FORUM Les parrains de la plume


  Bibliothèque - Histoires longues (+ de 75.000 signes)


  Fantasy


  Heroic Fantazy - Les chroniques d'Aaval - tome 1 - L'Académie

 



 Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

Heroic Fantazy - Les chroniques d'Aaval - tome 1 - L'Académie

n°1147
tekuni
Posté le 07-07-2008 à 21:18:08  profilanswer
 

J'aimerais juste avoir des avis sur mon prologue.
Je sais que c'est long mais c'est tellement gratifiant d'être lu.  
Alors faite un heureux, lisez !
 
Le messager galopait à toute vitesse.
   La missive dans son sac était de la plus haute importance, le Haut Seigneur en personne l'avait dépêché pour cette mission.
   Pourquoi avait-il choisi une méthode aussi archaïque ? Un pigeon aurait mis moins de quatre jours pour effectuer cette tâche alors que lui en était déjà à dix, mais ce qui le tracassait le plus c'était pourquoi l'avait il choisi lui et pas un de ses messagers. Il n'y avait aucune logique au fait que ce soit lui qui apportat la lettre, ce qui au bout du compte n'augurait rien de bon.
   Le cheval était éreinté, la dernière halte remontait déjà à plusieurs heures et pour ne pas tuer la bête à la tâche, il s'arrêta près d'un étang. L’Académie étant à moins d’un jour, il se permit une nouvelle pause. Malgré ses craintes, les délais accordés seraient respectés.
   Le doute l'accablait. La paix régnait dans l’Empire depuis la guerre des Trois et bien qu'il fût trop jeune pour s'en souvenir, elle hantait encore les esprits. Les séquelles qu’elle avait laissé étaient encore présentes vingt ans après la fin de la guerre et quelque chose compromettait vraisemblablement cette paix.
   Il aurait été étonnant que ce soit les Elfes; bien qu'il n'en ait jamais rencontré, ils étaient considérés comme un peuple pacifiste. Les Wervires n'étaient pas assez puissants et les Unuk al Hay - aussi appelé peuple serpent -, même s'ils s'étaient organisés en une nation indépendante, un simple affront à l'Empire leur serait fatal.  
   Non, quelque chose ne collait pas. Si sa vie risquait d'être écourtée par un quelconque conflit, il valait mieux qu'il en soit au courant prestement et le seul moyen de le savoir était d'ouvrir la missive, ce qu'il n'allait pas tarder à faire. Cette bévue le conforta dans l'idée que l’homme censé être le plus puissant aurait du faire appel à l'un de ses messagers personnels et pas à un simple sous-fifre.
   Il ouvrit sa besace pour en sortir la lettre scellée du sceau seigneurial, une tête de lion aveugle, symboliquement cela représentait la toute-puissance du seigneur et son impartialité. Le sceau ne semblait pas être ensorcelé. Le cachet pour seule protection, encore un procédé archaïque. Toute cette histoire le dépassait, il n'y avait rien de plus simple que desceller un cachet. Seigneurial ou pas. Si la sécurité du contenu de cette lettre avait une quelconque importance pour l‘expéditeur, alors, les précautions utilisées n'en donnaient pas l'impression. Le Haut Seigneur n'était pas réputé pour être imprudent, bien au contraire et étant lui-même magicien, l’envoûtement lui aurait été aisé.
 
   Quand il n'était qu'apprenti, l'une des premières choses qu'il apprit fut d'ouvrir les colis pour pouvoir subtiliser un petit peu d'argent, ce qui au bout du compte arrondissait fortement les fins de mois. Aujourd'hui, cela n'était plus possible car la guilde des messagers offrait l'enchantement magique du cachet.
   Il mit la main dans sa poche et en sortit un petit canif rouge avec une lame qui ne mesurait pas plus de deux millimètres de largeur. La lame passa sous le sceau de façon propre. Il posa le sceau sur l'herbe et sortit de son sac à provisions la laitue qu'il avait acheté quelques heures auparavant, pour l'en recouvrir. C'était ce qu'il avait trouvé de mieux pour le protéger. Ensuite, il n'aurait plus qu'à recoller la cire avec une petite flamme.
   La tension était à son paroxysme; la lettre dans ses mains, il se rendit compte que ce simple bout de papier pouvait à tout jamais changer sa vie. Que ferait-il si l’Empire était en péril, qu'adviendrait-il de ses rêves ? Il ne voulait pas s'enrôler dans l'armée, mais pourrait-il survivre s'il fuyait l‘Empire ? Si l'attaque était imminente allait-il prévenir ses proches, risquant de se faire tuer, ou allait-il s'échapper vers un destin plus couard. Autant d'interrogations en suspens qui n'auraient de réponse qu'après lecture. Il ne pourrait prendre une décision que devant le fait accompli.
   Il était maintenant trop tard pour faire marche arrière; il ouvrit délicatement la missive et y lut :
 
   « Le Urten est fiable mais son pourvoi ..., tentation seuls. requis déconfite.»
 
   Il avait beau avoir été bon élève quand il allait à l'école, le message n'était en rien limpide. Il comprit qu’Urten était fiable mais pourquoi son pourvoi n'était-il pas précisé ? Si quelque chose était intéressant dans cette lettre, c'était bien la requête de cet homme. Quant à la seconde partie, ce devait être une sorte de seing.
   La lettre ne mentionnait en aucun cas une guerre probable - ce qui le rassura - et son rêve de devenir maître messager avait de grandes chances de se réaliser après cette mission dont il n’était plus digne.
   La honte s'empara de lui pour avoir été aussi méfiant.
   Maintenant que ses craintes s’étaient dissipées, il se dit que le Haut Seigneur ne l'aurait jamais envoyé, lui, si un risque avait pesé sur l’Empire. De plus, même s'il n'avait plus confiance en ses coursiers, il y en avait au village de bien plus capables que lui chez les maîtres messagers. Mais ce qui le dérangeait le plus, c'était toutes ces interrogations qu'il avait eu avant de lire la lettre. Pour la première fois de sa vie, il se rendait compte qu'il ne se connaissait pas.
   Il lança la laitue au cheval qui n'en fit qu'une bouchée et recolla le cachet sur la lettre; personne ne remarquerait qu'elle avait été ouverte. Prêt à repartir, il ne lui restait plus que quelques heures pour respecter les délais.
   Le crépuscule pointait et l’Académie n'était plus qu'à quelques kilomètres, on pouvait apercevoir deux immenses tours derrière les arbres. Il n'avait jamais rien vu de semblable. C'était sûrement l'édifice le plus grand de l'Île. Peu de choses avaient circulé sur ce lieu, la populace n'y était jamais entrée car personne en dehors du personnel et des Seigneurs n'était autorisé à y pénétrer. En contemplant les tours, la nostalgie s'abattit sur lui, la mélancolie et la peur se mêlaient, et plus il se rapprochait plus cela s'accentuait.
 
   Il se sentait minuscule sur le parvis de l'Académie.
   Architecturalement cela ne ressemblait à rien de ce qu'il avait pu apercevoir dans l’Empire. La cour qui précédait l'immense porte d'entrée était très dépouillée : c’était une vaste étendue de terre avec un peu d'herbe par ci par là ou on ne trouvait qu'une petite cabane à quelques mètres d'un puit, ce ne pouvait pas être celle d'un jardinier étant donné l'entretien apporté.
   La bâtisse était immense : au pied du mur, on avait l'impression que les tours caressaient le ciel. Le plus surprenant, c'était qu'aucun rempart ne la protégeait. Pas une tour de guet ne surplombait la cour. Ce qui ne pouvait signifier que deux choses : soit ceux qui régissaient l'Académie étaient fous, soit ils étaient tellement puissants que rien dans l'Île ne leur faisait peur.
   Les immenses portes d’entrées s’ouvrirent et laissèrent place à deux dames d'un âge avancé l'accueillirent. Il n'était pas difficile de s'apercevoir qu'elles étaient jumelles malgré la couleur des cheveux différents mais ce qui les distinguaient le plus n'était pas d'ordre physique. Cela avait beau être abscons, on sentait chez elles deux âmes littéralement différentes. Le charisme qui se dégageait de ces deux femmes était antagonique.
   Quand le regard du messager se porta sur la dame au cheveux blancs, il ressentit une certaine chaleur, un peu comme le réconfort que peut nous apporter une mère; quand il le détourna vers la dame au cheveux couleur ébène, cette béatitude se dissipa pour laisser place à un froid terrible. Il ne pouvait dire qu'elle était machiavélique mais rien en elle n'exprimait la moindre sympathie, il fut difficile de croire que cette dame puisse travailler dans un lieu comme celui-ci.
   Pour rester fidèle à l'impression qu'elles projetaient, elles portaient la même robe, de la même taille, mais de couleurs différentes. Une robe blanche pour celle qui exprimait la sérénité et une noire pour celle qui le mettait mal à l'aise.
   La dame en blanc s’avança vers lui et lui dit :
   — Je me présente, je suis Miss White, et voici ma soeur Miss Black, que nous vaut le plaisir ?
   — Ou le déplaisir ? renchérit sa soeur.
   — Mortitia, répondit Miss White sur un ton conciliant. Sa voix était enivrante, presque envoûtante.
   — C'est le Haut Seigneur qui m'envoie. En personne, précisa-t-il. J'ai un courrier pour le directeur.
   — Vous êtes donc messager ? lui dit Mortitia. Le petit rire qui s'ensuivit lui fit comprendre qu'elle le toisée.
   Sans se démonter, il rétorqua :
   — Et fier de l'être, et j'espère devenir très vite maître messager.
   Elle se mit à le dévisager.
   — Et ambitieux avec ça. L'ironie dans ce qu'elle venait de dire, trahissait volontairement son dégoût pour ce parfait inconnu.
   — Veuillez excuser ma sœur, intervint Miss White, il semblerait qu'elle ait oublié les bonnes manières. Si vous voulez bien vous donnez la peine de nous suivre, nous allons vous emmener voir l'intendant car le directeur n'est pas encore là.
 
