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Humour-SF. Coup de chance dans l'hyperbole.

n°73
talbazar
solve et coagula
Posté le 01-01-2006 à 16:45:38  profilanswer
 

Une vrai bêtise écrite il y a fort longtemps, uniquement dans le but d'obliger Ink à créer une sous-catégorie "humour" à la sous-catégorie SF ! :bounce:  
 
 
Coup de chance dans l'hyperbole.
 
Nota :
Le réglage du limiteur doit-être effectuer véhicule au sol. Le réservoir plein avec une personne à bord.
Engager la tulipe de l'arbre de transmission dans le bol-fusée.
Basculer les portes-fusée, tout en dégageant les transmissions de planétaires.
Faire pression à la main sur les chemises pour assurer une bonne portée sur les joints.
 
L'expert automobile (extraits) 1981- manuel pratique de technique automobile R5 TL (R1220) R5 (1222) de 1972 à 1980.
 
 Emeline Dekocq réajusta sur ses reins sa jupette thermo-cernante en rafia-biotech et actionna sur la console de sa table de chevet une série de commandes. Aussitôt la moquette autogire se dilata et la transporta sans effort vers le salon hygiénique de son cube-viviable. Elle jeta un oeil par-dessus son épaule (rien n'interdit d'essayer), en poussant un soupir d'agacement, constatant que  basile, son mari, dormait encore comme un bienheureux.
  Après sa toilette effectuée sans bouger grâce à sa poire hygiénique autonome, elle réveilla basile en lui injectant 300 gr d'acide lysenergétique soluble. L'effet fut rapide et sans prendre le temps de bailler, basile, propre et habillé, se retrouva trois minutes plus tard aux commandes de son véhicule. Assise à ses côtés, emeline consultait les registres. Le couple travaillait pour un éditeur de journaux gratuits et se trouvait mandaté pour vendre des encarts publicitaires aux colonies martiennes. Ils se garèrent auprès des buildings en verre des D.A.C.H.E (divisions autorisées à circuler en hauteur et dans l'espace).
-Bienvenue à D.A.C.H.E, fit le rob de l'entrée, après avoir contrôlé leurs fiches signalétiques dans son inter-pass.
-Va te faire sucer, vieille carne ! répondit basile en tirant une langue chargée à l'œil unique du robot.
- Ne sois pas si vulgaire ! le réprimanda emeline, tirant son compagnon par la manche.
- Ca me détend et puis l’injure à robot n’est pas encore interdite, que je sache ! ajouta basile pour toute réponse. Il s’éloigna comme à regret du rob de service devenu subitement muet.
 Dans la cabine exiguë de l’ascenseur hélicoïdal, emeline sortit deux petites pilules brunes de sa ceinture.
- Tu veux une caféine ? demanda-t-elle.
- Je préférerais un vrai crème, dit basile, gobant le cachet au goût âcre.
- Mon pauvre vieux, tu boiras du café quand t’en auras les moyens, ajouta emeline avant de rentrer dans le hall de l’astroport.  
 Ils se rendirent aux vestiaires en pressant le pas, car ils s’accusaient mutuellement du retard harnachèrent  en vitesse leurs combinaisons vert-fluo.
- J’ai maigri ! fit basile, déployant des efforts démesurés pour ajuster les boutons pression de son recycleur.
- Tu n’as qu’à boire de la bière... Et dépêche toi un peu, on n’a pas que ça à faire... Pora !répondit-elle encore à travers l’interphone de son casque.
 Ils s’installèrent aux commandes de leur navette, propriété de la maison d’édition dont le logotype égayait sans discrétion les flancs rebondis de l’astronef. Derrière les hublots du cockpit, un technicien attardait son regard sur les rondeurs généreuses d’emeline, puis il battit en retraite en signalant d’un geste au couple qu’il était prêt à décoller. Basile prit une profonde inspiration pour se relaxer, pendant qu’emeline donnait un coup mouchoir en papier sur son casque afin d’y voir plus clair.
- On y va les mecs ! Vy gotovy ? Couina en russe une voix dans les écouteurs stéréophoniques du cockpit.
- C’est toi Strogoff ? interrogea  basile dans son micro;
