Voilà la suite le début et l'élément déclencheur... Si, si tout ça à la fois
.
Et si par hasard vous lisez le texte sans vouloir particulièrement mettre de commentaires, pouvez vous me dire dire si ça va ou si vous lâchez le texte tout de suite ? J'ai peur que ma narration soit un peu trop lourde :s ...
Pour les fautes d'orhographes j'ai fait mon possible, mais...
II
Anna marchait allégrement dans la rue, ses boucles brunes battant contre la nuque au rythme de ses pas. Un sourire illuminait son visage fin et ses yeux pétillaient de mille couleurs. Son anniversaire, ses récents résultats… Elle avait même fini les cours en avance : il n’était que quatre heures ! Et puis, elle avait été prise d’un fou rire incontrôlable avec son amie, Héloïse, pendant la récréé : un bon moment passé de plus avec elle ! Anna adorait sa façon loufoque de dédramatiser, de rire de tout sans rien mépriser et son habitude de relativiser… Quand elle la voyait approcher - camouflant sa maigreur sous une épaisse doudoune bleu alors que ses cheveux hirsutes rayonnaient sous le soleil - elle ne pouvait s’empêcher de rire... Pourtant, cela ne les empêchait pas d’être sérieuses et de réfléchir. Elles adoraient essayer de deviner les réactions des autres et songer à laquelle ils s’attendraient de leur part. Cela amusait beaucoup Anna que les gens prennent son amie pour quelqu’un d’autre et Héloïse tenta de le lui enseigner ; mais elle se révélait piètre élève, malgré sa capacité d’observation : la brunette savait être attentive aux détails.
Elle accéléra un peu, traversant sans y faire attention les rues anonymes de Sonir. Les maisons étaient toutes différentes, et pourtant, avec l’habitude, les briques défilaient interminablement autour d’elle, l’entouraient, harcelaient ses yeux jusqu’à ce qu’ils n’aient plus que le ciel comme refuge. Alors elle se perdait dans les nuages, virevoltait avec la lune et essayait de ne plus penser ni aux pavés mal ajustés ni aux portails clos - pour mieux retenir les chiens affamés - et surtout, apogée du dégoût, aux résidus de gourmandises plus ou moins périmées jonchant le sol. Il n’y avait pas traces ni d’herbes ni d’arbres dans la ville et les voitures électriques roulaient tranquillement sur la route dans un bruissement rassurant. Quelques pigeons voletaient ici et là, s’envolant difficilement à l’arrivée des voitures où picorant sur les trottoirs en ignorants tellement les passants que l’on aurait dit qu’il le faisait exprès. Anna n’aimait pas son quartier, ni les autres d’ailleurs, bien que plus accueillant. En fait, l’adolescente n’aimait pas Sonir et ne s’y était jamais sentit à l’aise, depuis les treize ans où elle y vivait. Mais elle savait qu’elle n’aurait jamais le choix. La vallée était encerclée par le Dôme.
- Personne ne peut le traverser sous peine de mourir dans d’atroces souffrances dut à l’air pollué par des guerres bactériologiques, avait affirmé le professeur d’histoire d’un ton neutre, le matin même, avant d’ajouter que seule les Autorités avait eut le bon sens de s’isoler. Anna, curieuse et passionné par cette matière l’avait questionné :
- Mais alors, pourquoi les arbres peuvent t’ils pousser à l’extérieur du Dôme ? Et les animaux vivre ? J’ai entendu dire il y a peu de temps qu’on avait aperçu une biche et son faon en train de brouter…
Car Sonir était entourée d’une forêt touffue qui était encore plus sauvage depuis l’installation du Cercle : les bûcherons était partis et les usines avaient été réorganisé pour fabriquer des aliments à partir d’eau et de légumes en poudre. Cela ferait bientôt trois cent ans. Anna le savait car l’année précédente, toute la population de Sonir avait rappelé l’inauguration du Dôme avec fêtes et bruits. Depuis trois cent ans, la ville était isolée. Trois cent ans de supposition quant à ce que devenait l’extérieur. Trois cent ans de régulation des naissances. Trois cent ans gouvernés par les Autorités.