   Après avoir franchi les portes, il dut traverser un étrange couloir. En largeur, le couloir ne pouvait accueillir que deux personnes, il suivit donc les soeurs en restant derrière elles.
   Un papier, peint en rouge, était collé sur les murs. La décoration n'était pas son fort et même si cela était étrange, il trouva cela très beau. Le Haut Seigneur aurait du faire de même dans sa demeure. Contrairement au château aucun tableau n'était accroché aux murs, juste quelques lustres disposés à intervalles réguliers pour les éclairer dans leur marche. Une fresque ornait le haut du mur. Elle était également en papier, d'une couleur jaune foncé; des noms y étaient inscrits. Après avoir lu quelques noms en marchant, il s'arrêta sur l'un d'entre eux Minerve, sans qu'il puisse savoir pourquoi une larme perlait sous son oeil. Il n'avait jamais entendu ce nom mais il lui était terriblement familier.
   Cela faisait déjà cinq bonnes minutes qu'il les suivait et il n'avait vu aucune porte sur les côtés. L'Académie était un lieu très étrange. Juste à quelques mètres devant lui se trouvait une petite porte; la dame en blanc dont il ne connaissait toujours pas le prénom prononça quelques mots dans une langue inconnue et la porte, sans qu'elle ait eu à la toucher, s'ouvrit lentement.
   Si de l'extérieur le bâtiment était exceptionnel, l'intérieur quant à lui était extraordinaire. On eut du mal à imaginer une pièce aussi grande. Il est vrai que de l'extérieur on se doutait de la grandeur des lieux mais quand on y était, on était forcément estomaqué. Même la salle principale du château où il avait du passer pour aller voir le Haut Seigneur ne devait faire que le quart.
   Quelles autres merveilleuse surprise l'attendaient ? Ce qui était sûr, c'est qu'il n'était pas venu pour rien et malgré un voyage harassant, il se sentait revigoré par autant de beauté offerte à ses yeux.
 
   Dans la grande salle, une trentaine de personnes couraient de toute part; quelque chose se préparait et à voir l'empressement de la foule ce devait être quelque chose de grandiose. Ils semblaient pressées par le temps mais on pouvait voir sur leurs visages qu'ils étaient ravis, pas une once d'ennui ou d'agacement pour le travail qu'ils fournissaient. C'était une réelle motivation qui les poussait à la tâche.
Devant lui, au-dessus des marches un homme, à peine plus grand qu’un nain, organisait ce petit monde comme un chef d'orchestre. Il avait dans une main un livre relié marron et dans l'autre une longue canne doré qu'il agitait avec grâce Chaque personne visée par le bâton s'exécutait sans qu'il n'ait eu besoin de prononcer un mot, tels des pantins dirigés par des fils invisibles. Le marionnettiste préparait un événement qui se voulait aussi grandiose que ce lieu.
   Mortitia fit un signe de la main au petit homme et se retourna vers le messager.
   — L'homme à qui j'ai fait un signe est l'intendant Jîro, nous l'avons prévenu de votre arrivée et en l'absence de Mr le directeur, il a la charge des lieux. Montez le voir, il vous dira quoi faire.
   — Merci mesdames. Il se tourna vers la dame en blanc. Juste par curiosité pourriez-vous me dire votre prénom ?
   — Il n'est pas de nom utile mais j'accepte d'accéder à votre dernière requête.
   Le messager surprit.
   — Dernière requête ? Qu’entendez-vous par là ?
   Ce fut Mortitia qui répondit :
   — Ne faite pas attendre l'intendant, il est comme qui dirait… feignant de chercher ses mots elle ajouta, mordant, s'ensuivit un vif sourire.
   — Mon nom est Morgane, et maintenant allez ! Vous arrivez enfin au bout de votre périple.
   Pendant qu’il gravissait les marches, les mots « dernière requête » résonnaient encore dans sa tête. Que voulait elle lui dire ?
   A l’étage, le petit homme passablement irrité lui dit :
   — Quelles nouvelles D’Arenar nous apportez-vous messager ?
   Surprit pendant une seconde qu’il sache d’où il venait, il se rappela avoir précisé au deux sœurs que l’expéditeur n’était autre que le Haut Seigneur.
   — Je ne saurais vous dire monsieur. J’ai en ma possession un courrier pour le maître des lieux.
   L’intendant semblait être vexé par cette réponse.
   — Sachez mon bon monsieur, qu’il n’y a nul maître à l’Académie. Juste d’honnêtes gens remplissant leur office.
   Le messager contrit.
   — Excuser moi, je ne voulais pas vous offenser mais le destinataire de cette missive est le directeur, par conséquent je ne la donnerai qu’à lui.
   L’intendant se ravisa et dit :
   — Vous avez gagné, je suis le directeur.
   Une voix retentie derrière le messager.
   — Très joliment joué Jîro. Je vois que tu uses toujours de toutes les méthodes pour arriver à tes fins. Un homme d’une trentaine d’année à l’allure débraillée venait d’apparaître derrière lui. Personne ne l’avait entendu monter les marches.
   L’intendant surprit.
   — Toi ici ! Qu’on m’empale ! Ne me dis pas que tu vas assurer les cours de la nouvelle promotion. Après une petite pause, ne me dit pas…
   Le regard grave, l’homme lui répondit :
   — J’en ai bien peur mais passons, nous aurons suffisamment de temps pour parler de tout ça. Je dois passer commande et le temps nous manque.
   Sur un ton faussement agacé.
   — Cinq minutes que tu es là est tu veux déjà vider les caisses.
   L’homme sourit à la remarque de l’intendant et regarda le messager.
   — Pour vous messager, le directeur vous attend dans son bureau, empruntez la porte devant vous.
   — Impossible. Nous sommes restés devant tout ce temps.
   Esquissant un sourire.
   — Si vous ne m’avez pas entendu monter alors soyez sûr que vous n’auriez pas pu voir le directeur.
 
   Derrière la porte, un escalier en spirale très étroit menait au bureau du directeur. Se hâtant, il décida de monter les marche deux à deux. Sur le coté droit, une grande fresque ornait le mur, on n’y voyait des Unuk al Hay combattre des Nains beaucoup moins nombreux. Plus haut, un loup se tenant sur deux pattes décapitait une femme, l’image était criante de réalisme ce qui lui fit avoir un haut le cœur. Arrivé à mis chemin il s’arrêta net, une créatures d’une beauté presque divine, probablement un elfe, agrippé par derrière, se faisait aspiré son sang au niveau d’une jugulaire par un homme.  
   L’image suivante représentait la même scène mise à part que l’Elf toujours d’une grande beauté semblait avoir vieilli considérablement et l’homme suceur de vie montrait ses deux canines supérieures - plus longues que la normal - ensanglanté.
   Le loup bipède et l’homme aux dents acérées devaient être des Wervires. C’était le nom que c’était donné ces créatures humanoïde lors de leur alliance durant la Guerre des Trois. Ce qui signifie que cette fresque représentait ce conflit, car aucun incidents important n’était à déploré depuis.
   Le pire malheur qu’il avait eu dans sa vie résultait de ces années sombres.
 