- Ya hurra ! répondit Strogoff, on y va ... Desiat...Siemi...Tri...Dva...Noul Noul ziben ! Ciao !
 Il appuya sur un bouton rouge situé devant lui, libérant bruyamment la fusée du sol.
- Tiens, dit basile, je jouerai le compte à rebours au loto, un de ces quatre !
- T’as vraiment du fric à perdre, basile ! fit emeline en contrôlant le niveau des aliateurs nébulants.
- Je fais ce que je veux de ma paye, fit basile, réglant de son coté la longitude des sièges épiscopos, pour corriger la hauteur par les ressorts de compensation.
- On y voit rien là-dedans ! ragea emeline en cognat sur le tachymètre à intensité réglable par rhéostat et coup de poing.
- Fais gaffe au solénoïde ! dit basile en montrant le tableau de bord du doigt.
- Je sais ce que je fais ! T’as ramené le pulseur d’air frais sur la culturelle 5 ? murmura emeline.
- Paré ! fit basile en regardant la terre s’éloigner d’eux à grande vitesse. Il se passa nerveusement la main sur le crâne : ses cheveux poussaient. La terre ! jamais il n’avait réalisé à quel point il était rassurant de sentir quelque chose d’aussi mou sous les pieds. Il fit un petit signe en direction d’emeline :  
- Regarde comme la terre est petite !
- Ca me rappelle quelque-chose, fit emeline en observant sournoisement basile en dessous de la ceinture. Celui-ci dardait puissamment son regard de lynx sur la rotondité des compteurs gradués :
- Consommation : 55 tonnes d’hydrobenzédrine de maïs par seconde ! maugréa basile en frappant l’accoudoir de son siège en caoutchouc mousse, il faudra que je fasse vérifier les buses d’injection fluviatiles en arrivant sur mars, ça me donne une vitesse d’expansion du jet de 2250 mètres par seconde, la vache !!!
-T’emmèneras la fusée au lavage, tant que tu y es. Bon G=0, on peux se dessangler, dit emeline en s’agrippant à la main courante pour éviter à tout prix d’embrasser basile en se relevant.
 Le disque pilote se chargeait à présent de la manœuvre et basile en profita pour déboucler lui aussi ses bretelles. Sur l’écran du moniteur qui les reliait à la terre, une jolie standardiste des  D.A.C.H.E se limait les ongles. Basile inspecta la cervelle-matrice, les béquilles gériatroscopiques, les turbulines gonflantes, les strangulateurs, les nasomètres et surtout les dégénérateurs d’atmosphère. La routine. La fusée pointée vers le ciel tenait bon.
- Ca pue là-dedans ! fit emeline en le regardant faire.
- C’est l’hydrobenzédrine, on n’y peut pas grand-chose... Mais l’absence de pesanteur sur la circulation sanguine peut provoquer une sensation d’écœurement ...
- C’est toi qui m’écœures, basile, le coupa emeline en plantant sur lui un drôle de regard soupçonneux.
- Qu’est ce que tu veux dire ?
- Tu crois que je ne t’ai pas vu avec cette blondasse, l’autre jour, à l’astroport ?
- Tu te trompes, emeline !se défendit basile qui dévissait son casque pour changer de tenue.
- C’est toi qui me trompe,  renchérit emeline, plissant les yeux sous l’éblouissante lumière solaire qui pénétrait par les glaces polnordisantes, une luminosité étonnement cuite. D’ailleurs, le matin, à huit heures, on tirait les rideaux à fleurs sur les hublots, mais le soir, à sept heures, on les refermait pour se donner l’illusion d’un rythme de blues terrien.
- Tu fais erreur sur le compte de cette fille, emeline, elle travaille au laboratoire et me demandait juste mes derniers résultat éthylotest, répondit basile en évitant de regarder la terre qui diminuait à vue d’œil.
- Comment s’appelle-t’elle ? demanda emeline, crispée.
- Anastasia.
- Que font ses parents ?
- Son père est girouetteur dans le sud, sa mère est morte il y a cinq ans.
- Quelle âge a-t’elle ?
- 25 ans dans deux mois. Le treize.
- Je ne te fais pas confiance, tu te fiches de moi, feula emeline en écrasant son nez au hublot, placé de telle sorte que de l’intérieur, on ne voyait que l’extérieur.