Le professeur était resté très évasif sur sa réponse, et Anna savait bien pourquoi. Fasciné par le passé de Sonir, elle avait fait des recherches très poussées, mais en secret, si bien que même Héloïse n’avait pas été au courant. Et ce qu’elle avait découvert lui avait donné la chair de poule : trois cent ans de mensonges.
D’abords, elle n’avait pu le croire. Puis, un livre avait tout changé : "L'heure de la Chute, le temps du Cercle" de George Melk, tiré du fond d’une brocante. Anna se souvenait parfaitement.
L’homme qui tenait le stand était avachit sur une vielle chaise usée, les mains sur son ventre bedonnant et semblait exaspéré par le mauvais temps qui s’éternisait. Il portait une vieille veste noire coupée dans du velours usée et un pantalon de toile souple. L’eau de pluie gouttait avec bruit sec et régulier sur un sac, posé sur le sol a porté de sa main. Il avait un peu intrigué Anna car la barbe sombre, hirsute et fourni, ainsi que le chapeau en peau qui grignotait son visage ne lui avait pas caché que sa peau était…étrange. Noire, comme d’autre personnes de Sonir, mais surtout, lisse. Trop peut-être, pour un homme de cet âge. Anna avait farfouillé dans les vieux bouquins, comme à son habitude, bien qu’elle ne trouva que rarement des objets intéressant. C’est à ce moment qu’un titre l’avait intrigué. Elle avait feuilleté le livre, puis s’étant aperçue de ce qu’elle tenait entre les mains, avait prudemment demandé son prix.
- Deux pièces sonnantes et trébuchantes ! avait grogné l’homme d’une voix rauque.
Son argent de poche de la semaine… Anna paya rapidement le vendeur avant de s’éclipser sans même essayer de marchander. Apparemment, cela le surpris car il la rappela.
- Dis donc, ça t’intéresse tant qu’ ça, la ville ?
- Et bien… C’est important de connaître l’histoire, prétendit Anna.
- Tu sais c’ que c’est, c’ bouquin, n’est ce pas. Non, c’était pas une question ! ajouta t’il en la voyant ouvrir la bouche. Prends en soin, si tu vois c’ que j’ veux dire. C’est pt’ être bien le dernier. Moi, j’ m’en vais crever et j’ veux pas que mes enfants tombe la d’ sus. C’est pas que j’ les aime pas, mais ils n’ont pas les mêmes opinions qu’ moi, si tu vois c‘ que j’ veux dire.
Il s’était un peu redressé, mais une quinte de toux le renvoya aussitôt contre le dossier. La chaise protesta mais tînt bon.
- Prend en soin, répéta t’il en crachotant. Mais cache le.
Il s’éclaircis la gorge, ferma les yeux et se mit soudain à ronfler.
- Ne vous inquiétez pas. Il est entre de bonnes mains, chuchota Anna.
L’homme hocha la tête sans relever ses paupières, et elle s’écarta, le livre serré contre sa poitrine. Elle avança et s’empressa de le ranger dans son sac, au milieu de ses notes de cours.
Anna se pétrifia. Un klaxon déchira le silence. La voiture s’immobilisa brutalement dans un crissement de pneus et le conducteur, récupérant ses esprits, donna un furieux coup de poing au volant tout en jurant abondamment. La jeune fille finit de traverser le passage piéton et se fondit de nouveau dans la foule. Elle se secoua, regrettant de se perdre si souvent dans ses pensées et reprit sa route.
