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Ainsi Narcisse

n°477
Hellesine
Posté le 16-04-2008 à 23:18:58  profilanswer
 

Bonjour...
Voici un texte que j'ai tellement raturé, corrigé, réécrit, que je ne suis plus du tout capable de le lire. J'aimerais beaucoup avoir un avis dessus, si un jour, désœuvrés, vous avez un moment. Et de manière plus générale, savoir ce que je pourrais faire pour améliorer mon style.
Donc, dans un élan de gentillesse, pourriez-vous jeter quelques pierres?

 
Il marchait depuis des heures, il avait oublié combien de temps. Ses empreintes dans la mousse s’effaçaient aussitôt ; nulle trace de son passage. Le soleil s’était levé sur un matin livide que les branches resserrées laissaient difficilement passer. Les arbres se dressaient comme une voûte incomplète, et au sol s’agitait une ombre bleue et difforme.
 
Il marchait depuis des heures. Les racines sur sa route semaient des obstacles latents ; les bras écartés, il avançait en funambule, les yeux rivés au sol qui glissait sous ses pas. Une feuille morte se déroba sous son pied et il dut s’appuyer à un tronc, vacillant, pour ne pas tomber. Il sentit quelque chose de vivant sous l’écorce humide ; de la sève, des insectes. Il retira sa main comme si on l’avait brûlé.
 
Il frôla un arbuste, et il plut sur lui des gouttes de rosée. La lumière rayonnait doucement à l’extrémité des feuilles qui se courbaient sous son poids. Il s’arrêta un moment, puis recommença à errer.
 
Une tige brisée lui signala un nouveau passage. Les herbes couchées dessinaient un tracé dans le dédale des forêts. Lorsqu’il regarda de ce côté, il lui sembla que le vert des feuillages cédait un peu face au ciel. Il saisit l’invitation qu’on lui offrait, et prit le chemin de traverse.
 
Bientôt le paysage changea, la végétation se fit plus rase. Elle s’accrochait à ses vêtements et il avait l’impression d’avancer au milieu d’une mer de verdure ; les herbes venaient mourir en vagues à ses pieds.
 
Il arriva en un lieu où les arbres s’écartaient en une confuse clairière ; au centre dormait une eau éteinte, sur laquelle des fleurs flottaient comme des épaves. De longues tiges ça et là émergeaient des reflets. A son approche, une grenouille disparut derrière les acores. Le clapotis des eaux s’attarda en écho, et il contempla un moment le vert de la mare que la voix des sources modulait doucement. La vase remontait des profondeurs en nuages opaques ; il se dégageait de l’endroit une impression de calme, factice et inquiétant.
 
Soudain quelque chose changea. Un rayon déchira un pan de ciel, l’air devint immobile. La lumière au contact de l’eau opéra sa métamorphose en image. Il se pencha un peu et se perdit dans un monde d’apparences simples. Les arbres miraient leurs silhouettes écartelées, et les iris tremblaient dans l’eau froide. Le regard n’allait pas plus loin que le reflet ; demeurer à la surface, ne pas se soucier des tourbillons au-delà du miroir…Il appréciait le repos bienfaisant des choses superficielles.
 
La bénédiction de ne pas être parmi les fleurs vacillantes ! Il aurait voulu se confondre avec ce double un peu trop lisse qui le regardait pensivement. Une désinvolture d’illusionniste: le mirage était idéal d’inconsistance.
 
Il restait là émerveillé.
 
Mais une brise agita mollement le haut des branches. Une feuille tomba ; des cercles se formèrent, s’étendirent ; l’eau se rida. La feuille erra dans ses cheveux, une araignée d’eau lui parcourut la joue, troublant  les lignes. Le miroir se brisa en éclats, et les débris ne parvinrent pas à se recomposer. Le ciel disparut dans de verts précipices.
 
Il vit l’eau redevenir transparente et révéler des agitations souterraines. Sous ses traits déformés les algues formaient des tresses. Il essayait de se raccrocher à de vagues impressions de couleur à la surface des ondes, mais toujours il devinait au-delà sourdre quelque chose…
 
L’angoisse de la profondeur. Les simulacres s'effacèrent, cruels, et derrière apparût l'abîme et son vertige. Il tomba à genoux parmi les feuilles coupantes, à la recherche des derniers éclats de son image sur les eaux inverses. Se pencha…
 
Les iris frissonnèrent.
 
 
 
L’eau froide en larmes sur les joues de Narcisse brisé.
 
 

n°478
Ink
Répondeur
Posté le 17-04-2008 à 11:32:19  profilanswer
 

Bonjour Hellesine, bienvenue chez les parrains.
 