- En tout cas, elle ne fait pas son âge, ajouta basile, en replaçant la photo d’Anastasia dans son portefeuille. Il rétrograda le convertisseur de couple hydrocinétique (rapport 3/5).
- Je vais me coucher, ajouta emeline, avant de traverser le sas d’accès aux couchettes.
 Au 73 ème jour, la terre ne fut plus en vue. Glissant sur sa trajectoire hyperchanceuse, la fusée s’intégra au système solaire et sa vitesse glandulaire devint inférieure à celle de la terre. La nuit artificieuse  des cabines de repos englobait le couple depuis deux « jours » et ce dernier se réveilla au moment où la terre et la lune traversaient par la gauche, d’une manière autorisée, le disque de stationnement solaire. L’éclipse fut le dernier signe d’adieu de la planète bleue. Au 96 ème jour, basile sortit les correcteurs d’assiette de leur armoire bretonne et prit son déjeuner dans le silence cosmique : l’incroyable silence du vide que rien ne peut décrire, ce qui m’arrange bien, seulement rompu par les mastications laborieuses de basile. Emeline brassait l’air pour éviter les miettes en suspension qui l’entouraient.
-Tu pourrais faire attention quand tu manges, tu en colles partout ! gronda emeline en effectuant un gracieux mouvement de crawl.
- Ecoute emeline, nous avons 56 millions de kilomètres à faire ensemble, j’aimerai que tu fasses un effort pour continuer à être agréable.
-Tu as du culot ! ajouta emeline. D’abord tu me trompes, ensuite tu discutes avec rico Lewis pour me saper ma promotion d’escadre !
- J’ai simplement estimé que tu manquais de maturité pour mathématiser les probabilité de collision.  
- Ca t’embêterai surtout que je gagne plus que toi ! siffla emeline en jetant un clin d’oeil à Lewis qui les regardait par l’écran du moniteur auto-scolaire.
- Allô ! ici Lewis, vous n’allez pas vous engueuler, les petits loups, on a encore de la route à faire ! dit calmement Lewis d’une voix grésillante. Terminé, à vous !
- Bien reçu. Quand tu arrêteras de jouer les faux-culs, Lewis, on connaîtra le nombre des étoiles ! terminé. A vous ! répondit basile.
- De toute façon, je prend mes vacances toute seule cette année. J’irai peut-être sur vénus, rajouta emeline à l’adresse de basile qui se mettait à trier distraitement des disquettes informantes.
  La vitesse de l’astronef augmenta de jour en jour et au 204 ème jour, le couple commença à déceler la proximité de mars. L’hyperchance de raccordement se situerait à 10.000 mètres au-dessus du monde lointain. A 2900 mètres du point de raccord, il faudrait appuyer fortement sur les freins pour se placer à l’extrême gauche sur un cercle révolutionnaire, avant d’entamer le débarquement sur la planète rouge.
- Je descend à la cave pour faire basculer les ressorts de maintient de la petite collerette et boire un coup de 12°, informa basile en empruntant l’escalier en pierre de taille qui menait au niveau inférieur.
- J’ai toujours été réfractaire à ton sens de l’humour, dit emeline, mais quand tu remonteras, éteint la lumière !
  Elle attaqua ensuite une série de pompes pour se dégourdir, mais s’arrêta soudain en réfléchissant que les ressorts de maintien de la petite collerette basculaient automatiquement, et que l’opération venait de s’effectuer une demi-heure auparavant. Soupçonneuse, elle descendit à son tour les quatres marches et poussa le rideau flexible de la soute. Bsile, penché sur une petite table amovible, se roulait tranquillement un joint.
- J’en étais sûre ! tu sais bien que c’est interdit ! tu veux nous faire incendier, basile !
- Ca nous changera des salades congelées, répondit basile en éclatant de rire.
- En tout cas, je ne veux sentir aucune fumée là-haut, compris ?
