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[Fantastique] - Céphalées - [100%]

n°336
cap_peter
Je suis là, schizoboy !
Posté le 09-07-2006 à 15:55:10  profilanswer
 

Céphalées
 
 
Auteur : cap.peter
E-Mail : dustin4@caramail.com
Type : nouvelle/one shot  
Style : dark

 
 
 
Je sens qu’on me déplace. On me déplace sur une route. J’entends gronder faiblement un moteur, masqué par une musique rock forte dont je ne comprends pas les paroles.
J’ouvre les yeux avec difficulté. Les bandes blanches défilent à toute allure devant deux spots légèrement bleutés.
Je tourne la tête vers la gauche. Une jeune fille mâche un chewing-gum bruyamment. Elle tient le volant avec son genou gauche.
Je sens le cuir chaud sur ma peau, et j’ai mal à la tête.
La fille aux cheveux couleur argent qui mâche son chewing-gum tient un pistolet braqué sur moi. Elle se tourne vers moi et laisse apparaître un visage fin, livide avec des yeux entourés de noir.
« Bien dormie ? ».
Je connais cette adolescente, il s’agite d’Ambre K. Le compteur affiche deux cents dix kilomètres par heure. Je n’ai jamais vu défiler les barrières de sécurité aussi rapidement. Je demande :
« Où sommes-nous ?! »
« On a passé Fourvière », me répond-elle.  
Ambre porte un treillis avec des imprimés en forme de dollar américain bleu, sa poitrine est cachée par un dessus de maillot de bain orange délavé. Nous passons la sortie vers la nationale.  
« Où allons-nous ? »
« Tu le sais déjà. »
Nous nous dirigeons vers Paris avec une voiture de luxe volée. Depuis Paris, nous prendrons l’avion  pour les Etats-Unis.  
« Pourquoi m’emmènes-tu ? »
« Je ne peux pas te laisser toute seule. »
« Pourquoi ?! ».
« Tu connais la réponse. »
Je connais la réponse. Je sais pourquoi nous fuyons Lyon. Un véhicule blanc nous fait des appels de phares. Une lumière bleue tournoie dans la nuit, accompagnée d’une sirène stridulante caractéristique des forces de l’ordre. Je sens que notre véhicule accélère.  
« Je fais cela pour toi, ne l’oublie jamais, d’accord ? »
Je ne réponds pas. Ambre jette un coup d’œil dans son rétroviseur puis agrippe le volant de ses deux mains. Nous changeons de voie précipitamment, provoquant un crissement de pneu effroyable.  
J’ai mal à la tête. Je distingue un petit lion sur la calandre du véhicule qui nous poursuit.  
« La chasse est ouverte », dis-je.  
Je revois un documentaire animalier portant sur ce prédateur, une nuit où je ne dormais pas. Comment un gros chat peut-il être considéré comme le roi de la jungle ?!
Nous passons les deux cents quarante kilomètres à l’heure. Ce lion, d’allure si fière, ne chasse même pas pour survivre et préfère laisser faire sa meute de lionnes. Ce sont elles qui nourrissent le roi de la jungle.  
Le véhicule blanc est maintenant à notre hauteur. Ambre, qui mâche son chewing-gum, insulte le passager.  
« N’oublie pas ce que j’ai fait. »
Cette phrase résonne dans ma tête douloureuse.  
« Qu’as-tu fait ? »
« Ce que tu voulais que je fasse. Tout ce que j’ai fait, c’est uniquement pour toi. Tu te souviens de notre rencontre ? »
A plus de deux cents à l’heure, aucun véhicule ne résiste à un impact frontal.
« Je me souviens », dis-je.
 
* * *
   
Tout a commencé place Bellecour. Quand je n’arrive pas à trouver le sommeil, je me promène dans Lyon. Cela fait bientôt quatre années que j’erre dans la ville. Mon médecin refuse de me prescrire des somnifères :
« Evitez de faire des siestes prolongées l’après-midi et vous retrouverez le sommeil », m’a-t-il dit.  
Il fait frais place Bellecour. Une légère brise me fait frissonner. Je sens du gravier sous mes pieds. D’anciens bâtiments laissent apparaître aux étages supérieurs quelques fenêtres éclairées.  
 