   Le jour de ses cinq ans, quelque jour avant l‘armistice, une escouade suicide d’Unuk al Hay attaquèrent Arenar. Le Seigneur Carric, qui n’était pas encore Haut Seigneur à ce moment là venait de quitter quelques heures plus tôt son château pour rejoindre le Haut Seigneur Eden. Ce fut donc à son second Esculape de diriger les soldats restant. Visiblement très surpris par l’attaque et malgré l’avantage du nombre, le peuple serpent eu le temps de commettre une véritable hécatombe. Bon nombre d’innocents périr durant l’attaque dont ses parents adoptifs.
   Durant l’assaut, ils tuèrent et enlevèrent les enfants à vue, sans distinction d‘âge ou de sexe. Il ne devait son salut qua la présence d’esprit de sa mère qui le cacha à temps dans un des placards du grenier.
Quelques jours plus tard, ce fut la fin de la guerre et il fut impossible au Seigneur de venger l’attaque ou simplement de récupérer les enfants. L’Empire sortait d’une guerre qui venait de durer vingt deux ans et s’il fallait sacrifier une dizaine d’enfants pour maintenir cette paix, le choix fut vite prit.
 
   Sans, sans rendre compte, il venait d’arriver devant la porte d’entrée du directeur.
   La porte était en fait un grand miroir, il hésita à frapper de peur de le casser. Il se ravisa, près à frapper c’est alors que la porte s’ouvrit d’elle-même.
 
   Un homme d‘un âge avancé, aux cheveux et à la barbe poivre sel s’avança vers lui, il était vêtu d’une tunique à capuchon beige. Le vieil homme le regardait droit dans les yeux, ce qui le mit mal à l‘aise. Impossible de détacher son regard, il était comme hypnotisait par ses grands yeux noirs.
   Lui tendant le bras vers la lettre.
   — Donnez, je vais vous débarrasser.
   Après un temps de réaction qui lui paru durée une éternité, il lui donna la missive, toujours plongé dans ces yeux sombres.  
   Le laissant avec sa lettre, il inspecta le bureau. C’était la pièce la plus normal qu’il avait visité jusque là; pas très grande avec simplement une table et sa chaise, elle était éclairé par un lustre disposé en son centre. Aucun ornement superflu, le strict minimum.
   Les volets encore fermés signifiaient vraisemblablement qu’il venait d’arriver. Des vêtements, similaires que ce qu’il portait, étaient déposés sur la chaise mais dans un piteuse état, à la fois sale et déchiré.
   — Une partie de chasse mouvementée, lui lança le directeur comme s’il prévoyait une question du messager.
   Surpris par cette interruption, il bégaya :
   — Bien sur. Puis reprenant contenance, sans vouloir paraître impoli, je vais reprendre la route des maintenant pour Arenar.
   — Carric attendra, je dois d’abord vérifier une petite chose.
   Il en était bouche bée, ce vieil homme manquait d’égard au Haut Seigneur.
   Décontenancé, il dit :
   — Je vous prierais de manifester le respect qu’y est du à sa position.
   Il se mit à rire.
— J’ai connu le Haut Seigneur alors qu’il tété le sein de sa mère mais ne nous attardons pas pour de si petite considération.
   Cette remarque le stupéfiât, s’il disait vrai alors cet homme devait être très vieux.
   A brûle pourpoint le directeur lança :
   — Avez-vous lu mon courrier ?
   Troublé, il ne s’attendait pas à cette question. Il se rasséréna et entreprit de mentir.
   — Je ne me serais jamais permis Monsieur.
   Le directeur semblait être déçu de cette réponse, il s’avança vers son bureau. Proche de sa tunique sale, il ramassa un long bâton.  
   Une lueur dans les yeux, il dit :
   — Sacher jeune messager, qu’il est vain de me mentir.
   Il se mit à balbutier :  
   — Mais je vous assure que...
   — Assez ! s’écria-t-il. Sacher que cela ne m’enchante guère mais vous en savez plus que de raison.
   Essayant de se racheter :
   — Je n’ai rien compris à ce charabia. La peur visible dans ses yeux, il demanda : Qu’allez vous me faire ?
   Sans aucune forme de procès, le vieil homme pointa son bâton vers le messager qui s’étala de tout son long sur le sol. Le corps gisant, une expression de paix s’était dessinée sur son visage.
 
   L’homme d’une trentaine d’année entra dans le bureau suivit du petit intendant.
   Regardant le corps sans vie affalé sur le sol, l‘intendant maugréa :
   — Était ce nécessaire ?
   Ce fut l’homme qui était entré avec lui qui répondit.
   — Il en savait trop, dès son départ la confrérie l’aurait torturé pour savoir quelle nouvelle il avait apporté, c’est même étonnant qu’il ait réussi à venir jusqu‘ici. En le tuant nous gardons l’avantage.
   L’intendant fronça les sourcils pour montrer qu’il ne saisissait pas tout.
   — Ils ne savent pas que nous sommes au courant de son retour, lui dit le jeune homme.
   — C’est quand même triste, son destin était scellé depuis le départ. Satané conflit. L'intendant semblait sincèrement navré.
   Sur un ton très sérieux le directeur concéda une partie de ce que le jeune homme venait de dire :  
   — Certes, nous avons toujours un avantage mais le fait qu’il ait lu la lettre ne nous arrange pas, cela aurait était renforcé si nous lui avions fait croire que Carric nous exprimait ses vœux pour la nouvelle promotion.
   — Et pourquoi cela ? demanda le petit homme, toujours dans l‘ignorance des plans pour contrecarrer la menace.
   — Dès qu’il se serait fait enlevé par la confrérie, ils lui auraient simplement soutiré cette fausse information, il lui a tout de même été préférable que ce soit moi qui le tue.
   Écœuré, l’intendant sortit de la pièce, laissant la porte grande ouverte.
   Attendant qu’il ait descendu suffisamment de marche pour ne pas être entendu, le jeune homme demanda :
   — Qu’a dit Carric dans la missive ?
   — Comme nous le savons il revient, fort heureusement, il est très affaibli.  
   — Combien de temps avant son retour ?
   — Je suppose quatre ans, voir cinq ans avec de la chance. Il m’a aussi dit de me méfier des professeurs, certains risqueraient de revoir leur position et de faire attention aux élues.
   L’air grave, le directeur ferma la porte de son bureau. Les deux hommes, dans cette petite pièce, discutèrent jusque tard dans la nuit, avec pour seule compagnie, le cadavre souriant du messager.

n°1148
Ink
Répondeur
Posté le 08-07-2008 à 11:57:30  profilanswer
 

Salut Tekuni,
 
Bienvenue chez les parrains.
 
J'ai lu ton prologue.
Je trouve ça plutôt bon. Le texte est parsemé de fautes d'accord, ce qui gêne, mais le contenu est intéressant.
Ca m'a l'air assez bien équilibré, les choses sont bien amenées. Au niveau de l'histoire, on sent que tu as quelque chose à raconter.
Un gros problème au niveau des dialogues à mon sens, qui sont un peu trop standards, convenus, presque naïfs. On sent que c'est toi qui animes des personnages derrière ton ordinateur, pas que ce sont les personnages qui s'expriment sur leur lieu de vie avec leurs propres considérations. Ca empêche l'immersion.
En résolvant ce problème, je pense que tu résoudras aussi celui des quelques enchainements un peu maladroits.
 
Mais globalement, je trouve ça plutôt bon.
 
Tu en es loin dans ton tome 1 ?


---------------
Si vous souhaitez aider ce site, aidez les auteurs.
n°1149
Suzanne La​ne
Posté le 08-07-2008 à 16:03:06  profilanswer
 

L'histoire a l'air intéressante. Je vais te faire quelques commentaires au niveau de la forme. Les autres membres du forum, qui sont plus pontilleux, t'en feront sûrement des plus poussés:
 

Citation :

La missive dans son sac était de la plus haute importance, le Haut (répétition) Seigneur en personne l'avait dépêché pour cette mission.  
   Pourquoi avait-il choisi une méthode aussi archaïque ? Un pigeon aurait mis moins de quatre jours pour effectuer cette tâche alors que lui en était déjà à dix, mais ce qui le tracassait le plus c'était pourquoi l'avait(-)il choisi lui et pas un de ses messagers. Il n'y avait aucune logique au fait que ce soit lui qui apportat la lettre, ce qui au bout du compte n'augurait rien de bon.


