Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

les jardins

n°365
uriak
Posté le 18-11-2006 à 17:01:23  profilanswer
 

l amenait avec lui l'odeur de la chair brûlée et des gaz de combat. L'espace d'un instant, l'entrée du cercle intérieur fut envahie d'une clameur féroce, accompagnée de râles et suppliques. Lui titubait entre les colonnes autrefois splendides de ce hall. Presque aussi vite qu'elle était venue, l'intrusion cessa. Les portes du seuil furent refermées derrière les cadavres jetés à la hâte. Le cercle pouvait à nouveau goûter à la tranquillité, indifférent au massacre qui se déroulait à sa périphérie.
 
Il leva une visière noircie et désormais inutile. On l'avait oublié dans la confusion. La garde ne se préoccupait plus que de sa propre survie, et partout résonnait le bruit des bottes affolées. Passant devant une galerie encore intacte, il entraperçut son reflet. Les flammes avait noirci son attirail et uniforme, ne laissant pour signe distinctif que le bandeau rouge qui ornait son bras. Quelqu'un d'approchant aurait trouvé au milieu de son visage deux yeux emplis de rage et d'horreur derrière une joie féroce, car il venait d'atteindre le cercle intérieur.
 
Le sommet de la ruche différait, disait-on, totalement de la mégalopole. Les casernes n'étaient qu'un faible éclat du pouvoir de l'Omniscient. Il allait voir ces lieux interdits depuis toujours aux gens de son espèce. La mort omniprésente lui devait bien ça, elle qui ne voulait pas poser ses griffes sur l'archi-tyran. Le sang à demi consumé se détachait de son armure, souillant le sol du niveau préfectoral. Il poussa un gloussement à l'idée de ternir cette beauté factice. L'esthétique voulue par l'Omniscient ne servait que son écoeurante propagande.
 
La garde blanche n'avait pas pu faire illusion face à ces hommes animés d'une révolte absolue. Les soldats en armure d'apparat avaient roulé au sol, découvrant la saleté et la douleur quotidiennes de la cité. Ils avaient ri, ce jour là, en essayant leurs propres armes sur les agents de la hiérarchie. Les feux de benzène avaient illuminé les puits, annonciateurs de la mort à venir. Celle des Transcendants, terrés dans leurs demeures des niveaux supérieurs. Le coeur de la ruche se révoltait ! Depuis longtemps l'armée de l'omniscient n'avait pas servi, elle n'était plus qu'un bel instrument.
 
Il n'avait encore jamais vu d'escalier en marbre synthétique. Les strates industrielles de la ruche se contentaient de simples accès métalliques. Imperceptiblement, il pressa le pas, stimulé à l'idée de violer ces lieux surprotégés. Ici régnait un profond silence, pesant comme les imposants piliers qui traversaient la voûte. Indifférente aux changement d'apparence, la cité continuait son ascension . Cependant, à la vue des verrières bleutées qui perçaient le toit de la préfecture, il comprit qu'il allait quitter le monde qu'il connaissait.
 
Les émeutes s'étaient ensuivies de coupures de courant. Pire, on avait muré les bouches de ventilation qui pouvaient servir de passages pour les révoltés. Les gaz et la fumée des centres de production avaient par endroit emplis les couloirs de nappes brunâtres, un spectacle tristement banal. Les inférieurs menaient leur vie sans s'en soucier, enveloppés d'étoffes huilées et coiffés de leur respirateurs rudimentaires. Selon la strate, on allait des arcs grésillants aux plus modernes photodiodes pour s'éclairer. Sombres coursives ou avenues brillamment illuminées, la ruche tentait d'oublier sa nuit éternelle.
 
La porte explosa avec l'imprudent qui avait voulu s'interposer. Un souffle puissant se fit entendre, différent de tout ce qu'il avait pu connaître. Il laissa derrière lui le corps agité de spasmes morbides pour découvrir ce qui l'attendait.
 
Un air trop froid et pur vint brûler ses poumons. Il paniqua un bref instant, blotti contre le mur qu'il venait de quitter. Il n'y avait rien, pas de parois, pas de niches, pas de passerelles, ni de rivière canalisée. Le sol se prolongeait en une longue esplanade blanche qui finissait au loin. Il lutta contre la panique, respirant à pleines gorgées cet air inconnu. L'espace sans entrave ne devait pas le clouer au sol, même s'il désirait revenir en arrière. En franchissant ce seuil, après avoir tant tué, il ne pouvait plus être un insecte. Plus jamais ramper des kilomètres sous la demeure de l'Omniscient.
 
Le vent et le soleil. Non pas des légendes aux yeux des sous classes, même si des décennies de dictature tentaient d'en effacer le souvenir. Mais des notions plus abstraites que les halls à lumière et les puits de ventilation. Il esquissa un léger sourire, sans haine ni férocité.
 
Le palais se dressait orgueilleusement devant lui, dans ce ciel qu'il découvrait enfin. Aussi éloigné qu'il le pouvait du reste de la ruche. Il se mit à courir vers ces tours froides et lumineuses qui le narguaient. Elles se moquaient de sa crasse, de son odeur d'ouvrier et d'illégitime. Elles venaient rappeler que même le sang de la garde préfectorale n'avait aucune importance aux yeux de l'Omniscient. L'absence de tout soldat ou toute défense sur la terrasse montrait à quel point sa présence était incongrue. Le cercle intérieur ne connaissait aucune violence, il se contentait de la repousser hors de sa vue.
 
« Au palais ! » Le cri était monté par vagues successives dans les rangs des insurgés. Détruire, brûler, prendre tout ce à quoi ils ne goûteraient jamais. Les boyaux commerçants n'étaient plus que déserts, vidés de leurs habitants craintifs ou révoltés. Les lance-flammes improvisés avaient entamé un ballet infernal et les cris d'horreur de la milice n'avaient fait qu'exciter davantage leur envie de détruire le Tyran. A présent, il courait à en perdre haleine vers sa demeure et chaque pas le décourageait un peu plus. Le regardaient-ils derrière ces vitres miroitantes ? Il n'était qu'un minuscule point noir avançant sur la grande allée blanche, plus amusant qu'effrayant.
 
Une simple balle phosphorée pouvait mettre fin à tout ceci en un éclair. Il exploserait en pleine course et le vent emporterait enfin ses restes hors des griffes de l'Omniscient. Il ne servirait pas d'engrais aux cultures internes, ni de base aux compléments alimentaires. Il suffirait d'un tireur pour que l'incendie s'éteigne enfin. Mais rien ne venait. Les tours grandissaient au fil de ses pas et lui murmuraient en coeur ce message : « Tu n'entreras pas. »
 
Les barrages montés à la hâte n'avaient fait que ralentir la horde. Progressant dans les coursives qu'elle connaissait bien mieux que ses dirigeants, la plèbe avait pu prendre les forces de sécurité à revers, laissant derrière elles des cadavres démembrés avec une fureur sauvage. Ce bouillonnement était sans doute annonciateur du destin de la révolte. Pour eux et pour lui-même, cela ne pouvait pas en finir si simplement : il venait de franchir la colonnade qui marquait l'entrée du palais.
 
Le soleil, si c'était bien là son nom, se reflétait dans des visières. Celles d'une paire d'imposants gardes qui le dévisagèrent sans un mot. Le vent agitait doucement leurs grandes capes ornées du symbole honni. Ils devaient savoir pour la révolte mais sa présence à lui n'était pas prévue. Il ne prit pas réellement le temps de déchiffrer l'expression de ces prétoriens, si tant est qu'ils aient pu en avoir une. Leurs casques surmontés d'une imposante crête se tournèrent l'un vers l'autre avec une tranquillité qui le mit hors de lui. Plus question d'être un insecte ni un esclave, il laissa son déchireur les submerger de métal incandescent.
 