J’adore observer ces fenêtres. Certains font du sport, de la cuisine ou du lèche-vitrines. Moi, je scrute ces fenêtres, dans l’attente de voir apparaître un homme nu sortant de la douche ou une femme au téléphone faisant les cent pas. Ce divertissement malsain me montre à quel point ma vie est misérable. Je me promène dans Lyon à la recherche de fenêtres éclairées.  
 
Une fenêtre attire mon attention. Un homme, enfin une silhouette plutôt masculine, lève les bras au ciel.
Je m’approche du bâtiment. Une deuxième silhouette s’approche de la première au point de l’affronter.
Je revois une bagarre de marionnettes dans le vieux Lyon. La première silhouette tombe, la deuxième disparaît quelques secondes plus tard.
Je ne vois plus rien, même la lumière a disparu. Je sens l’excitation monter en moi, avec des fourmis dans tout le corps.  
Je garde mes yeux rivés sur la fenêtre obscure. Le spectacle est-il fini ?
 
Une grande porte s’ouvre. La silhouette apparaît de nouveau, portant sur ses épaules celle tombée auparavant à l’étage. L’excitation se change peu à peu en angoisse. Je me cache derrière un arbre bordant la place. Je ne peux m’empêcher de regarder. Une goutte de sueur me racle le dos. La silhouette ouvre le coffre d’une grosse voiture et balance le corps apparemment sans vie. Je ne distingue pas la plaque d’immatriculation du véhicule, ni le visage des deux silhouettes, d’ailleurs. La voiture démarre puis s’évanouit hors de ma vue.  
 
Pourquoi suis-je seule, ce soir-là ? Pourquoi la lumière ne se rallume-t-elle pas ? Que dois-je faire ? L’attente me paraît une éternité. Je compose le numéro d’urgence.      
 
Je suis devant le commissariat. Il fait toujours aussi frais. J’ai mal au crâne. Des policiers sont arrivés peu après mon appel. Après quelques minutes dans leur voiture, ils sont revenus du grand bâtiment.  
Nous sommes allés au commissariat. Ils m’ont dit qu’une enquête pour homicide serait ouverte à l’aube, et que grâce à mon témoignage, ils pourront retrouver l’assassin. Ils étaient deux et me demandaient si je n’avais rien remarqué d’autre :
« Non, désolée. »
« Vous devriez retourner chez vous, maintenant. Voulez-vous qu’un de mes collègues vous dépose ? »
« Non merci, ça ira. »
Je suis devant le commissariat, j’ai mal à la tête. Je m’en souviens.
Pourquoi rentrer chez soi ?
 
* * *
 
Et c’est comme ça que j’ai rencontré Ambre K.  
Il n’y a plus de métro depuis presque une heure. J’erre à nouveau dans Lyon, en pleine nuit. Je me souviens de cette ruelle sombre. Je suis passée devant une boîte de nuit près de Garibaldi. La musique est tellement forte qu’elle fait résonner l’air frais dans la rue. Je rentre.
 
Il y a un mélange d’odeurs de tabac froid, d’alcool et de transpiration. L’obscurité règne, quelques lumières multicolores de faible intensité empêchent cet endroit d’être complètement noir. Je sens la moquette sous mes baskets. Ma tête ressemble à une casserole qu’on frappe hargneusement. Quelques personnes sont assises près du bar, d’autres gesticulent sur un semblant de piste de danse, au rythme sauvage d’un vacarme électronique assourdissant.  
 
C’est ici que j’ai rencontré Ambre K. Elle se trémousse, encerclée par une demi-douzaine de mâles en chemise blanche et costume, échauffés, suants de plaisir. Ambre est au milieu. Avec ses talons hauts, sa jupe et sa chemisette froissée, excitant tous ces hommes qui pensent sûrement finir la nuit avec elle. Je commande une bière.
 
Ambre me regarde. Ses yeux noirs me paraissent si familiers. Un sourire apparaît sur son visage blanc. La bière est dégueulasse.  
Ces cheveux couleur argent étincellent. Puis elle s’arrête soudain et s’approche de moi. Je commande une autre bière.
« Cela faisait longtemps que je voulais te rencontrer », me dit-elle.  
Voilà comment j’ai fait la connaissance d’Ambre K.
Ma bière a l’air bien meilleure tout à coup.  
 
Ambre m’a dit qu’elle travaillait comme serveuse de nuit dans un petit bar du troisième arrondissement lyonnais. J’ai l’impression de me voir dans les yeux de cette fille. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai tout raconté à Ambre : mon enfance morose, mes études ratées à faire la fête presque tout les soirs, mon boulot minable dans une grosse boîte de restauration rapide américaine.
« Mon père est mort d’un cancer il y a quatre ans. »
« Le mien aussi », a-t-elle dit.
La musique est trop forte. Cet endroit pue la sueur à plein nez. Ambre me dit que la société actuelle ne se soucie pas de ceux qui la composent et qu’elle ne profite qu’à certaines personnes haut-placées.  
« Tout n’est qu’argent, réussite et reconnaissance, de nos jours », me dit-elle.  
Je suis d’accord avec Ambre.  
« La parité homme-femme n’est qu’une farce. Nous sommes des lionnes possédées par un roi de la jungle. »
« C’est vrai ».
« Pour un même travail, une femme est payée jusqu’à quinze pour cent en moins. »
 
Je me sens proche d’Ambre. Nous nous comprenons, toutes les deux. La musique disparaît, les gens autour de nous se dirigent d’un pas nonchalant vers la sortie de ce trou noir.
Je suis dehors avec Ambre. Ma tête est dans un étau infernal qui ne cesse de se resserrer.  
« Je peux dormir chez toi ? » me demande-t-elle…  
 
* * *
 
J’entends une voix d’homme près de moi. Mes yeux sont fermés. Je sens un matelas sous mon corps.
L’homme me dit qu’un meurtre a été commis la nuit dernière, place Bellecour.  
Le matelas est moelleux et chaud. Ma tête commence à faire des siennes. L’homme annonce que l’enquête est en cours, et que la victime est l’adjoint au préfet.  
Mes yeux s’ouvrent lentement. Il fait sombre dans mon studio. Seul le néon bleu de l’aquarium éclaire une partie de la pièce.
 
J’éteins la radio. La voix de l’homme s’évanouit. C’est la première fois que je dors aussi longtemps. Tellement longtemps que je n’ai rien vu de la journée passée.
Ambre n’est pas là.
 
Je me souviens m’être endormie avec elle allongée près de moi.  
Je regarde par la fenêtre. Un clochard fouille un tas de déchets échappés d’un container crevé.  
Les douleurs recommencent de plus belle. Je me dirige vers la salle de bain pour prendre un ou deux cachets. En général, deux cachets réduisent un peu les migraines, même si elles ne disparaissent jamais complètement.
Une masse noire est posée sur la table basse. J’allume la lumière.
Il y a un pistolet sur ma table. Un gros calibre se trouve sur ma petite table. Je prends l’arme, l’examine et la soupèse.  
 
Des images d’Ambre traversent mon esprit. Les questions se succèdent et les réponses qui en découlent s’enchaînent d’autant plus rapidement.
Le meurtre est en rapport avec cette arme, qui elle-même est en rapport avec Ambre K.
J’essaye de me remémorer les derniers moments avec Ambre.
Nous avons parlé des inégalités des femmes dans ce monde d’homme. Elle m’a dit qu’elle ne fera jamais confiance à aucun homme.  
Je m’assois afin d’ordonner un peu mes pensées.
 
Ambre m’a dit qu’on se ressemble beaucoup, et que nous ferions de grandes choses ensemble.
Je me souviens avoir posé ma tête sur ses cuisses.  
Elle m’a dit que l’adjoint au préfet abusait des employées grâce à son statut.  
J’ai fermé les yeux et Ambre m’a expliqué comment elle a rendu justice à ce pervers. Il arrive que le lion se fasse bouffer par sa propre meute quelquefois.
Mes mains tremblent tellement que l’arme tombe sur le lino pourri.  
 
J’enfile un jean et un T-shirt sale, range le flingue dans la poche de mon manteau, direction le commissariat.
Une grosse berline noire bloque la sortie de la cour de mon immeuble. La portière s’ouvre et Ambre apparaît. Elle s’avance dans ma direction d’un pas rapide.
Je prends l’arme et la pointe sur sa tête.
« Tu ne le feras pas et tu le sais », a-t-elle lancé.
J’appuie sur la détente… Rien ne se passe.
Ambre est à ma hauteur. Elle retire violemment l’arme de mes mains, l’air furieuse.
« Tu me remercieras plus tard. »  
Je vois une masse aux contours flous voler vers ma tempe gauche.
 