J'ai lu ton texte et je ne sais pas trop quoi te dire.
 
Je pense qu'il y a là une ambition littéraire qui dépasse un peu le cadre de notre petit monde et je doute que nous soyons les mieux à même d'évaluer correctement ton travail. Nous avons plus tendance ici à nous intéresser aux principes de narration au service d'une histoire en tant qu'amateurs éclairés. L'expérience de gestion d'une histoire que nous avons tous plus ou moins nous permet de nous entraider avec, je crois, une certaine efficacité, mais je n'ai personnellement pas la prétention d'être un vrai littéraire et de pouvoir donner un avis éclairé à ce niveau. D'autres auteurs présents sur ce forum pourront peut-être le faire.
 
A l'humble avis de quelqu'un qui aime les choses simples et efficaces sans être réfractaire à un style un peu sophistiqué, je trouve que ce texte est un peu lourd. Trop de paillettes au détriment de la simplicité des émotions et de l'immersion du lecteur à mon goût.
 
Si ta volonté est de raconter une histoire qui puisse être lue par le plus grand nombre, je pense qu'un tel style sera vite indigeste, à part peut-être pour une minorité de lecteurs amateurs de ce genre de chose.
Si tu cherches à atteindre un haut niveau littéraire pour te lancer dans un truc ambitieux, alors je n'ai pas vraiment d'avis à te donner, je me déclare incompétent  :) .
 
 


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n°479
Hellesine
Posté le 18-04-2008 à 21:18:42  profilanswer
 

Bonsoir=)
 
Tout d'abord merci pour l'accueil et pour l'avis, si vite. Il m'intéresse beaucoup.
Je plaide coupable, je suis une littéraire dans tout ce que le terme peut avoir de péjoratif, c'est-à-dire avec une forte tendance pas toujours contrôlée à essayer de faire du style, et à un certain pédantisme. C'est mal, mais c'est très facilement contagieux. Donc merci pour la remarque sur la lourdeur, je prends note, j'essaierai de faire attention, de réduire un peu mes pulsions lyriques.
 
Sinon, c'est vrai que de toute manière ce texte ne cherche pas l'émotion. J'essayais plutôt de créer une ambiance, une atmosphère un peu étrange, fascinante et glauque. Et puis c'était l'occasion d'y recaser l'obsession que j'avais à propos des miroirs et des images en général...Enfin, c'était l'objectif affiché, même si je n'ai pas forcément réussi^^
 
Merci pour les conseils, en tout cas=)

n°480
Ink
Répondeur
Posté le 19-04-2008 à 09:52:29  profilanswer
 

Re,
 
L'atmosphère est là par bribes. On ressent le glauque, l'étrangeté et la fascination que tu veux faire passer, mais ça n'est pas direct et pur comme un lecteur peut l'espérer. Ceci dit, si tu décides d'épurer, tu vas te retrouver avec un style probablement très intéressant parce que, bien sûr, le bébé n'est pas à jeter avec l'eau du bain.
 
Une remarque toutefois sur ta réaction.

Citation :

de toute manière ce texte ne cherche pas l'émotion. J'essayais plutôt de créer une ambiance


Il me semble que tout est plus ou moins affaire d'émotion quand on raconte quelque chose par écrit. Ici, ce que tu veux faire passer c'est "étrange, fascinante et glauque". Même si tu ne cherches pas à parler des émotions du personnage ou à en provoquer directement chez le lecteur, un texte, s'il est bon, provoque des émotions chez celui qui le lit. D'ailleurs, si on n'écrit pas pour provoquer des émotions chez les lecteurs (et pour en exprimer soi-même), pourquoi écrit-on ? :)
 
J'essaye de prendre l'habitude de conseiller des textes qui peuvent aider les auteurs, notamment des textes présents ici, mais je crois que pour toi, si tu ne l'as pas déjà lu, le Dracula de Bram Stoker pourrait être une très bonne expérience. C'est pour moi un exemple type de la possibilité de faire quelque chose d'efficace, d'extrêmement profond tout en étant très simple, et avec un style littéraire qui peut faire comprendre, même à un enfant de la télé comme moi, ce que c'est que l'art littéraire.
 