« Intrus! » L'averse infernale ne dérangeait pas ces gardes d'élite. Brusquement, sa rage se mua en terreur abjecte. Ils avancèrent sans se presser, conscients de leur invulnérabilité et savourant à l'avance la capture de l'impudent. Désemparé, il courut une dernière fois et se précipita dans le vide sous le regard méprisant des sentinelles.

n°366
uriak
Posté le 18-11-2006 à 17:01:45  profilanswer
 

Suspendu comme un fruit trop mûr, il ne songeait pas à son corps meurtri par la chute, absorbé qu'il l'était dans la découverte d'un lieu inconnu. Sous la grande passerelle d'accès se déployait une autre partie du palais à l'apparence déconcertante. Y foisonnaient des structures étranges, proches des éclosions fongiques qui envahissaient régulièrement les strates abandonnées. Mais celles-ci étaient à l'image de la demeure du Tyran, vivaces, colorées et manifestement réservées aux plus chanceux. Une de ces masses végétales l'avait préservé, l'accueillant dans ses ramifications épaisses et odorantes. Comme personne n'était en vue, il se laissa glisser silencieusement de son abri improvisé.
 
Le vent produisait des sons nouveaux au contact de ces végétaux . Il les trouva apaisants et rassurants à l'opposé du souffle âpre et vivifiant du sommet. Les plus petits spécimens étouffèrent le bruit de ses premier pas. Il en arracha quelques brins, humant ces pousses inconnues. L'odeur ne vous en prenait pas la gorge comme pouvaient le faire les mycéliums aériens, véritables filtres à particules nocives.
 
Malgré toutes ses tentatives, la ruche n'était pas parvenue à réguler totalement sa vie interne. Elle surgissait là où l'on ne l'attendait plus, toujours à l'affût de l'abandon d'un quartier, ou d'une manne soudaine. Les règles préfectorale poussaient le peuple à lutter contre ces concurrents indésirables. Floraisons incontrôlées comme lentes invasions devait toutes finir sous les flammes des purgateurs.
 
Mais celles-ci n'étaient pas malvenues, mieux, on s'occupait d'elles avec soin. Le temps s'écoulait sans qu'il ne s'en rende compte et ses pas l'avaient peu à peu mené dans un dédale de verdure. Terrasses et précipices étaient savamment masqués par les massifs afin d'offrir répit et protection à cet endroit extérieur à la ruche. Il avait redécouvert des sens oubliés, atrophiés par les gaz puants et corrosifs. Ces plantes ne s'effilochaient pas sous la main comme les toiles indésirables du sous-sol. Le sol était différent, lui aussi. Souple et humide, il n'en connaissait pas de pareil. Et pourtant, le moindre bruit suspect lui rappelait la lourde présence du déchireur sur son dos, celui d'un intrus devenu à son tour l'indésirable.
 
Parfois, une injustice flagrante donnait lieu à une sorte de battue à l'officiel. La garde blanche n'intervenait pas, car tous savaient qu'il fallait laisser la colère du peuple s'échapper par bouffées régulières. Malheur à ceux qui représentaient l'oppression sous une forme ou une autre car leur présence signait leur mort. Et une fois la fièvre tombée, la contestation ne se hasardait plus dans les artères. Mais pas cette fois.
 
Combien de temps s'était-il écoulé? Une caverne végétale lui avait offert son ombre protectrice le temps d'une sieste. La discrétion faisait partie de la panoplie de survie dans les gouffres industriels. Tôt ou tard, il fallait échapper à quelqu'un. Il nota qu'ici aussi la lumière suivait un cycle, mais visiblement bien plus prononcé. Les racines du palais étaient emplies d'une lueur pâle et bleutée, émaillée d'une myriade de sons inconnus. Il ne trouva pas trace de l'activité usuelle de la ruche. L'extérieur semblait n'avoir besoin que de lui-même. Un profond sentiment de liberté s'empara peu à peu de lui.
 
Un bruit connu attira son attention. De l'eau! Elle s'écoulait dans une cuve peu profonde, taillée dans des matériaux nobles. Mais pour l'oeil averti d'un habitant de la ruche, elle était bien plus que ça. On n'en trouvait de telles quantités que dans l'enceinte des refroidisseurs. Il avait vu ces étendues noires et clapotantes où dansaient les reflets des veilleuses. Avant sa venue, il n'aurait jamais songé qu'elle puisse être belle.
 
Il se retourna brusquement pour faire face à celui qui l'observait. Ce serviteur avait les traits figés par la peur et n'esquissa pas un geste. Ses mains se crispèrent sur son fusil sans qu'il en fasse usage. Il s'adressa à l'inconnu avec rudesse :
 
« Quel est cet endroit? Parle!
― Ce sont les jardins. Les jardins de l'Omniscient.
― Je ne suis jamais venu. Disparais!
― Comme il vous plaira. »
 
Il le laissa faire quelques pas à reculons, les yeux fixés dans les siens. Son visage méprisant lui ôta ses derniers doutes, ceux d'un tueur adouci par ces fameux « jardins » . Il le rattrapa en quelques foulées puis lui enfonça le canon du déchireur dans le ventre. La détonation étouffée couvrit son gémissement de douleur. Une fosse conviendrait parfaitement ; la dépouille sur les épaules, il se dirigea vers un de ces puits pour s'en débarrasser. La végétation remua à peine, engloutissant le corps sans demander son reste.
 
Son visage apparaissait à peine à la surface de l'eau. Bien que poussé par une curiosité féroce, il renonça à découvrir ses traits dispersés et mouvants. Il n'était qu'une masse sombre, privée d'identité. Il reprit son chemin sans idée précise, sinon l'envie de mettre un terme à tout ceci.

n°367
uriak
Posté le 18-11-2006 à 17:02:05  profilanswer
 

Un air de musique l'avait attiré jusqu'à cette place entourée de plantes. Il s'approcha lentement pour en observer les occupants. Deux femmes fort belles, qui parlaient et riaient, inconscientes de sa présence. Elles n'avaient pas recouvert leur corps d'épaisses couches de tissu ou de plastique, inutiles dans le cercle intérieur. La lueur orangée des lampes lui montrait encore une de ces beautés jalousement gardées par le Tyran. Il surgit de l'ombre et se dressa devant elles. Il voulait exister à leurs yeux, dire « Je suis là! » . L'espace d'un instant, tout se figea.
 
Les deux filles réagirent à l'opposé l'une de l'autre. La première sembla s'effondrer sous l'emprise la peur, tandis que l'autre se précipitait dans les allées végétales. Il s'élança à sa suite comme d'un prédateur excité par sa fuite. Ce bref sentiment de puissance lui donnait des frissons tandis qu'il franchissait sans hésiter les massifs qui faisaient hésiter la fugitive. Il fut sur le point de la rattraper quand deux hommes surgirent. Elle leur cria de donner l'alerte, de la sauver, d'agir. Mais il était un rebelle qui n'avait du sa survie qu'à ses réflexes. Le déchireur hulula le temps de démembrer l'infortunée paire. Et geste inattendu de sa part, il tendit une main presque fraternelle à la malheureuse couverte de sang. Lorsqu'elle s'en empara, il annonça d'un ton laconique : « C'est toi qui les a tués » .
 
Ils retrouvèrent sa compagne dans l'état où ils l'avaient laissée. Cette apparition hideuse l'avait fait plonger dans un état privé de volonté. Comme il la prenait elle aussi par la main, il hésita en scrutant son regard. C'était la marque d'une sincère innocence comme seul le cercle intérieur pouvait en préserver. Elle ne le méprisait pas, ni n'avait jamais pu songer à lui. Elle ne le voyait ni en inférieur ni insecte. Pour elle la ruche n'existait pas avant ce jour, venir ainsi la trouver dans son jardin était tout simplement au delà de sa conscience.
 
« Emmenez-moi au sommet. » Il la tira à sa suite pendant l'autre jeune femme lui ouvrait la route. Le sang sur son visage cédait peu à peu la place aux larmes, mais une force inconnue se dégageait d'elle. Plutôt que de songer à l'épilogue qui venait, il retourna dans son esprit les dernières heures de la révolte.
 
Un dépôt avait du être pillé, car à présent des tirs de toutes sortes surgissaient des grandes artères du sommet. Les anciens esclaves voyaient venir le moment où les indécis comprendraient vers quel camp se tourner. Au fil des affrontements, les forces du Tyran avaient perdu leur réputation. Il avait alors récupéré le déchireur si souvent employé contre les siens. Presque religieusement, il l'avait entouré d'étoffe noire et de bandelettes de néoprène. Puis il avait pris part à l'assaut contre la préfecture.
 