* * *
 
Voilà comment je suis arrivée dans ce véhicule, lancé à plus de deux cents quarante kilomètres à l’heure, avec Ambre au volant et la police aux trousses.
« Pourquoi as-tu tué cet homme ? »
« Cet homme ne méritait pas de vivre. »
La route commence à descendre dangereusement. Dans quelques kilomètres, un virage finira notre course-poursuite si Ambre ne ralentit pas.
« De toute façon, c’est toi qui voulait sa mort », me dit-elle.
« Je n’ai jamais voulu ça ! »
« Depuis le début, tu hais les hommes comme la peste. Tu n’as jamais eu le courage d’assumer cela. Mais maintenant que je suis là, tout va changer ! » déclare Ambre avec un sourire aux lèvres.
La voiture blanche commence à ralentir. Il y a sûrement un barrage un peu plus loin qui nous attend.
« Tu racontes n’importe quoi. Tu m’as embarquée de force car tu avais oublié ton flingue et j’allais te dénoncer à la police. »
« J’ai laissé l’arme intentionnellement, pour te montrer la voie », dit-elle calmement.
« Quelle voie ?! » dis-je, la colère et l’incompréhension montant en moi.
« Si je te le dis, tu ne l’admettras jamais », répond-elle.  
Quelques points bleus clignotent au loin. Ce sont les renforts qui barrent la route, prêts à nous tomber dessus.
Tout se mélange dans ma tête douloureuse : le meurtre, Ambre, la poursuite. J’ai peur de mourir.
« Tu ne mourras pas », murmure Ambre, lâchant soudain le volant.  
Je ne sens pas son corps sur le mien, ni le baiser qu’elle me donne. Pourtant je n’ai plus peur.
« Tu m’as toujours fait confiance. N’oublie pas tout ce que j’ai fait pour toi. Ne l’oublie jamais, d’accord ? » dit-elle tout en me regardant dans les yeux.
 
Je vois des hommes en uniformes fuir à notre arrivée. Puis des véhicules à l’arrêt s’approcher de plus en plus. Un choc accompagné d’un hurlement de tôles me balance contre la portière. Je ne sens plus la berline. Les flashs bleus ont disparu. La route a disparu. Seul le ronflement du moteur m’indique que je suis encore dedans.  
Je me prépare à l’impact terrible.  
 
Je sens un matelas sous moi. Un homme me parle. Je n’arrive pas à ouvrir les yeux.
L’homme m’ordonne de me réveiller. Il me dit que je suis dans un hôpital de Lyon.  
Ma tête ne me fait pas encore mal. C’est étrange.
L’homme m’annonce que j’ai été dans le coma pendant trois semaines et que j’ai de la chance d’être en vie compte tenu des circonstances.
J’ouvre difficilement les yeux. Un homme en blanc m’observe, l’air perplexe.
« Vous avez de la chance, vous savez, mademoiselle ! Heureusement que vous étiez à l’emplacement passager avant l’impact. »
J’en déduis qu’Ambre a eu plus d’ennuis.  
« Qu’est-il arrivé à Ambre ? »
« Pardon ? »
« La conductrice… Ambre K., qu’est-elle devenue ? Vous savez, celle qui a tué l’adjoint au préfet et qui… »
L’homme s’approche de moi et me prend par la main.
« Vous étiez seule dans le véhicule, mademoiselle. »
Ma tête me relance.  
Une multitude d’images des dernières heures vécues plus ou moins consciemment défilent à une vitesse vertigineuse.
Je sais désormais que mon esprit est malade.  
 
 
 
Note de l’auteur : vous retrouverez aisément l’inspiration (limite plagiat même) de ce petit texte, qui était réalisé à la base pour un concours. N’ayant pas assez de courage pour le remettre au jury, je l’ai un peu retravaillé pour le rendre plus agréable à lire. Je remercie ceux qui s’attarderont sur ces lignes.
 
PS : un grand merci à DragonNoir pour sa maîtrise de la langue française, lui permettant de corriger mes fautes diverses et nombreuses !
 

n°337
amria
Dans la lune
Posté le 03-08-2006 à 11:46:19  profilanswer
 

hello Cap Peter  :hello:  
 
J'ai lu avec intérêt et attention ta nouvelle, heu désolée je ne vois pas à quel texte, elle se référe,  :sweat: bah, tu me le diras. Alors mon avis, et ce n'est que mon avis, hein ? est très mitigé, la première partie est assez maladroite, manque d'énergie, on peine à rentrer dans ton texte, mais la deuxième c'est tout autre chose ! Tu t'en sors avec brio, bravo ! L'ambiance, l'atmosphère sont bien rendues. bonne continuation Cap Peter !
 