 Emeline se retourna pour remonter les marches. Basile la trouva sexy. A 6 heures de l’hyperchance de raccordement, il restait 55.000 kilomètres avant mars et la vitesse de la fusée approchait 3 kilomètres/seconde. Basile remonta en respirant à fond. Puis la voix de Lewis grésilla dans le bas-parleur mural. Son visage s’encadra dans le moniteur. Il portait un pull-over neuf joliment torsadé, en laine mohair d’un très beau rouge, avec un col en V et de charmant ajouts de laine plus claire sur les manches au niveau des poignets. L’agréable chandail semblait tout à fait adapté à la taille de son propriétaire et visiblement tricoté par la mère de ce dernier, laquelle n’avait sans doute que ça à faire.  
- Bon, allô ! Ya hurra ! on y est : distance du centre commercial de mars : 13750 kilomètres. Bouclez vos ceintures, je commence le décompte. Noul... Dva... Tri... Sieni... Desiat... Terminé ! indiqua Lawis en arrachant son pull.
 L’énorme globe de mars aveugla soudain les hublots de la navette. Basile déploya les ailes fines de l’appareil. Ce fut sa seule intervention car le disque pilote se chargeait du reste. La décélération commença à se faire sentir, ils se bouchèrent le nez. La vitesse retomba avec un bruit mat de 5,15 kilomètres à 2,0 kilomètres par seconde. La fusée pénétra, oh oui, ho oui, ho ouiiii dans le ciel de mars, puis elle se mit à accélérer brutalement à une vitesse folle et à ralentir tout aussi subitement ;  
puis elle se mit à accélérer brutalement à une vitesse folle et à ralentir tout aussi subitement ; puis elle se mit à accélérer brutalement à une vitesse folle et à ralentir tout aussi subitement.
- Le disque pilote est rayé ! hurla basile comme une tuyère, le pouce dressé sur la manette des gaz.
- Saleté de caisse ! fit emeline en tapant du pied dans l’ordinateur le plus proche d’elle, ce qui désenraya le disque.
 Ils purent finalement amarssirent sans d’autre incident. Le danger n° 1 les attendait : un mauvais chiffre d’affaire. Basile fut le premier à fouler le sable vert rouge violacé, tantôt foncé, tantôt clair, tantôt sombre, lumineux et ici très obscur. A l’horizon, ni forêt, ni fleuve, ni bistrots, mais seulement les bâtiments austères de la zone industrielle dans laquelle ils allaient devoir vendre leurs encarts publicitaires. Soudain, derrière lui, basile entendit la porte de l’astronef se refermer sèchement et la voix d’emeline bourdonna dans ses oreilles. Sous son casque, basile sentit la sueur, ce qui n’était pas nouveau, lui perler comme les flots torrentiels d’un grand fleuve indiscipliné, tout chargé des pluies tropicales saisonnières, aux eaux rapides, tumultueuses, sauvages et toute rougies d’une boue tournoyante et carmine, sur le  front.
- Je voulais te dire, basile, pendant que tu dormais, Lewis m’a proposé d’examiner son offre promotionnelle plus en détail... Enfin, disons chez lui, si tu vois ce que je veux dire ! alors je pars pour vénus, il habite là-bas. J’y vais maintenant car la route est longue. Tâche de faire du bon boulot. Salut basile !
 Elle enclencha les suce-tentateurs...
- Saloperie de saloperie ! fit basile qui venait de se prendre les pieds dans un câble qui traînait. Vozvrachaïous  domoï !
 A 3 kilomètres/seconde, emeline se cala dans son fauteuil ikeaergoéconomique en s’écoutant un disque de hard-rock. Puis elle glissa avec ravissement dans un profond sommeil entourée de l’atmosphère stérile de l’habitacle.
 
 :sarcastic:  
 
 
 
 
 


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n°74
Ink
Répondeur
Posté le 03-01-2006 à 20:27:32  profilanswer
 

Justement, je suis en train de refondre.
 
Tu m'embêtes là avec ton "Humour-SF"  ;)


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n°113
talbazar
solve et coagula
Posté le 03-01-2006 à 21:37:43  profilanswer
 

non, mais pourquoi pas une rubrique humour tout court ?


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