 
Tu utilises beaucoup le que, comme je l'ai souligné. La phrase "Un pigeon...messagers" peut être coupée par un point après le mot dix. De plus, "ce qui le tracassait le plus c'était pourquoi l'avait-il choisi et pas un de ses messagers" paraît maladroite. Pour ma part, et tu es libre de penser le contraire, je dirais plutôt quelque chose du genre:
"Ce qui le tracassait le plus était de savoir pourquoi le Seigneur l'avait choisi lui, et pas un autre messager"
 
Je t'ai relevé quelques répétitions, mais il y en a d'autres:
 

Citation :

"le sceau de façon propre. Il posa le sceau "


 

Citation :

"La cour qui précédait l'immense porte d'entrée était très dépouillée : c’était une vaste étendue de terre avec un peu d'herbe par ci par là ou on ne trouvait qu'une petite cabane à quelques mètres d'un puit, ce ne pouvait pas être celle d'un jardinier étant donné l'entretien apporté.  
   La bâtisse était immense : au pied du mur, on avait l'impression que les tours caressaient le ciel. Le plus surprenant, c'était qu'aucun rempart ne la protégeait. Pas une tour de guet ne surplombait la cour. Ce qui ne pouvait signifier que deux choses : soit ceux qui régissaient l'Académie étaient fous, soit ils étaient tellement puissants que rien dans l'Île ne leur faisait peur.  
   Les immenses portes d’entrées "


Citation :

à frapper de peur de le casser. Il se ravisa, près à frapper


 
Sinon, tu as aussi des problèmes de conjugaison. Il y a des fautes d'accord, des verbes conjugués remplacés par des participe passés et autre :
 
le "du" du "aurait du" prend un accent: aurait dû
"ce qui les distinguaient" = faute d'accord: "ce qui les distinguait"  
"Était ce nécessaire ? " = il manque un tiret = "Etait-ce nécessaire"
 
Comme dit Ink pour le reste, on sent qu'il y a du potentiel ^^

n°1150
tekuni
Posté le 08-07-2008 à 19:56:39  profilanswer
 

Merci beaucoup, j'ai poster sur plusieurs forum et c'est celui là qui en un jour m'apporte le plus.
J'ai beaucoup de mal avec le français, on m'aide en ce moment mais c'est vraiment dur pourtant je lis beaucoup mais je ne désespère pas, surtout quand je vois un tel accueil.
Donc tout d'abord MERCI !!!
Je ferais les corrections demain soir car là je vais dormir mais pour répondre a Ink j'en suis à trois chapitres en comptant le prologue et je viens de commencé récemment le chapitre trois.
D'avance je m'excuse pour les fautes d'orthographe mais je ferais un maximum pour ne pas en faire.
Là, je poste le chapitre 1 et 2.
 
 
Journal de bord, An 0, jour 0.
  Notre monde n’est plus, décimé par son ambition, consumé de l’intérieur, par un égaux démesuré. Plus aucune forme de vie, cette guerre des Quatre les a rendus fous. Grâce au recherche de Feistpug j’ai pus sauver 12 fils d’Aaval, la faille entre les monde m’a permit de passer outre les restriction universel.
                                                                                                                                              Mani

 
 
CHAPITRE 1
DEUX FRÈRES
 
  L’homme vociféra des menaces.
  Ça faisait quinze minutes qu’ils couraient, et leur poursuivant ne semblait pas fatigué.
 