Quelques petits détails et anotations, qui j'espère t'aideront  ;)  
 
Je sens qu’on me déplace. On me déplace sur une route. J’entends gronder faiblement (impression de force, contrariée par faiblement ) un moteur, masqué par une musique rock forte dont je ne comprends pas les paroles.  
J’ouvre les yeux avec difficulté. Les bandes blanches défilent à toute allure devant deux spots légèrement bleutés.  
 
Je tourne la tête vers la gauche. Une jeune fille mâche un chewing-gum bruyamment. Elle tient le volant avec son genou gauche.  
Je sens le cuir chaud sur ma peau, et j’ai mal à la tête.  
 
Proposition : Je sens le cuir chaud sur ma peau, et j’ai mal à la tête. Je la tourne vers la gauche. Une jeune fille mâche un chewing-gum bruyamment. Elle tient le volant avec son genou gauche.
 
La fille aux cheveux couleur argent qui mâche son chewing-gum (mâchant du chewing-gum, me semblait moins lourd ? ) tient un pistolet braqué sur moi. Elle se tourne vers moi (répétition – proposition : Elle se tourne dans ma direction)et laisse apparaître un visage fin, livide avec des yeux entourés (cernés ? mais c’est selon ton appréciation, l’autre terme est juste aussi )de noir.
 
« Bien dormie ? ». (pas de « e »)
 
Je connais cette adolescente, il s’agite (coquille ;)) d’Ambre K. (cette phrase je la mettrais toute seule à la ligne, après tout c’est un élément capital) Le compteur affiche deux cents dix kilomètres par heure. Je n’ai jamais vu défiler les barrières de sécurité aussi rapidement. Je demande : (superflu)
« Où sommes-nous ?! »  
« On a passé Fourvière », me répond-elle.  (superflu aussi à mon sens)
Ambre porte un treillis avec des imprimés en forme de dollar américain bleu, sa poitrine est cachée par un dessus de maillot de bain orange délavé. (à la ligne cette phrase, elle ne se raccroche pas à la description d’Ambre et amène le dialogue suivant ) Nous passons la sortie vers la nationale.  
« Où allons-nous ? »  
« Tu le sais déjà. »  
Nous nous dirigeons vers Paris avec (dans) une voiture de luxe volée. Depuis Paris, ( Depuis fait bizarre, proposition : arrivés à Paris,  de l’aéroport d’Orly, ou autre…) ou nous prendrons l’avion ( un vol ?)  pour les Etats-Unis.  
« Pourquoi m’emmènes-tu ? » (dans le langage parlé, tu peux t’autoriser la non inversion, ça fait plus vrai)
« Je ne peux pas te laisser toute seule. » (superflu)
« Pourquoi ?! ».  
« Tu connais (déjà ?appuierait le fait ) la réponse. »  
Je connais la réponse. Je sais pourquoi nous fuyons Lyon. (tu peux la mettre à la ligne,  pour plus d’impact, et pour bien montrer que la répétition est voulue, tu la marques à fond proposition :  C’est vrai, je connais la réponse ! Et je sais aussi pourquoi nous fuyons Lyon.) Un véhicule blanc nous fait des appels de phares. Une lumière bleue tournoie dans la nuit, accompagnée d’une sirène stridulante (terme qui m’a semblé en décalage avec le reste du vocabulaire, stridente ? perçante ? ou même rien du tout, le bruit d’une sirène est toujours sous-entendu strident… )caractéristique des forces de l’ordre. Je sens que notre véhicule accélère.  (à la ligne ? )
« Je fais cela (ça ? plus courant dans le langage parlé, cela fait plutôt langage précieux, à mon avis )pour toi, ne l’oublie jamais, d’accord ? »  
Je ne réponds pas. Ambre jette un coup d’œil dans son rétroviseur puis agrippe le volant de ses deux mains. Nous changeons de voie précipitamment, ( je le mettrais avant  de voie, niveau rythme, mais c’est un ressenti personnel, ;)  )provoquant un crissement de pneu effroyable.  
J’ai mal à la tête. (tu pourrais développer un peu plus ses sentiments, à d’autres moments également) Je distingue un petit lion sur la calandre du véhicule qui nous poursuit.  
« La chasse est ouverte », dis-je.  
Je revois (me souviens ?) un documentaire animalier portant sur ce prédateur, une nuit où je ne dormais pas. Comment un gros chat peut-il être considéré comme le roi de la jungle ?! (signes qui peuvent s’accoler l’un à l’autre ? Je ne crois pas…)
 