Elle marchait d’un pas vif le long des murs quand une voiture la dépassa et se gara un peu plus loin. Ses roues étaient neuves et sa carrosserie noire, propre. Pourtant la voiture elle-même lui apparue vieille et cabossé, des bosses et la peinture écaillé faisaient un étrange contraste. Cela ne collait pas. Anna allait la dépasser mine de rien mais une de ses fenêtres s’ouvrit et le conducteur se pencha vers elle. Quand il lui adressa la parole, elle put l’apercevoir mieux et eut du mal à contenir un mouvement de recul. Ses dents ébréchées et les cicatrices qui barraient son menton juraient horriblement avec ses cheveux bruns coiffés à l’aide d’un gel – histoire d’améliorer son apparence, songea Anna. De plus, une odeur putride montait du véhicule, renforçant l’étrange sentiment qu’elle avait depuis que la voiture avait attiré son attention.
- Pourriez vous m’indiquez la direction du… euh… de l’école Lamard ? demanda l’individu.
- Je crois qu’elle est par là…
Après avoir vaguement désigné une direction, Anna repartit vivement. Qui que soit cette personne, elle ne lui inspirait pas du tout confiance. Mais la jeune fille n’avait pas fait cinq pas qu’un bruit de portière la figea. Elle jeta un coup d’œil derrière son épaule et son cœur rata un battement. Un géant ! Un géant venait de sortir du véhicule ! Mais il s’agissait bien d’un être humain. Il mesurait plus de deux mètre. Ses cheveux étaient attachés en queue de cheval et un immonde dragon noir encerclait son bras gauche, se perdant si bien sous son T-shirt que seule la tête ressortait au niveau du cou. Une langue fourchue dont on ne pouvait voir l’extrémité dardait de la gueule du fauve. Comment un titan pareil avait il put tenir dans la voiture ? se demanda bêtement Anna. Pourquoi ne l’avait t’elle pas remarquer ?
La montagne se dirigea vers elle avec un sourire niai. La brunette n’en attendait pas plus et prit ses jambes à son cou. Mais que voulaient t’ils ? Le livre ? Impossible, personne ne savait qu’elle l’avait, personne ne pouvait savoir où il était. La kidnapper, alors ? En pleine rue, à quatre heures ? Dans la foule ? Aïe, la foule ! En essayant de passer, elle bouscula un passant, qui la retînt.
- Dites donc ! Ça vous arracherait la langue de dire pardon ? cracha l’homme.
- Ne vous inquiétez pas, je m’en occupe. (Le géant n’avait pas mit longtemps à la rattraper…) Ma nièce est un peu… dérangée, précisa la brute avec un sourire qu’il voulait complice – mais qui aurait eut pour résultat de faire fuir les personnes les mieux attentionnées. Il posa une main calleuse sur l’épaule d’Anna qui ne savait plus si elle devait éclater en sanglots où crier. Elle opta pour un compromis.
- Monsieur, dit elle d’une voix tremblante en essayant de se calmer, monsieur, ce n’est pas mon oncle ! Aidez moi…
- Et bien, tout s’explique, répondit t’il avec un sourire. Donc mademoiselle, adieu, et monsieur…
Il s’inclina brièvement devant le géant, à son grand plaisir, et s’éclipsa. Anna comprit. Personne ne défierait le titan. Ils feraient semblant de ne rien voir. Se mentiraient à eux même. Anna se sentit trahie. Le monde lui tournait le dos. Mais pas la montagne, qui se pencha à son oreille pour chuchoter.
- Dans dix mètre. La petite rue à droite. Si tu essayes de partir, je t’assomme, pas compliqué.
C’était bien le genre de mission qu’il n’aimait pas. Sans bagarre, et en plus, pour une gamine ! Un jeu d’enfant…
Anna commença à avancer, son ennemi juste derrière elle. Que faire ? Elle connaissait la rue en question, on ne pouvait qu’à peine la qualifier de ruelle. Et encore. Aucune circulation. L’endroit rêver pour un meurtre rapide et discret, sans témoin… Si elle devait s’échapper, s’était avant de s’y engager. Elle regarda autour d’elle. Anonyme, la population de Sonir la frôlait presque, sans se douter de rien. Ignorante.