Et évidemment, dans le registre étrange, fascinant et glauque, difficile de trouver mieux  ;)
 
 :hello:


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n°481
Hellesine
Posté le 19-04-2008 à 10:56:32  profilanswer
 

J'ai lu Bram Stoker XD. J'en ai même un souvenir assez cuisant, je devais avoir douze ans, seule dans une maison sombre éloignée de tout à 11h du soir. Donc vu l'effet que ça a eu sur moi, je ne peux qu'être d'accord en disant qu'il a un style efficace. Mais je dois avouer que ce n'est pas vraiment un style que j'admire. Je trouve (mais ce n'est jamais qu'un avis personnel, ça n'engage que moi) que l'écriture manque de caractère; c'est narratif, prenant, mais ça s'arrête là; il n'y a aucun passage qui m'a fait m'arrêter en pensant "que c'est beau".
 
Ca rejoint un peu la question de l'émotion: créer une impression sur le lecteur, je suis tout à fait d'accord, c'est le signe que le texte est bien écrit; mais pas forcément une l'émotion. Dans un certain nombre de cas (attention, je suis loin de parler pour tous, il y a des textes sublimes et émouvants), l'émotion est une solution de facilité. Par exemple, je ne sais pas si tu as vu Million Dollar Baby au cinéma? C'est difficile de rester insensible face à ce spectacle, et je crois que plus de la moitié de la salle est sortie la larme à l'œil. Mais lorsqu'on y réfléchit un peu, c'est une sorte de mélo aux ficelles énormes, pleine de personnages caricaturaux (je pense à la famille de l'héroïne). Donc l'émotion est là, mais c'est en somme d'assez mauvais goût.
 
Je trouve (mais là je parle de ce que je lis et pas de ce que j'écris, c'est un peu un idéal inaccessible), que ce qui signale un texte véritablement bien écrit, c'est l'impression de beauté qui s'en dégage, et pour cela un style travaillé est souvent nécessaire, même si ça ne se manifeste pas par des envols de métaphores grandiloquentes. Je pense par exemple à A rebours de Huysmans (où pour le coup l'émotion est totalement absente, c'est pendant 250 pages l'histoire d'un dandy décadent qui meuble sa maison en choisissant avec attention la couleur des tapisseries), Virginia Woolf, Yourcenar, Julien Gracq...Je ne sais pas si tu connais? Enfin pour moi, c'est vraiment le genre d'écriture qui se distingue du lot.
 
(je me rends compte que ça fait très divagation tout ce que je viens d'écrire, je suis désolée >.< Je ne suis pas si bizarre que j'en ai l'air)
 
Enfin bref, je vais aller épurer un peu mon texte, parce moi j'essaye seulement d'atteindre le stade du lisible...D'ailleurs, si je poste un texte plus narratif et moins expérimental, ça va?


Message édité par Hellesine le 19-04-2008 à 11:01:53
n°482
mouysset
Quand il a bu il n'a plus soif
Posté le 19-04-2008 à 18:37:32  profilanswer
 

Bonjour Hellesine.
Je passais par là...et je lis.
On sent un effort pour écrire "bellement". Le défaut n'est pas dans l'effort, mais dans le fait qu'on le sente.
Je vais juste te donner un petit exemple de simplification...ou deux. Evidememnt sans prétendre à la perfection.
Quelque part tu parles du "clapotis des eaux". A lui seul le mot "clapotis" évoque l'eau. Pas besoin - à mon avis - de préciser.
Plus loin tu écris:" Il se pencha un peu et se perdit dans un monde d’apparences simples. Les arbres miraient leurs silhouettes écartelées, et les iris tremblaient dans l’eau froide. "  
On pouvait écrire: " Il se pencha un peu et se perdit dans un monde où les arbres se miraient et les iris tremblaient dans l'eau froide."
En principe, pas besoin de parler "d'apparences simplifiées" si on décrit cette simplicité. ( Ce qui ne veut pas dire que j'ai réussi.)
L'art paraît simple.
En passant -et à mon avis - une faute de ponctuation:" Il saisit l’invitation qu’on lui offrait, et prit le chemin de travers."  
Pas besoin de la virgule.  
Cela dit, faut pas en conclure que ce texte n'en est pas au stade "lisible". Il est parfaitement lisible, mais perfectible, oui bien sûr.
Joyeux courage à toi!
 


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n°483
Prospero
pauca sed matura
Posté le 20-04-2008 à 14:59:30  profilanswer
 

Hellesine,
 
Tu as demandé des critiques et je vais donc me conformer à tes souhaits.
 
"Il marchait depuis des heures, il avait oublié combien de temps. Ses empreintes dans la mousse s’effaçaient aussitôt ; nulle trace de son passage. Le soleil s’était levé sur un matin livide que les branches resserrées laissaient difficilement passer. Les arbres se dressaient comme une voûte incomplète, et au sol s’agitait une ombre bleue et difforme."
 
