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A la manière de .......

n°314
aristee
Posté le 19-05-2006 à 12:19:34  profilanswer
 


 
 
     Paul Reboux et Charles Muller ont écrit des «  A la manière de… » qui ont eu en leur temps un immense succés.
    Il n’est pas question d’imiter…. les inimitables, mais le jeu est amusant. Je vais m’y essayer.
 
     A la manière de Madame de Sévigné
 
     Lettre a sa fille, la comtesse de Grignan :
   
   Il faut que je vous conte, ma chère, une historiette qui je l‘espère vous divertira .
   Vous savez que le marquis de Cochelutte aime beaucoup avoir a ses cotés la comtesse de Roquebrune.... En particulier quand ils sont dans une alcove.
  Après un diner pris en commun, diner au cours duquel leur fut servi outre quelques autres bagatelles, un tendre chapon dont l’aile se détachait a la première sommation, une cote de cerf a l’armagnac et  une blanquette qui fleurait bon les herbes de Provence, Cochelutte et Roquebrune décidèrent de trouver une chambre pour se délasser.
   Ils la trouvèrent.
   Ils étaient dans l’activité frénétique du repos a deux, lorsque soudain, la porte s’ouvrit, et nos deux jouvençeaux, virent entrer le Roi suivi par Madame de Maintenon.
   Vous le pensez bien, nos deux amis, furent ponceaux de honte, cependant que Sa Majesté, un sourire aux lèvres leur dit
- «  Il semble que dans cette alcove, le Roi ne soit pas le Maitre des lieux. Je vous souhaite bien du plaisir »
-    Puis, toujours suivi par Madame de Maintenon, le roi sortit, a la recherche d’une autre alcove moins encombrée.
-    Voilà ma chère fille ce que je voulais ce jour vous conter et dont la cour se divertit fort.
-        Votre affectionnée……
 
 
A la manière de Jacques Prévert
 
 
 
    La montre
 
  Elle tourne la grande
  Et la petite aussi
  Petit a petit
  Elles tournent ensemble
  Et le soleil les suit
  Et la terre aussi
  Elles tournent les aiguilles
  Insensibles
  Elles cisaillent les secondes, les heures
  Elles cisaillent les jours de bonheur
  Et les mois de malheur.
  C’est par elles,
  Cruelles
   Que le vent du Temps
    Est haché dans le Présent,
    Et recollé dans le Passé
    En souvenirs.
    Ce sont elles
     Encore elles
     Qui créent l’avenir
   Comme elle ont tué
   Le Passé
   Comme elles ont brisé le Présent
   Le Présent qui est passé
   Comme l’avenir qui passe  
    A présent
    Montre, O monstre,
    Raconte
    Tes méfaits
     Je te hais
      Tu as tué ma pureté
     Tu as tué ma Passion
     Tu as tué mes illusions,
     Et tu t’en fous….
     Elles s’en foutent les aiguilles
     Elles tournent
     Comme l’ane autour du puits arabe,
      Comme la Terre autour du Soleil,
      Comme la lune autour de la terre
      Comme le Politicien a tous les vents
     Elles tournent
   D’un mouvement bète
    Pas de fète
    Pas de bon temps
    Elles tournent
    Uniformément
    Aveuglément
     Bétement
     Lentement et rapidement
     Elles tournent…
    Hé bien allez y tournez !
    Cassez tout, gachez tout
     Foutez vous de tout
     De nous
     Et puis, moi aussi, je m’en fous.  
   
     
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
     A la manière de Chateaubriand
 
  Le disque rougeoyant de l’astre de la nuit
  Monte dans l’indigo du ciel semé d’étoiles,
  Le poéte a senti son implacable ennui
   Se couvrir lentement d’un impalpable voile
 
  Les airs sont sillonnés de formes fantastiques
  L’aigle et l’orglano blanc, poussés par le zéphir
  Formes indistinctes, Ombres fantomatiques
  S’enfuient silencieux muant en souvenir
 
        ……Et de Pierre Loti
 
 
  Ouopatou mon amie, grimace a mes cotés
  Elle traque ses puces et les croque gourmande
  Mon Dieu, qu’elle est jolie, féminine beauté
  C’est mon profond amour, que son regard quémande
 
   Cette nuit nous ferons tout deux un bel enfant
   Une fille Homme-Singe qui aura de sa mère
   La beauté absolue aux canons triomphants
   Et tout l’esprit puissant de son modeste père


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