  Ils s’étaient décidé à fuguer quelques jours auparavant quand l’un des frères surprit une conversation « au détour d’un couloir », ce sont les termes qu’il utilisa quand il raconta l’histoire à André, le sexagénaire qui s’occupait du ménage à l’orphelinat en plus d‘être leur confident et sage conseiller.
  En réalité, ce soit là c’était au tour d’Abel de faire le mur.
  Les orphelins s’étaient organisés de façon à ce que chaque soir un enfant puisse s’il le désire, passer sa nuit dans les rues de la ville. Le fait qu’il y ait un roulement et, plus important, un à la fois, permettait aux autres de couvrir aisément celui qui manquait à l’appel et aucun ne voulait risquer de perdre leur stratagème en envoyant plus d’enfant, car plus difficile à couvrir.
  Les enfants n’avaient pas toujours d’idées dès qu’advenait leur tour, ils ne faisaient souvent rien que déambuler dans les rues mais cela leur suffisait amplement. Tous ressentaient ce besoin de sortir des murs de l’orphelinat, ce rare moment de répit ou ils n’étaient plus juste des orphelins mais des étrangers dans la rue. Mis à part pour aller à l’école, les enfants ne se promenaient qu’en de rare occasion dans la ville et étaient cloîtrés le reste du temps dans ce lieu dans l‘attente de parents potentiels.
  Abel c’était gardé de raconter tout cela à André. Malgré toute l’affection qu’il avait pour cet homme, que tous considéraient comme leur « Papi André », leur entreprise ne tenait qu’à un fil, un minimum de personne devait être mis au courant.  
Donc, après une nuit à vagabonder dans les rues, Abel aperçut le directeur Monsieur Higgins - entre eux ils disaient Higgins - en vive discussion avec une dame d‘un certain âge. La curiosité l’emportant, il s’approcha à pas de loup tout en restant caché à la vue du couple.  
  Quelle ne fut pas sa surprise quand il entendit le prénom de son frère, cette dame voulait adopter Kain. Il continua à écouter la conversation dans l’espoir d’entendre son prénom, malheureusement pour lui elle ne désirait adopter que son frère. Pour conclure cette discutions, elle sortit de son sac à main une forte somme d’argent et la tendit au directeur qui accepta sans nul gêne. Au moment du départ, il lança à cette femme « à dans une semaine », une expression vénale peinte sur le visage.
  Le directeur, un homme d‘une cinquantaine d‘années, était prêt à séparer deux frères sans aucun scrupules dans l’espoir de diminuer les effectifs de l’orphelinat en se gardant au passage un petit extra. Cet homme gentil en apparence cachait très bien son jeu, il n’aurait jamais cru voir celui qui représentait l’autorité, la droiture les traiter aussi vilement.
  Quand André entendit toute l’histoire, il ne donna qu’un conseil à Abel, celui de tout raconter à son frère car quoi qu’il fasse, il devait prendre une décision à deux.
  C’était le conseil qu’il appréhendait le plus, il savait qu’il devait raconter l’échange entre la dame et Higgins à son frère mais cela lui faisait peur. Nullement que son frère le quitte pour aller avec la dame mais qu’il se sente obligé de rester avec lui. Il craignait de gâcher la vie de son frère en l’empêchant d’avoir une famille, ce que tous les enfants ici espéraient, et pas seulement un frère qui se révèle être plus un boulet qu’une béquille sur laquelle on pouvait se reposer quand le besoin s‘en faisait sentir.  
  De plus, Kain était particulièrement brillant en quelques domaines que ce soit, il lui suffisait d’entreprendre quelque chose pour y exceller rapidement cependant il sentait que son frère était bridé ici. C’était probablement la dernière chance qu’avait son frère d’avoir une véritable famille, car peu de personne adoptait des adolescents de quinze ans. Ils leur préféraient les bébés ou les petits en bas âges, cinq ans tout au plus. Adopter un enfant directement dans sa période de doutes, de quête d’identité, ne devait pas être facile à gérer pour la majorité des parents.
  Ce soir là, juste avant le repas, il décida de tout dire à son frère. En moins de temps qu’il ne fallut pour le dire, Kain solutionna le problème tout en rassurant son frère. Malgré qu’ils aient le même âge, Kain jouait le rôle du grand frère. Il avait une assurance qu’Abel n’avait pas et avait dans son regard un quelque chose qui, quand il parlait le rendait très sérieux. Il avait toujours réponse à tout et à plusieurs reprises, il sauva Abel en prise avec les plus grands. Autant Kain était exempt de défaut autant lui enchaînait les tares dont celle de ne pas savoir se taire quand le besoin s’en faisait sentir.
  Kain alla voir Georges et lui expliqua le problème. Georges était le plus vieil enfant, il allait avoir dix huit ans dans quatre mois donc s’apprêtait bientôt à quitter l’orphelinat et comme le voulait la coutume, le plus âgé des enfants dirigeait les orphelins.
  Georges avait toujours été juste avec eux, il n’avait jamais abusé de son statut pour les tyranniser. Bien au contraire, il prenait son rôle très à cœur et cela lui occasionnait beaucoup de travail. Il devait gérer les conflits et les attentes dans la mesure du possible tout en restant impartial.
  Son prédécesseur avait adopté une toute autre politique ce qui lui valut la colère des enfants, du jour au lendemain il disparut sans laisser de trace. Certains disent qu’il s’est fait pendre mais en toute vraisemblance, il fugua quand la haine de ses sujets était palpable.
Kain, avec l’accord de Georges, récupéra les trois soirs suivants pour faire le mur.
  Il n’y avait jamais eu de précédent mais tous savaient que Georges n’était pas homme à abuser de sa position pour favoriser arbitrairement ses amis, de plus Kain, mis à part son frère, n’avait que peu d’amis et Georges n’en faisait pas parti, pas parce qu’il ne l’appréciait pas, seulement qu’il allait rarement vers les gens. De ce fait, il disposa des trois soirs sans qu’on ne vienne l’enquiquiner. Tout ce qu’Abel savait c’est que son frère avait un contact à l’extérieur qui devait leur vendre quelque chose.
  Kain, durant trois jours, prépara son plan sans en dire plus.  
Le quatrième jour, contre toute attente, Kain lança son gâteau sur Higgins sous les yeux interloqués des enfants et du personnel, ce qui lui valut de sévères remontrances dans le bureau du su nommé. Quelques minutes plus tard, un rixe entre deux enfants obligea le directeur à revenir précipitamment, laissant Kain seul.  
  Le cinquième jour, il recommença et eut en guise de réponse la même punition.
  Abel avait foi en son frère, cependant, en quoi le fait qu’il se fasse punir pouvait les aider ? Il eu bien une hypothèse mais il l’éjecta aussi vite qu’elle était venu, l’hypothèse était que son frère voulait être insupportable pour que personne ne veuille l’adopter, en y repensant, il la trouva stupide.
  Le sixième jour, au matin, Kain demanda à son frère d’inverser leurs pulls - sur les pulls était brodés leurs prénoms . Kain voulait vraisemblablement se faire passer pour Abel. Il lui demanda aussi de se faire punir tout comme lui les derniers jours.
  Pendant la pause, Abel renversa délibérément son plateau près de la table réservée au directeur, au lieu de le punir, il lui demanda de nettoyer illico presto sa maladresse, pensant sûrement qu’il n’avait pas fait exprès. Il était gêné quand il sentit son frère poser son regard sur lui, il n’arrivait même pas à se faire punir. Aussi petit que fut son rôle dans cette entreprise, il la compromettait. Une des dames de services lui tendit un balai. Il commença à balayer, puis prit son courage à deux mains. Il utilisa le balai comme un club de golf et expédia ses choux de Bruxelles au loin, en moins de trente secondes, il avait contenté son frère et réaliser l’un de ses rêves, renvoyait cette infâme nourriture loin de sa bouche.
  Le directeur s’énerva et alla lui faire la morale dans son bureau. Au bout de cinq minutes, un petit garçon frappa à la porte et prévint le directeur que deux enfants se battaient dans le réfectoire. Abel le regarda bien pour se rappeler du visage de cette fouine délatrice, subrepticement l’enfant lui fit un clin d’œil, ce qui le surprit. Le directeur, agacé par cette succession de méfaits sortit de son bureau en trombe laissant le punit seul enfermé dans cette petite geôle.
  Le bureau était relativement spacieux, quelques tableaux - majoritairement des corbeilles de fruits - décoraient la pièce d’un très mauvais goût. Près de la fenêtre un bureau était disposé de façon à être éclairé par les rayons du soleil. Rien dans cette pièce n’attirait le regard.  
  Un cliquetis se fit entendre derrière la porte, les remontrances allaient reprendre de plus belle. La porte s‘ouvrit. Kain entra dans le bureau sans dire un mot à son frère stupéfait. Il ouvrit un tiroir et y sortit une liasse de billet qu‘il tendit au punit. Pendant qu’Abel rangeait les billets dans une poche, l’autre regarda sa montre attendant le bon moment. Puis, il releva sa manche droite, révélant sur son avant bras une succession de lignes et de chiffres dessinés. Kain s’était dessiné l’itinéraire qu’ils devaient prendre pour esquiver le personnel dans la cour. Cela avait beau être à moins de vingt mètres, la cour qui les séparait de leur sortie était une barrière difficile à franchir en plein jour.
  Il expliqua brièvement qu’il avait utilisé ses trois derniers jours pour préparer leur fuite. Il avait découvert l’argent le premier jour des ses investigations pendant que deux complices ce battaient. Encore une fois Abel fut frappé par le génie de son frère, tout avait était manigancé pour faciliter leur évasion.  
  Ils passèrent par la fenêtre au moment où le jardinier s’allongea près du saule pleureur solitaire de la cour, puis se plaquèrent contre le mur quand la cuisinière jeta son mégot de cigarette par la fenêtre. Il avait préparé leur fuite jusque dans les moindres détails, avec minutie. Il lui expliqua que les gens répétaient inconsciemment les mêmes actions, qu’en étudiant le passé on pouvait préparer son futur.
  Abel réfléchissait à cette dernière phrase quand Higgins atterrit à coté de lui. Kain asséna un coup à l’homme qui atterrit dans les gardénias du jardinier et attrapa son frère pour fuir. Ils passèrent le portail et se mirent à courir, suivi par un directeur enragé.
  Paniqué, Abel lança :
  — Dans quoi est-ce que tu nous as fourré ?  
  — Cour et tais toi, lui donna-t-il comme seul réponse.
  — Je te jure que si on s’en sort, je te réduirai en charpie.
  — Si on s’en sort, on pourra dire adieu à l‘orphelinat et au manigance d’Higgins.
  Les deux enfants prenaient de l’avance. Mais l’homme tint bon, probablement pour récupérer son argent. Ils tournèrent précipitamment dans une ruelle. Kain sauta dans une benne à ordure qui les attendait grande ouverte, suivi par son frère. Ils la refermèrent aussi sec.
  Sans s’annoncer une voix féminine, de l’intérieur de la benne, lança :
  — Vous en avait mis du temps les frérots.
  Une fille, de quelques années leur aînée, les attendait dans la benne, elle alluma une lampe torche.
  — Tu m’as fait peur ! s’écria Abel.
  Kain plaqua sa main sur la bouche de son frère.
  — Baisse d’un ton ou tu vas nous faire repérer.
  — Désolé.
  Tout en retirant sa main il dit à l‘adolescente :
  — On fait quoi maintenant Jude?
  Elle se déplaça légèrement et enleva la planche de bois sur laquelle elle était précédemment posée, sous le regard surprit des deux frères, un trou béant donnait sur une plaque d’égout.
  Elle leur montra la plaque du doigt et sur un ton très sérieux leur dit :
  — Vous êtes sur de vouloir fuguer, au moins à l’orphelinat vous avez un toit et de quoi manger. La vie n’est pas rose les gars, c’est dur d’être seul là dehors.
  L’air d’un chien battu, Abel dit :
  — Peut être qu’elle a raison, peux être que tu …
  Coupant cour à toute hésitation Kain lança :
  — Écoute ! Je sais que tu as peur mais nous n’avons plus le choix, il faut que nous allions jusqu’au bout
  — D’accord ! lui dit son frère.
  Kain se tourna vers l‘adolescente.
  — On se doute que la vie n’est pas rose mais tu te trompes sur un point Jude., nous ne sommes pas seuls, se tournant vers son frère mais s’adressant toujours à elle, on reste ensemble pour le meilleur et pour le pire.
  En moins de temps qu’il le fallut, les paroles de son frère le réconfortèrent. Il était prêt à dire quelque chose quand elle les pria d’enlever la plaque et de descendre rapidement. Ils eurent du mal à l’ouvrir mais au bout d‘un moment elle céda. Ils passèrent dans l’embouchure de fortune et descendirent une échelle.
De chaque coté se trouvait deux petits trottoir séparés par une eau nauséabonde.
  Durant leur marche Kain trébucha à plusieurs reprises, maudissant ses chaussures d’être trop lisses.
Ils suivirent la fille depuis trente minutes quand Kain chuchota à son frère :
  — On tourne en rond, on passe par les mêmes endroits depuis qu’on est là. Elle n’a aucun intérêt à nous faire tourner en rond plus longtemps si elle veut l’argent.  
Kain sortit un marqueur de sa poche et le montra à son frère.
  Étonné.
  — Tu as raison, je l’agrippe par derrière et toi tu lui dessines sur le visage.
  — Imbécile ! lança-t-il blasé, quand je me suis aperçu de la situation, j’ai marqué n’autre chemin. Si je vois que ça tourne au vinaigre on s’enfuira en suivant les repères mais surtout ne suit les flèches que s’il n’y a pas de rond au sol. Suit les ronds au sol quand tu as les deux possibilités.
  Une expression d’ignorance se dessina sur son visage.
  — Les ronds ? demanda-t-il.
  — Tu comprendras, enfin j’espère. Prions qu’on en arrive pas jusque là. Jude, s’écria-t-il, on est encore loin ? Mes chaussures me font mal.
  L’adolescente lui montra un tunnel.
  — Après ce tunnel.
  Ils reprirent leur marche et Kain lança à son frère:
  — On va arriver.
  — Comment le sais-tu ? lui demanda-t-il les sourcils froncés.
  — On ne tourne plus en rond, si cela tourne au vinaigre, cours aussi vite que tu peux.
  — Ne te fait pas de bile, je crois que cette fille est amoureuse de moi, lui dit il avec un grand sourire.
  Les deux frères se mirent à rire.
  — Nous sommes arrivés les frérots, je vous demanderai de ne surtout pas lui manquer de respect si vous tenez à la vie.
  Elle frappa. Une voix rauque retentit derrière la porte, leur demandant d’entrer.
  La pièce était exiguë, ce qui ne l’empêcha pas de contenir trois gaillards d’au moins deux mètres.
  Derrières eux, la même voix qui les pria d’entrer leur dit:
  — Vous avez l’argent ?
  Les trois géants s’écartèrent pour laisser place à un homme qui semblait être le chef. Comparer à ses sbires, il était ridiculement petit. Il portait un costume cravate de couleur blanche et arboré un chapeau de la même couleur.
  Kain prit la parole.
  — Vous avez les papiers ?
  — Écoutes mon garçon, je ne doute pas de ton intelligence mais ici c’est moi qui commande, alors ne soit pas bête. Quand je pose une question, tu y réponds et c‘est tout.
  Un des hommes de mains s’avança vers Kain, une expression vicieuse sur le visage.
  — C’est bon, c’est bon ! s’écria Abel. Rappelez votre gorille, on ne cherche pas les ennuis.
  Le petit homme rappela le géant et s’approcha d’Abel.
  — Sage décision. Un conseil d’ami, si vous voulez survivre dehors apprenez à vous taire car on ne tue pas les muets. Maintenant je veux mon argent.
  Abel sortit de sa poche arrière la liasse de billets. Kain le regarda l’air de dire « ne sort que le nécessaire imbécile ». Il lui tendit la somme convenue.
  — Maintenant nos papiers, après un silence dans la pièce il rajouta, s’il vous plait.
  L’homme semblait agacé.
  — Rassurez-vous, j’ai vos papiers mais je viens de me rendre compte de quelque chose qui pose problème
Ils le regardèrent étonnés.
  — Comment ça ! Crièrent-t-il d’une même voix.
  — Je viens de m’apercevoir que vous êtes jumeaux et le tarif « jumeaux » est plus… après une petite pause, onéreux.
  Abel en colère.
  — Sale menteur ! Il n’existe aucun tarif de la sorte.
  Les yeux grands ouverts, il répondit :
  — Moi un menteur ? T u me vexes. Il est clair que je me suis trompé, tu es moins sage que ton frère. Tuez-les.
  Kain arracha la liasse des mains de son frère et la lança au petit homme.
  — Prenez tout, on ne cherche pas les ennuis.
  — Sage décision. Jude, donne-leur les papiers.
  Elle sortit les cartes qu’elle avait dans sa poche depuis le début et en tendit un à chaque frère.
  — Lee, Abdul, vos cartes d’identités, elle se mit à rire.
  Les deux frères regardèrent leurs cartes avec attentions.
  Kain protesta.
  — C‘est la photo d‘un asiatique.
  L’Homme amusé.
  — Tu n’auras qu’a dire que tu tes fait déridé les yeux. Il parait que c’est à la mode.
  Abel présenta sa carte dans la direction de l’escroc, on y voyait un homme de couleur.
  — Et moi je dirai que j’ai pris la photo pendant mes vacances, au meilleur de mon bronzage.
  Jude voyant l’homme s’énerver par ces remarques dit aux garçons.
  — Vous feriez mieux de partir maintenant que vous avez eu ce que vous voulez.
  — Ce qu’on voulait. On en est loin bande de menteur, s’écria Abel. On aurait pu faire un beau couple, s’exprimant à l’adolescente qui le regarda étonnée.
  Kain lança un regard à son frère.
  — Tu te rappelles des flèches et des ronds.  
  Sans attendre de réponse, il bondi sur le petit homme, lui prit la liasse tout en esquivant les bras des sbires, essayant de l’attraper. Ils traversèrent la porte et coururent comme des dératés. Les sbires les prirent en chasse, en dépit de leur stature ils couraient très vite.
  Abel dit :
  — C‘est moi ou c’est devenu notre lot quotidien de fuir.
  — Tais toi et écoute, j’ai un plan.
  Il lui exposa son plan pendant leur course. Cela n’enchantait pas Abel.
  — Je refuse, c’est bien trop dangereux.
  — C’est notre seul espoir, on ne pourra pas tourner en rond indéfiniment. Tiens prend ça, on se retrouve en haut.
  — Non! Cria Abel
  Kain se retourna et s’élança sur les trois brutes, il cria :
  — N’oubli pas de prévenir les secours.
  A moins d’un mètre de ses assaillants, il s’élança sur l’un des murs, y prit appui et avec l’autre jambe asséna un violent coup de pied sur la tempe de l’un des hommes. L’homme s’affala par terre, sonné. Les sbires, surpris par cette attaque, aussi violente qu’inattendu, il en profita pour s’échapper dans la direction opposée à son frère. Les deux hommes encore debout laissèrent leur compagnon sur le sol et se séparèrent chacun à la poursuite d’un des garçons.
  Son plan avait marché mieux que ce qu’il avait cru, il espérait maintenant que son frère ait eu autant de chance que lui.
 