"Il avait oublié depuis combien de temps il marchait. Nulle trace de son passage ne subsistait dans la mousse humide. En ce matin livide, les branches resserrées laissaient difficilement passer la lumière. Les arbres dressés formaient comme une voûte inachevée, et au sol une ombre bleue et difforme s'agitait."
 
J'ai juste réécrit le premier paraphe pour expliquer quelques petits arrangements dans le style.
 
Dans la première phrase il y a en fait deux phrases séparées par une virgule. Il vaut mieux les arranger différemment pour un style plus fluide.
 
"Le soleil s'était levé sur un matin livide". Le soleil se levant le matin il est maladroit de le souligner (idem pour le clapotis de l'eau qu'un autre lecteur a relevé plus tôt).
De plus, la tournure de phrase pourrait laisser penser que c'est le matin livide qui passe difficilement au travers des branches alors que c'est la lumière du soleil - et non le soleil -.
 
D'autre part, "incomplète" semble plus technique que dramatique comme "inachevée" peut l'être - à mon goût -.
 
Dis-moi si je vais trop loin dans mes critiques, il faut persévérer dans tes efforts.


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Prospero
n°484
Ink
Répondeur
Posté le 22-04-2008 à 09:04:21  profilanswer
 

Re Hellesine,
 
Intéressant cet échange sur la différence entre émotion et impression. Et je vois ce qui te pose problème maintenant. Si tu cherches à faire des textes "beaux" en plus de raconter une histoire, le défi est immense. Mais c'est tout à ton honneur.
 
Tu peux poster ici des textes plus narratifs, mais tu peux aussi continuer à expérimenter. C'est un espace de liberté où l'on fait ce qu'on veut, ou presque.
 
 :)


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n°487
Hellesine
Posté le 23-04-2008 à 00:07:42  profilanswer
 

Re,
 
Merci à tous les trois pour vos avis et conseils. Plus je relis, et plus je trouve en effet que ce texte est moyen...
Je suis d'accord avec toi Mouysset, l'effort tue la tentative. Et c'est difficilement récupérable^^. Le style pour le style, ça ne pardonne pas dès qu'il y a un défaut, et en l'occurrence ça fait prétention qui tombe à l'eau. Un peu ridicule.
 
"Le soleil s’était levé sur un matin livide que les branches resserrées laissaient difficilement passer." --> cette phrase me gêne depuis le début, mais je n'ai rien trouvé qui me plaise pour la remplacer. Trop longue, pas de rythme. Idem pour certains autres éléments que vous avez relevés (même si je tiens à mes "apparences simples" et à mon adjectif "incomplet" pour l'instant)
 
Le problème, c'est que j'ai beau trouver des défauts, je n'arrive pas à corriger. Je n'arrive pas à mettre de côté cette version pour essayer d'en faire une autre qui me plaise, et qui puisse répondre mieux à l'idée que je peux me faire de ce texte. Je ne parviens pas à me résoudre à un style franchement plus fluide, parce que si l'on passe trop facilement sur les phrases, si rien n'arrête un peu, alors il ne reste plus rien à l'arrivée. Parce que c'est vrai, il ne se passe rien dans le fond. Je ne pense pas être très claire, je suis désolée, mais je n'arrive pas très bien à l'exprimer. J'ai l'impression qu'un style trop simple détruirait le texte, car celui-ci ne repose que sur un exercice de style (je ne crois pas que ce soit beaucoup mieux). Bref, dilemme...
 
Enfin, je crois que je vais laisser ce pauvre Narcisse moisir pendant un mois ou deux dans sa mare, histoire de prendre un peu de distance et de pouvoir le considérer au final de manière un peu plus objective, comme si ce n'était pas moi qui l'avait écrit. Et alors, dissection approfondie et sans pitié, avec un peu de chance.
 
Au plaisir =)


Message édité par Hellesine le 23-04-2008 à 00:17:53
n°488
mouysset
Quand il a bu il n'a plus soif
Posté le 23-04-2008 à 09:36:54  profilanswer
 

Tu as raison: laisse reposer un peu...


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n°489
Prospero
pauca sed matura
Posté le 23-04-2008 à 16:22:13  profilanswer
 

<...> Je ne parviens pas à me résoudre à un style franchement plus fluide, parce que si l'on passe trop facilement sur les phrases, si rien n'arrête un peu, alors il ne reste plus rien à l'arrivée. Parce que c'est vrai, il ne se passe rien dans le fond. Je ne pense pas être très claire, je suis désolée, mais je n'arrive pas très bien à l'exprimer. J'ai l'impression qu'un style trop simple détruirait le texte, car celui-ci ne repose que sur un exercice de style (je ne crois pas que ce soit beaucoup mieux). Bref, dilemme... <...>
 
Je pense comprendre mieux ce que tu essaies de faire avec ton texte. Tu cherches à créer une structure descriptive avec un certain rythme lent dans le style correspondant à l'atmosphère, le lieu et le personnage.
 