Nous passons les deux cents quarante kilomètres à l’heure. Ce lion, d’allure si fière, ne chasse même pas pour survivre et préfère laisser faire sa meute de lionnes. Ce sont elles qui nourrissent le roi de la jungle.  
Le véhicule blanc est maintenant à notre hauteur. Ambre, qui mâche son chewing-gum, insulte le passager.  
« N’oublie pas ce que j’ai fait. »  
Cette phrase résonne dans ma tête douloureuse.  
« Qu’as-tu fait ? »  
« Ce que tu voulais que je fasse. Tout ce que j’ai fait, c’est uniquement pour toi. Tu te souviens de notre rencontre ? »  
A plus de deux cents à l’heure, aucun véhicule ne résiste à un impact frontal. (sympa cette remarque, pourquoi ne pas développer un peu les sentiments de la passagère en pensant à ça ? Les craintes qu’elle éprouve…)
« Je me (m’en) souviens ( !) », dis-je. (superflu, ça enlève de l’impact, ou alors tu mets : dis-je et tu ajoutes une action qui intensifie les mots de l’héroïne…)
 
* * *  
     
Tout a commencé place Bellecour. (soit tu développes plus, soit tu sautes à la ligne, les deux phrases font bizarre accolées l’une à l’autre ) Quand je n’arrive pas à trouver le sommeil, je me promène dans Lyon. Cela fait (proposition : depuis bientôt quatre années, j’erre ainsi dans la ville en quête de sommeil, d’un repos qui me fuit… Je suis sûre que tu peux trouver mieux, ce n’est qu’une proposition J )bientôt quatre années que j’erre dans la ville. Mon médecin refuse de me prescrire des somnifères :  
« Evitez de faire des siestes prolongées l’après-midi et vous retrouverez le sommeil », m’a-t-il dit.  
Il fait frais place Bellecour. Une légère brise me fait frissonner. Je sens du gravier sous mes pieds. ( tu passes des sensations de frisson, ensuite au ras du sol, et tout de suite après à la vision autour, ça me semble aller trop vite…organise les sensations avec cohérence, réfléchis à ce qu’elle peut ressentir dans cette situation… ),D’anciens bâtiments laissent apparaître aux étages supérieurs quelques fenêtres éclairées.  (à la ligne, cette phrase se rapporte au paragraphe suivant )  
 
J’adore observer ces fenêtres. (manque un lien entre les fenêtres et les gens. Proposition : J’adore observer ces fenêtres, et les morceaux de vie des gens qu’elles dévoilent) Certains font du sport, de la cuisine ou du lèche-vitrines. Moi, (pour ma part ?) je scrute ces fenêtres, (répétition fenêtre, j'espère voir apparaître, je guette ? )dans l’attente de voir apparaître un homme nu sortant de la douche ou une femme au téléphone faisant les cent pas. Ce divertissement malsain me montre à quel point ma vie est misérable. Je me promène dans Lyon à la recherche de fenêtres éclairées.  
 
Une fenêtre (répétition, un vitrage ? vitre ) attire mon attention. Un homme, enfin une silhouette plutôt masculine, lève les bras au ciel.  
Je m’approche du bâtiment. Une deuxième silhouette s’approche de la première au point de l’affronter.  
Je revois une bagarre de marionnettes dans le vieux Lyon. (jolie image, pourquoi ne pas développer plus, mettre plus de drame la-dedans ?) La première silhouette tombe, la deuxième disparaît quelques secondes plus tard.  
Je ne vois plus rien, même(superflu) la lumière a disparu. Je sens l’excitation monter en moi, avec des fourmis dans tout le corps.  
Je garde mes yeux rivés sur la fenêtre obscure. Le spectacle est-il fini ?  
 
Une grande porte s’ouvre. La silhouette apparaît de nouveau, portant sur ses épaules celle tombée auparavant à l’étage. L’excitation se change peu à peu en angoisse. Je me cache derrière un arbre bordant la place. Je ne peux m’empêcher de regarder. Une goutte de sueur me racle (je comprends l’effet que tu veux rendre, mais racle pour une goutte, me semble inapproprié) le dos. La silhouette ouvre le coffre d’une grosse voiture et balance le corps apparemment sans vie. Je ne distingue pas la plaque d’immatriculation du véhicule, ni le visage des deux silhouettes, d’ailleurs. La voiture démarre puis s’évanouit hors de ma vue.  
 