  Abel courrait à en perdre haleine, il entendait les pas d’un homme le suivre mais à une distance suffisante pour le semer. Pour l’instant le plus dur c’était de ne pas se perdre dans ce labyrinthe de tunnel. Il regardait régulièrement sur le sol, il ne voyait pas de cercles alors que les flèches étaient visibles plus que de raison. Arrivé à une intersection, il s’aperçu qu’une croix était dessinée sur l’un des murs et dans l’autre direction un petit cercle sur le sol, à peine perceptible. Il emprunta le chemin du cercle, escalada l’un des tuyaux qui longeait le plafond et se cacha dans le coin le plus sombre, il ne pouvait pas laisser son frère seul dans les égouts.  
  Il entendit l’homme se rapprochait de l’intersection, maintenant qu’il leur voulait du mal, le sbire paraissait encore plus terrifiant. L’homme regarda le mur et y vit la flèche, il sourit et choisit cette direction.
  Il était étonné de la clairvoyance de son frère, ils avaient beau être jumeaux, Kain était toujours le plus rusé. Depuis leur enfance, Kain montrait des capacités extraordinaires pour le combat et il était plus intelligent que la normal, alors que lui bien que pas chétif n’était qu’un orphelin bien banal. Malgré cela il n’avait jalousé son frère.
Il laissa les cartes et l’argent dans sa cachette et reprit le chemin en sens inverse. Il entreprit d’aider son frère malgré les risques qu’il encourrait.
 
  L’homme le poursuivait toujours, il avait réussi à en arrêter un mais il savait que cette attaque ne fonctionnerait pas deux fois. Il se mit à réfléchir et aperçu une échelle à une dizaine de mètres. Il lui était impossible d’ouvrir l’écoutille tout seul mais cela lui donna une idée.
  Il ralentit légèrement pour diminuer la distance. Il monta l’échelle suivit de près par le sbire. Monté à environ trois mètres, l’homme lui agrippa le pied. Kain le frappa au visage avec son autre pied. Après ce coup, l’homme le lâcha mais au lieu de poursuivre sa fuite vers le haut Kain lâcha les barreaux de l’échelle et se laissa tomber de tout son poids sur le sbire. L’homme lâcha l’échelle et chuta, Kain retomba sur l’homme qui amorti sa chute.  
  Le second homme neutralisé, il décida de repartir dans la direction de son frère.
  — Arrêtez-vous ! cria une voix derrière lui.
  — C’était le petit homme, qui pointait un pistolet sur lui.  
  Kain s’avança vers lui :
  — Nous ne sommes pas obligés d‘en arriver là.  
  — Suit moi ! ordonna-t-il.
  L’homme le ramena dans la petite pièce. Jude les y attendait avec l’un des hommes de main qui semblait très en colère, une vilaine rougeur ornée sa tempe droite.
  — Quel âge as-tu ?
  — 15 ans.
  L’homme était très surprit, mais n’en laissa rien paraître.
  — Où as-tu appris à te battre de la sorte ?
  Ne lui laissant pas le temps de répondre, un homme d’une trentaine d’années, vêtu d’une drôle de manière entra dans la pièce. On pouvait apercevoir ce genre d’accoutrement lors de rencontres bien précises, tel un carnaval ou lors d’une représentation théâtrale, mais dans les égouts en plein milieu de l’après midi c’était plus qu’étrange. Il portait une tunique beige recouverte de sa capuche, au niveau de la ceinture, il arborait un fourreau ou une épée logeait paisiblement.
  — Bonjour Kain.
  Tout le monde était surprit, cet homme comme si de rien n’était s’adressait à Kain, ignorant jusqu’à l’arme a feu.
  L’escroc visiblement énervé demanda :
  — Qu’est-ce que vous faites là, et quel est cette affreuse tenue ?
  Ignorant la remarque, il demanda à Kain de le suivre, ce qui irrita encore plus le petit homme.
  — Biggie attaque !
  L’homme de main s’élança sur le nouvel arrivant qui n’eut pas de mal à esquiver, l’étranger répondit par un croche pied. Le sbire à la renverse, l’étranger lui asséna un coup de coude dans le nuque. Il s’était débarrassé de Biggie avec une facilité déconcertante.
  Une détonation retenti, le petit homme pointait son arme, fumante, sur l‘étranger.
  En un éclair, l’homme sortit son épée du fourreau et renvoya la bal qui se logea sur un mur, à trente centimètres haut dessus de la tête du tireur.  
  L’étranger s‘approcha du malfrat. Tremblant comme une feuille, le petit homme se mit à pleurer. Cette scène quelques minutes plus tôt aurait enchantait Kain mais l’habilité que l’étrange personnage avait eu en repoussant la balle avec son épée, ne le rassurait pas.
  L’étranger prit l’arme des mains du petit homme.
  — Vous allez vous faire mal avec ça.
  L’homme implorant :  
  — Par pitié, j’ai beaucoup d’argent.
  N’ayant cure de ses propos, il frappa l’homme et la fille sans remords.    
  Il sortit de sa poche une boussole et lança:
  — Tu viens avec moi et tout de suite élue.
 