Dans ce cas, tu pourras trouver ton bonheur en lisant "Le lys dans la vallée" de Balzac où des descriptions sur plusieurs pages sont présentes.
 
Pour mémoire, dans Wikipédia tu peux trouver ceci sur la structure de la description :
 
<...>
En littérature, la description constitue une pause dans le récit, où elle peut former un ensemble autonome, bien que le plus souvent elle prenne place dans la narration.
 
On la reconnaît à l'abondance des verbes de perception, d'éléments visuels, de repères spatiaux, de verbes d'état et de qualificatifs. Elle suit généralement un ordre, par exemple de la tête aux pieds ou d'un plan général à un plan rapproché.
 
Dans son ouvrage Les textes, Jean-Michel Adam distingue trois parties dans la formation d'un texte descriptif [1]:
 
   1. l'opération d'ancrage (qui donne le thème),
   2. l'opération d'aspectualisation (qui opère un découpage en parties)
   3. la qualification. Cette dernière se base sur "être" (« la boutique était la plus importante du quartier »), sur "avoir" (« il y avait une étroite allée encombrée par les sacs de riz et de sel ») ou sur un verbe d'action (« l'enfant mange une pomme », « la montagne barre la vue »). Selon Adam, on pourrait ajouter dans la sous-catégorie "être" les "assimilations" (ou métaphores) : « le peuple blanc des villas semble endormi dans le soleil » (Maupassant), qui peut se transcrire en « les villas sont comme un peuple blanc qui est endormi au soleil ».
 
Viennent ensuite les caractéristiques du contenu d'un texte descriptif :
 
   1. les connotations : elles ont soit une fonction de redondance (le héros est heureux donc il y a une description positive ; le héros est malheureux donc la description est négative), soit une fonction d'anticipation (un paysage sinistre annonce un évènement négatif pour le héros et inversement);
   2. les plans de textes qui apportent des indications spatiales et temporelles :
 
        * les quatre saisons,
        * les cinq sens,
        * les plans spatiaux frontaux (de haut en bas),
        * les plans spatiaux latéraux (droite à gauche / gauche à droite),
        * les plans spatiaux fuyants (avant en arrière / arrière en avant).
<...>
 
Espérant t'avoir aidé.
 


---------------
Prospero
n°490
Hellesine
Posté le 25-04-2008 à 00:42:38  profilanswer
 

Merci pour cet exposé! C'est intéressant, sur le processus d'élaboration d'un texte...Et oui, dans ma tête Narcisse est beaucoup plus un texte descriptif, d'ambiance, qu'un récit.
 
Et merci aussi pour le conseil de lecture, Balzac est l'un des grands gouffres dans ma culture >.< Presque rien lu de lui, à part les habituels Eugénie Grandet et La peau de chagrin qu'on donne au collège. Shame on me.
 
(ps: Prospero, c'est un personnage de Shakespeare, c'est ça? Aucun rapport...)

n°492
Prospero
pauca sed matura
Posté le 30-04-2008 à 11:54:57  profilanswer
 

Hellesine a écrit :

Merci pour cet exposé! C'est intéressant, sur le processus d'élaboration d'un texte...Et oui, dans ma tête Narcisse est beaucoup plus un texte descriptif, d'ambiance, qu'un récit.
 
Et merci aussi pour le conseil de lecture, Balzac est l'un des grands gouffres dans ma culture >.< Presque rien lu de lui, à part les habituels Eugénie Grandet et La peau de chagrin qu'on donne au collège. Shame on me.
 
(ps: Prospero, c'est un personnage de Shakespeare, c'est ça? Aucun rapport...)


 
Oui Prospero est un personnage de "La Tempête" de Shakespeare que j'adore.


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Prospero
n°493
Blandine
SoleilNoir
Posté le 30-04-2008 à 18:30:58  profilanswer
 

Juste en passant : je sais que ce n'est pas très instructif comme remarque (dsl), mais j'ai beaucoup aimé ce texte et le sujet :)  
Bon Courage,
Blandine


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La sagesse, c'est d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit.  
n°494
Hellesine
Posté le 05-05-2008 à 14:08:37  profilanswer
 

Merci!  :)


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