Et soudain la rumeur avait surgi, filant comme un feu d'hydrocarbure. La garde Oméga arrivait pour protéger la préfecture. La peur aurait pu les saisir, mais non, les consciences se réjouirent de cette marque d'intérêt. L'Omniscient savait, le Tyran craignait pour lui-même, et eux avaient pu en être la cause. D'ors et déjà la lutte entrait dans une toute autre dimension.
 
Il ne regardait plus son guide, les yeux rivés sur le sol du jardin. Aurait-elle parlé qu'il ne l'aurait pas entendue. C'est à son immobilité qu'il comprit qu'il était arrivé. Au pied des murs lumineux du palais se tenait une petite assemblée qui les observa, muette de stupeur. Mais lui ne voyait déjà plus leurs visages.
 
Les armures noires de la garde Oméga avaient surgi soudainement dans la fumée des incendies. Et le massacre avait pu s'inviter. Ce dont il se souvenait dans l'attente du dernier assaut, c'étaient ces hommes aux entrailles liquéfiées par les armes infrasoniques. Des autres, qui s'était lancés dans une charge désespérée juste pour se voir mourir dans les spasmes des gaz innervants. Il avait compris alors que la garde ne se contenterait pas d'un massacre. Elle le ferait en préservant la ruche elle-même, puis irait en imprimer le souvenir dans leur familles.
 
Il laissa les deux filles se réfugier auprès des autres afin de demeurer seul. Devant lui se tenaient des serviteurs et des nantis, attablés sur une terrasse doucement éclairée. Quand il braqua son arme vers eux, une seule personne, une femme, osa prendre la parole. Une courtisane de haut rang, plus proche de l'Omniscient que tout être qu'il avait pu rencontrer.
 
« Pourquoi? »
 
Pourquoi les légions victorieuses iraient plonger dans les profondeur de la ruche pour y mener les représailles? Pourquoi des familles entières verraient leurs centres émotifs inhibés par laser, les transformants en citoyens peu productifs mais dénués d'identité? On implanterait aux proches des révoltés des marqueurs génétiques, afin que tous leurs descendants soient identifiés dans les temps à venir. Et pour les plus engagés, la soumission publique et consciente avant recyclage. Peut être que dans ce cas, le Tyran choisirait de disperser les habitants de toute la strate d'origine.
 
Elle avait des yeux vert clair, échos du jardin. Et dans ceux-ci aussi, il retrouva l'innocence injuste du sommet. Elle ne savait pas, préservée comme tous les autres. Mais elle avait compris en le voyant. Retenant ses propres larmes, il répondit sans colère.
 
« Parce qu'on peut lui faire mal. »
 
 
--  
 
Il se réveilla, entravé dans une pièce inconnue. Deux hommes au visage masqué le redressèrent afin de lui faire regarder un écran. Sur celui-ci se trouvait un homme aux traits impassibles qui l'examina de ses pupilles fluorescentes.
 
« Vous vivez pour l'omniscient. Sur son ordre, nous vous avons retiré tous vos implants respiratoires et filtres. Il vous est donné un unique choix : rester ici, ou retourner dans la ruche. Dans ce dernier cas, nous vous redonnerons votre arme et vous serez réimplanté chez vous. Vous ferez alors ce que vous voudrez des derniers jours de votre existence.
― Après ce que j'ai...
― Le passé n'existe pas pour l'omniscient et il vous a déjà oublié. Si vous restez, vous serez assigné à la charge de ce jardin. Un nouvel arbre se nourrit de ceux que vous avez tués ce soir-là et ce sera vous qui vous en occuperez. Bien entendu, vous ne quitterez jamais le cercle intérieur. Je vous laisse un cycle pour décider. »

n°380
Eridan
Mage noir
Posté le 15-12-2006 à 17:20:20  profilanswer
 

L'histoire commençait bien, j'étais dedans dès la première page, tu sais très bien le faire. Le monde est intéressant avec une avancée entre "action" et "retour et arrière" de bon aloi pour ce type de nouvelle SF.
Malheureusement, j'en suis sorti dès que le héro a ouvert la porte de l'extérieur. Je n'ai pas du tout compris la description de l'environnement du château. Je te dirai exactement ce que moi j'ai lu au fur et à mesure. Comme il y a pas mal de choses à expliquer, je te renverrai ton texte annoté, ce sera plus simple.
Par la suite, c'est le rythme qui m'a empêché de replonger dans l'histoire  : les parties "action" où l'on suit le héro manquent de dynamisme. Tu utilises notamment beaucoup l'imparfait et le plus-que-parfait, ce qui donne l'impression de le suivre après que les choses se soient passées, plutôt que d'être avec lui dans les scènes. (je te donnerai les détails également.) Comme l'action est tronçonnée par les retours en arrière, je pense qu'il est nécessaire de bien soigner ces moments afin que le lecteur ne se sente pas simplement ballotté entre les scènes. Enfin, c'est mon avis.  
Enfin, j'ai été perturbé par les retours en arrière eux-mêmes, avec la concordance des temps, mais ça, c'est dû à mon regard d'écrivain. Quand tu as une narration au passé, et que tu retournes en arrière, tu es obligé de mettre cette seconde partie au plus-que-parfait, ce que tu fais au début, mais tu retournes à l'imparfait après. Les retours en arrière sont donc toujours très délicats car une longue narration au plus-que-parfait est pénible (surtout pour l'écrivain, je crois  ;)  )
Les solutions ?
Dans ton cas tu pourrais mettre l'action principale au présent et les retours en arrière au passé (imparfait). Ou sinon, tu peux essayer quelque chose de moins conventionnel : le héros au passé simple et les retours en arrière à l'imparfait, mais écrit en italique. Au lecteur de comprendre que c'est ce qui a précédé. Au moins, il n'y a pas de problème de concordance des temps. Ca risque de donner un ton un peu étrange, mais pourquoi pas ? Le personnage perdant lui-même le contrôle des évènements, ça pourrait être présenté comme du troisième degré.
 
La fin : Pourquoi pas ? Mais je trouve qu'il manque vraiment le raccord entre la scène précédente et la finale. Cela achève l'impression de survoler l'histoire plutôt que de rentrer dedans. Et pour moi, ce dernier point est essentiel.
 
En bref, l'histoire est intéressante, surtout pour son monde décrit dans les retours en arrière, mais je pense qu'il faudrait rendre la narration principale plus attractive. Un simple travail sur la forme devrait suffire.
 
 


---------------
Si le travail de cet auteur vous plait, vous pouvez l'encourager en  
cliquant

ici
n°381
uriak
Posté le 18-12-2006 à 21:00:23  profilanswer
 

Merci pour cette critique détaillée.  
 
J'ai reçu d'autres avis tous aussi touffus. Cette fiction acusse son âge et un certain aspect brut de décoffrage, sans doute dû à une relecture trop centrée sur les fautes évidentes et non sur l'équilibre du texte lui-même. Je suis assez partagé sur son avenir. Etant donné que je ne vise aucun recueil, je ne sais si je vais consacrer du temps à corriger les défauts profondsd'un texte dont la trame en elle-même n'a rien de bien particulier. La réécriture est un exercice qui n'est pas toujours palpitant, peut être vais-je surtout tenter de faire aboutir mes projets futurs.

n°382
Eridan
Mage noir
Posté le 19-12-2006 à 22:50:03  profilanswer
 

Effectivement, c'est comme tu veux.  ;)  
Sachant qu'une ancienne nouvelle peut servir à un projet futur  :sol:


---------------
Si le travail de cet auteur vous plait, vous pouvez l'encourager en  
cliquant

ici
n°383
uriak
Posté le 22-12-2006 à 11:22:04  profilanswer
 

ça c'est sûr... ^^ Je ne considère pour le moment aucun de mes textes comme destiné à rester, donc autant recycler, brasser, filtrer


Aller à :
Ajouter une réponse