Pourquoi suis-je seule, ce soir-là ? Pourquoi la lumière ne se rallume-t-elle pas ? Que dois-je faire ? L’attente me paraît une éternité. Je compose le numéro d’urgence.        
 
Je suis devant le commissariat. Il fait toujours aussi frais. J’ai mal au crâne. Des policiers sont arrivés peu après mon appel. Après quelques minutes dans leur voiture, (est-ce utile ? ou alors développe plus ) ils sont revenus du grand bâtiment.  
Nous sommes allés au commissariat. Ils m’ont dit qu’une enquête pour homicide serait ouverte à l’aube, et que grâce à mon témoignage, ils pourront (pourraient, hypothèse ) retrouver l’assassin. Ils étaient deux et me demandaient si je n’avais rien remarqué d’autre :  
« Non, désolée. »  
« Vous devriez retourner chez vous, maintenant. Voulez-vous qu’un de mes collègues vous dépose ? »  
« Non merci, ça ira. »  
Je suis devant le commissariat, j’ai mal à la tête. Je m’en souviens.  
Pourquoi rentrer chez soi ?  
 
* * * à partir de là, tout coule, l'écriture est fluide, le ressenti bien dépeint, c'est ok ! :pt1cable:  
 
Et c’est comme ça que j’ai rencontré Ambre K.  
Il n’y a plus de métro depuis presque une heure. J’erre à nouveau dans Lyon, en pleine nuit. Je me souviens de cette ruelle sombre. Je suis passée devant une boîte de nuit près de Garibaldi. La musique est tellement forte qu’elle fait résonner l’air frais dans la rue. Je rentre.  
 
Il y a un mélange d’odeurs de tabac froid, d’alcool et de transpiration. L’obscurité règne, quelques lumières multicolores de faible intensité empêchent cet endroit d’être complètement noir. Je sens la moquette sous mes baskets. Ma tête ressemble à une casserole qu’on frappe hargneusement. ( bon rendu ! )Quelques personnes sont assises près du bar, d’autres gesticulent sur un semblant de piste de danse, au rythme sauvage d’un vacarme électronique assourdissant.
 
Voili, voilà, j'espère ne pas avoir été trop abrupte dans mes indications, bonne continuation, juste quelques retouches à apporter à la première partie, et la nouvelle tiendra  ;)


Message édité par amria le 03-08-2006 à 11:50:05
n°339
cap_peter
Je suis là, schizoboy !
Posté le 03-08-2006 à 18:02:12  profilanswer
 

Salut amria !
 
Tout d'abord, je tiens à te remercier pour le temps passé à corriger mes coquilles et erreurs, que je ne voyais pas aussi nombreuses, je dois l'avouer ! Je vais prendre en note illico tes corrections et suggestions et reconditionner ce petit texte (mon plus long à ce jour malheureusement !) afin qu'il soit plus agréable à lire.
 
Pour le plagiat, il s'agit de Fight Club, écrit par C. Palanhiuk, auteur dont j'affectionne l'originalité et le style, tout simplement inclassable !
Encore merci  :)


Message édité par cap_peter le 03-08-2006 à 18:03:15
n°340
amria
Dans la lune
Posté le 03-08-2006 à 19:08:46  profilanswer
 

 
 :hello: Cap Peter,
 
 

Citation :

 

Tout d'abord, je tiens à te remercier pour le temps passé à corriger mes coquilles et erreurs, que je ne voyais pas aussi nombreuses, je dois l'avouer !

 

Je tiens juste à te rassurer, elles ne sont pas si nombreuses, et de plus pour la plupart ce sont simplement des suggestions  :whistle: , dont tu peux trouver qu'elles ne sont pas appropriées. Quant aux qualités de la nouvelle, elle en a, ne te décourage pas, la deuxième partie est franchement bonne ! Et la première n'attend pas grand chose pour qu'elle soit du même niveau. ;)  
 
 

Citation :

 

Pour le plagiat, il s'agit de Fight Club, écrit par C. Palanhiuk, auteur dont j'affectionne l'originalité et le style, tout simplement inclassable !

 



 
Oki, je ne l'ai pas lu, et pas vu le film non plus,  :sarcastic:  (honte sur moi ^^)
 
Bonne continuation Cap Peter !


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