  Abel remarqua, sous une échelle, le corps d’un des assaillants. Il le passa sans faire de bruit, rassuré de voir que son frère ait réussi à s’en débarrasser.  
  Il continua sa route prudemment jusqu’à la petite pièce. En entrant, il vit tout les malfrats évanouis, Kain n‘était pas là. Il était stupéfait de la force de son frère.
  Une main puissante l’agrippa par derrière. Ne pouvant se retourner complètement, il leva le visage et vit l’homme qu’il avait semé plus tôt. ’homme le souleva et le lança sur le mur comme s‘il ne pesait rien. Il s’approcha d’Abel et vit dans les yeux de l’enfant la terreur absolue.
  — Je te fais peur petit ? dit-il, un sourire sur son visage.
  — Vous un peu, répondit-il, puis montra du doigt quelque chose derrière le sbire, lui beaucoup.
  L’homme se retourna et vit un homme mesurant deux tête de plus que lui, ce qu‘il n‘avait jamais vu avant, en raison de sa grande taille.
— On dirait que j’arrive à temps petit élu.
Il prit le sbire et le lança comme lui-même l’avait fait plus tôt avec le garçon.
  Terrifiait, Abel gémit :
  — Je ne suis pas Kain mais Abel.
  — Peux m’importe petit comment tu veux te faire appeler, sur ma liste j’ai un Kain avec ton portrait.
  L’homme sortit de sa besace une lampe rouge-brun et la frotta, une gerbe de couleur sortit et enveloppa Abel. Cinq secondes plus tard, ils disparurent, ne laissant que les malfrats évanouis.  
 
 
Journal de bord, An 0, jour 1.
Ce nouveau monde est similaire à Aaval, du moins, il assouvi nos besoins vitales. Le ciel bleue et l’eau clair montre qu’ils en sont à un stade de l ‘évolution très bas, du moins inférieure à nous.
                                                                                                                                     Mani

 
 
Chapitre 2
L’INCONNU
 
 
  L‘écho lui rendit son hurlement.
  Abel s’était réveillé quelques minutes plus tôt dans un long couloir totalement cuivré. Deux chemins s’ouvraient à lui; dans un sens, une montée particulièrement raide avec en son sommet un trou faiblement éclairé et dans l‘autre, un long couloir sombre. Après plusieurs essais infructueux pour monter le toboggan cuivré, il cria de toutes ses forces dans l‘espoir d‘être secouru. Aucune réponse à tous ses cris, si ce n’est l’écho d’une voix cassée par tant de hurlements.
  La seule lumière venait de ce trou en surface, il n’avait aucune certitude d’être éclairé dans sa marche, ce qui ne le rassura pas. L’obscurité, depuis qu’il était petit, l’effrayait au plus haut point. Il en conclut à son grand regret que la seule issue possible était ce couloir abyssal ou il s‘aventura.
 
  Quand il avait huit ans, un enfant malade lui transmit la rougeole ainsi qu’au reste de la classe. A l’orphelinat, Kain et lui furent placés sous quarantaine le temps d’être guéri, dans une des chambres de l‘infirmerie, à l‘écart des lieux de vie de l’orphelinat. La seule distraction de l’infirmerie, c’était Kitti, le chat errant qui se faufilait à l’insu de l’infirmière pour se faire caresser par les enfants.
  Alors que Kain se rétablissait rapidement, lui était encore très malade - en y repensant, c’était la seule fois ou il vit son frère malade. Son frère réintégra la chambre plusieurs jours avant lui, le laissant seul en pleine convalescence.
  Un soir qu’il mangeait avec le chat au pied du lit, une coupure d’électricité paralysa la ville entière. Il appela l’infirmière mais se rappela qu’elle partait tous les soirs à dix neuf heures précises. Seul avec Kitti dans le noir, chaque bruits paraissaient suspects. Le craquement d’une branche, les hurlements des chats vagabonds, l’effrayaient. Les poils hérissés, chacun de ses sens étaient en éveil, dans l’incapacité de fermer un œil de peur de se faire happer par ses démons.
  Régulièrement, il passait la main hors du lit pour caresser le chat, le regard tourné vers l‘armoire, attendant qu‘un monstre y surgisse. Quelques minutes plus tard, un bruit faible se fit entendre dans la minuscule salle de bain à coté de la chambre. Il hésita longuement avant de se lever pour voir quelle était ce bruit. Dans la salle de bain, le robinet de la baignoire gouttait. Sans tirer le rideau de douche - de peur d‘y voir un monstre -, il passa sa main et tourna le robinet pour éteindre l’arrivée d’eau et retourna dans la chambre faiblement éclairée par les étoiles.
  Dans le lit, il attendit le soleil salutaire ou une reprise du courant avec une Kitty au pied du lit toujours aussi gourmande de caresse et l‘armoire du monstre. Alors que la fatigue prenait le dessus sur la peur, le faible bruit retentit encore une fois dans la salle de bain. Il se leva et sans surprise entendit les gouttes chutées dans la baignoire. Il passa la main, toujours sans retirer le rideau et ferma le robinet en serrant très fort.
  Il se replaça dans le lit. Le robinet l’ayant sorti de sa torpeur, il décida de jouer avec Kitti. Il passa sa main hors du lit comme pour la caresser et essaya de la saisir ce qui entraîna une vive attaque du chat. Elle l’avait griffé jusqu’à la chair lui offrant une jolie cicatrice, c’était la première fois qu’elle se montrait agressive. Pendant qu’il regardait sa plaie, du bruit se fit entendre bien plus fort qu‘à l‘accoutumé. Le malade bondit hors du lit et s’avança vers la petite salle de bain tout en cherchant du regard l’animal qui venait de lui entailler la main. Dans la pièce, l’eau coulait abondamment du robinet. Au lieu de simplement passer une main pour l’éteindre, il décida d’ouvrir le rideau de douche, espérant qu’un des orphelins lui ferait une mauvaise plaisanterie. Il prit son courage à deux mains et tira le rideau, dévoilant sur un fond d’eau une Kitty étendue morte. Il s’agenouilla dans un coin jusqu’au matin en catalepsie, impossible de bouger sans pleurer.
  Le lendemain, l’infirmière le découvrant ainsi, alerta le directeur. Après un long moment de silence, il leur raconta sa nuit. A la fin de l’histoire, le directeur s’approcha de la baignoire. Il revint vers Abel et lui dit qu’il n’y avait rien. Il se releva étonné et découvrit un fond d’eau, aucune trace de Kitty.
  Cinq jours plus tard, rétabli, il raconta toute l’histoire à son frère. Kain ne le jugea pas mais le rassura en lui disant que ce devait être un simple cauchemar. Abel acquiesça, cependant il restait persuadé que tout cela s’était bien déroulé. La griffure était visible sur sa main droite et depuis l’incident, personne n’avait jamais revu le chat. Toutefois, une chose durant cette nuit le terrorisait plus que le souvenir du chat gisant dans la baignoire. Encore aujourd’hui, il se demandait qui il avait caressait quand il passait la main hors du lit ? Ne voulant pas passer pour un fou, il n’en reparla jamais plus.
 