Soudain, un homme bouscula volontairement Anna. Celle-ci failli se récrier quand elle le reconnu. Il semblait complètement saoul, et attrapa la jeune fille par le col.
- Oh, tu me cherches ?
Cela faisait deux fois en dix minutes qu’Anna se faisait menacer.
- Non… Bien sûr que non… S’il vous plait…
Il ne la reconnaissait donc pas ?
- Pas touche ! Veuillez passer votre chemin, intervint la brute.
- Ah mais ça, pas question ! (Il lâcha Anna.) J’la connais c’ te gamine, si tu vois c’ que j’ veux dire. Et j’ lui est promis d’ lui payer un café c’ te jour. Ou quequ’ chose d’ plus fort, si tu vois c’ que j’ veux dire. J’lui avais prêté une tiote affaire za moi, et pis j’ devais lui en parler. Aller, viens l’ gamine, finit t’il, vacillant sur ses jambes.
Anna n’en revenait pas.
- Vous vous croyez où ? répliqua sèchement la montagne. La fille est avec moi. Vous n’avez qu’à l’inviter demain.
- Mais c’est qu’ demain l’Léon il n’est pas libre !
Bizarrement, il se redressa sur ses jambes et ne trembla plus.
- Trèves de plaisanterie l’ coco. Tu m’ fait point peur et viens t’ frotter a moi si l’envie t’ prend mais tu viendra kidnapper cel’ la un aut’ jour si tu vois c’ que j’ veux dire.
- Monsieur, veuillez me suivre et nous régleront notre petit différent.
- Pas d’ problèmes p’ tit gars. Surtout qu’ j’aime bien c’ te ruelle là-bas à droite. Vous connaissez ?
Elle était vraiment sinistre. Anna avait suivit les deux hommes, et elle contemplait le lieu. En plus d’être isolée, les bâtiments très serrés empêchaient la lumière de passer : elle était très sombre. La jeune fille avait peur. Quel était le plan du marchand, Léon ? Pourquoi prendre tout ses risques ?
Le géant fit face à son adversaire. Cela le répugnait un peu de combattre un être pareil, mais un peu d’action ne lui ferait pas de mal. Et puis, cela découragerait la môme à vouloir se faire la belle.
Il se mit en position de combat et fonça directement sur le vieil homme. Celui ci esquiva souplement. Surpris qu’il ait put échapper à son traitement de choc, la brute refit face.
- Vous pouvez m’accorder deux secondes ? La voix du marchand était dépourvue de toute maladie.
Il se retourna et se débarrassa de sa vieille veste en velours. Ensuite, il secoua son tee-shirt d’où des coussins tombèrent en tas. Il avait subitement perdu une vingtaine de kilos. Puis il détacha sa fausse barbe, la jetant plus loin au près de ses affaires.
- Je suis près !
La montagne faisait maintenant face à un homme ayant presque la trentaine, dans la meilleure forme possible. Un sourire ironique tirait les traits noirs du jeune qui ne put s’empêcher de rire.
- C’est plus équitable, non ?
Il n’obtînt pour réponses qu’une charge furieuse de son adversaire, qu’il évita avec une facilité déconcertante. Que se passait t‘il ? Le géant avait mit du temps à comprendre. Le vieillard s’était transformé en jeune. La chenille en chrysalide. L’avantage ne lui appartenait plus. Il le vit se camper sur ses jambes, prêt à se défendre. Le jeune homme s’était maintenant transformé en expert, la chrysalide en papillon.
Pour la première fois depuis qu’il était dans cette rue miteuse, la brute songea qu’il allait enfin pouvoir s’amuser.
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Voilà... Je sais que c'est dur de lire sur l'ordi alors toutes mes félicitations
En espérant que cela vous a plu et que mes fautes d'orthographes ne vous ont pas rendu aveugles,
Blandine
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La sagesse, c'est d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit.