires des bannières affichées sur les pages de tes écrits, il suffit de remplir les conditions (environ 75.000 signes construits présentés ici) et de me le demander.
Pour le cas des histoires courtes, il faudra discuter d'une adaptation, probablement regrouper plusieurs nouvelles sur le même sujet, pour éviter de gérer une entrée en base pour chaque petite nouvelle.
 
Restons comme ça pour l'instant (enfin, enlève quand même Cthulhu de ton titre  :) ), dis moi si le système pub t'intéresse, et je reviens vers toi assez vite.

n°376
orcusnf
les dents de l'amer...
Posté le 25-11-2006 à 22:40:02  profilanswer
 

Ok, c'est combien d'années les droits d'auteurs? ( je crois que c'est 70 ans, donc Cthulhu retomberait dans le domaine public).  
 
La signature est vieille, ça n'avait plus de sens, je l'ai supprimée!
 
Pour la pub, j'y réfléchis.


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les 2 éléments les plus répandus de l'univers sont l'hydrogène et la connerie.
 
n°377
Ink
Répondeur
Posté le 26-11-2006 à 12:46:58  profilanswer
 

C'est vrai qu'il y a des subtilités au niveau des droits d'auteurs. Outre le délai légal avant que ça ne tombe dans le domaine public, il doit y avoir des tolérances en ce qui concerne les fanfic et d'autres choses dans le genre. Mais bon, l'idée c'est que dans le doute, mieux vaut s'abstenir.
NB. Je ne suis pas fan de Lovecraft, c'est si vieux que ça ?
 
Merci pour ta signature, mais comme je te le disais, les liens vers les sites persos voire pros ne sont pas interdits, c'est juste les formulations pour éviter le mélange des genres et la confusion sur ce qui fait partie de l'espace ici et ce qui est satellite.
 
Et pour la pub, c'est maintenant fonctionnel et disponible pour tous les auteurs qui montreront ce qu'ils font ici. Rien ne presse.
 


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