  Un miaulement se fit entendre, le sortant de sa rêverie.
  Il continua à avancer dans le noir pensant que le son était dû à son imagination. Le miaulement retentit de plus belle. Paniqué, il détala comme un lapin.
  Quinze minutes plus tard, toujours en train de courir, il vit une lumière au loin. L’embouchure donnait sur un précipice de vingt mètres de haut. Plus bas, une centaine de personne discutaient. A ses pieds, une succession de vêtements étaient attachés pour créer une corde de fortune.  
  Dans la cavité qu’il venait de quitter, une voix le héla.
  — Excuse moi !
  Une fille sortit du couloir, suivi de près par un chat. Elle devait avoir le même âge que lui. Petite, elle était brune avec des yeux d’un noir pénétrant, son teint légèrement basané faisait ressortir ses yeux. Elle portait une robe noire avec un petit gilet de la même couleur et portait un petit sac à dos. Le chat qu’elle portait dorénavant, était de la même couleur que la robe. Il espérait que ça ne lui porterait malheur.  
  Il demanda :
  — Qu’est-ce que nous faisons là ?
  — Aucune idée, répondit elle.
  Ils échangèrent quelques banalités et s’aperçurent que c’était le même homme qui les avait enlevé. Elle s’appelait Minerve et avait seize ans. Il lui montra les vêtements qui faisaient office de corde et les gens en bas.
  — Tu penses qu’il faut descendre ?
  — Ça semble être le seul chemin, dit elle en regardant tout autour.
  — Je l’ai remarqué moi aussi, menti-t-il, mais à ton avis, c’est dangereux en bas ?
  Elle s’approcha du bord et cria :
  — Voulez-vous nous faire du mal ?
  Plusieurs voix en même temps répondirent par la négative. Elle sourit et fit un signe de la tête à Abel puis s’approcha des vêtements.
  — T’es folle ! s‘écria-t-il, et s’il ne disait pas la vérité.
  — Fais moi confiance.
  — Tu as raison on se connaît depuis tellement longtemps. (Prête à descendre) Ne descends pas ! ordonna-t-il.
  Malgré l’injonction, elle descendit et il la suivit.
  A une dizaine de mètres, il s’aperçut qu’il y avait seulement des adolescents.
  Certains semblaient paniqués pendant que d’autres scrutés chaque mur de cuivre dans l’espoir d’y trouver un passage.
  Arrivés en bas, lui et Minerve examinèrent le lieu. Il y avait une centaine de jeunes, il ne parlait pas tous la même langue se qui créa des groupes. Chaque groupe crée se distinguer par la ressemblance de ses membres, les blancs avec les blancs, les asiatiques avec les asiatiques…  
  Minerve demanda si on pouvait lui expliquer tout ce que cela signifiait mais personne ne se déplaça pour leur expliquer, probablement terrorisé par ce qui se passait.
  Au loin un cri s’éleva dans les airs. Deux garçons se battait. Surprit par tout ce remue ménage, les jeunes se rassemblèrent en cercle autour de deux garçons. Après un échange de coup entre les deux individus, un grand gaillard brisa le cercle formé par les voyeurs, suivit par un garçon.
  Le colosse mesurait près de deux mètres. Un visage enfantin, il avait de grands yeux noirs, un gros nez aplatit , probablement par les coups, et le teint très pâle. Une tignasse grasse et noirs dépassait de sous un béret vert montrait qu‘il ne les entretenait pas.  
  L’autre contrastait littéralement avec le géant. A peine plus grand qu’Abel, il portait un catogan sur ses longs cheveux blonds. Son regard bleu lui conférait un grand respect, dans sa façon d’être, il lui rappela Kain.
  Le colosse les sépara et son acolyte prit la parole.
  — Que nous vaut ce remue-ménage ?
  Les deux jeunes le regardaient enragés. L’un deux lança :
  — Ce sale noir m’a volé…
  Le blond s’avança et gifla le raciste. Calmement, il lui dit :
  — Modère tes propos ou la prochaine c’est Sangath qui te la met.
  Le colosse sourit et dévoila des dents jaunes ce qui l’enlaidissait encore plus.  
  Le jeune noir se mit à parler une langue inconnue pour Abel. Contre toute attente, le blond lui répondit dans la même langue. Après un échange calme, il récupéra quelque chose et se tourna vers le raciste lui tendant l‘objet du conflit.
  — Oui, c’est mon canif. Sale voleur ! s’écriât il.
  — J’aimerais que tu ouvres la plus grande lame et que tu lises à haute voix ce qu’il y a de marquer, lui demanda le blond.
  Étonné, il sortit la lame et essaya de lire l’inscription mais n’y parvint pas.
  — Je ne comprend pas, dit il agacé.
  — Bien sur que tu ne comprends pas, c’est du swahili. C’est toi qui a voulu voler ce canif. Maintenant circule, avant que je ne change d‘avis.
  Il l’avait réduit le raciste à quia. Résigné mais toujours plein de colère, il partit laissant son adversaire récupérer le canif.
  Minerve s’approcha du garçon et lui demanda :
  — Tu sais ce qu’il se passe ici ?
  Contrit.
  — Non je n’en ai aucune idée, bon je dois vous laisser si vous avez un soucis venez me voir. Je m’appelle Moriarty.
  Il coupa court à la discutions sans laisser le temps à Minerve de dire quoi que ce soit et partit avec Sangath. Cependant, elle sourit et regarda Abel.
  — Qu’est-ce qu’il y à ? lui demanda-t-il.
  — Je t’en parlerais plus tard.
  Plus le temps passer et plus d’enfants s’entassaient dans cette geôle cuivrée, ils étaient âgés d’au moins treize ans et au maximum dix sept ans. Toute les demis heures, un ou deux enfants apparaissaient en hauteur. Au bout d’un moment on ne vit plus personne apparaître.
Un choc retenti et une douleur lancinante frappa tout le monde. Quand elle passa, quelqu’un remarqua qu’il comprenait ce que disait un de ses voisins alors que précédemment, tout ce qu’il sortait de sa bouche n‘était que du charabia. Au bout d’un moment, tous comprirent que dorénavant, ils parlaient la même langue. Le fait de se comprendre au lieu de les rassurer, les paniqua encore plus. Quelle magie était à l’œuvre se demandait certains à haute voix.
  Dans un souci d’organisation, Moriarty demanda à tous les jeunes de ne plus bouger pour les compter. Au bout de cinq minutes, il compta exactement trois cents personnes.
  Depuis l’incident, Moriarty c’était attribué le rôle de chef. Il discutait avec le plus de monde possible et rassurer ce qui en avait besoin. La majorité des adolescent l’appréciés cependant certain montrait clairement leur dédain. Minerve quand à elle le trouvait sympathique et qu’il avait beaucoup de sang-froid.
  Depuis qu’il s’étaient rencontrés plus haut, il ne s’était pas lâcher. Il s’était aperçu qu’elle était très bavarde et posait toujours des tas de questions.
  — Tu n’as pas faim ? demanda-t-elle.
  — Non, pas trop, mentit il.
  Elle se mit à rire.
  — Si tu le dis.
  — J’ai une idée ! cria-t-il, ce qui fit se retourner les gens proche de lui.
  — Ne crie pas, lui dit elle plein de malice, raconte c’est quoi ?
  — Tu te rappelles en haut ?
  — Oui mais je ne vois…
  — On pourrai passer par le toboggan si on était assez nombreux, la coupant.
  — Tu as raisons et…
  La coupant encore.
  — Je vais voir Moriarty, c’est je pense le plus capable pour nous aider, Agacée, elle cria :
  — Coupe moi encore une fois et je te coupe la langue ! plus de monde se retourna cette fois ci, surprit par le vacarme que faisaient ces deux seules personnes. Le ton sur lequel elle l’avait dit ne laissait transparaître aucune forme d’humour, ce qui fit peur à son chat blottit dans le sac partiellement ouvert.  
  Il la suivait partout où elle allait. Elle lui raconta qu’un jour ou elle se baladait, il se mit à la suivre, depuis ils étaient devenus inséparable. Quand il lui demanda comment s’appelait le chat elle répondit, comme si cela coulait de source, « le chat ».
 
  Quand Moriarty entendit l’idée, il ne cilla pas, ce qui agaça Abel.
  — Bon, d’après mon souvenir, elle devait mesurait six mètres. Sangath va me chercher Law et Bocar.
  Le colosse s’exécuta sans commentaire. Il revint avec le garçon du canif et un petit asiatique.
  Ils échangèrent des regards quand Moriarty lança :
  — Suivez moi.
  Il les emmena à la corde et les somma de monter. Sous le regard étonnés des autres, ils escaladèrent jusqu’en haut et prirent le chemins en sens inverse. Après dix minutes, Moriarty chuchota quelque chose à Sangath qui fit demi tour à la surprise de tous, cependant, aucun ne fit de commentaire.
  En dépit qu’il ne soit plus seul, Abel était toujours terrifié dans l’obscurité mais sa peur lui paru durer moins longtemps accompagner par ce petit monde.
  — Bon ! Nous sommes arrivés, attendons Sangath.
Près à s’asseoir pour patienter, Sangath revint avec la corde de vêtements. Depuis qu’ils l’avaient rencontrés, Minerve et lui n’avaient jamais entendus sa voix.
  Moriarty examina chaque personne et les plaça en file indienne. Sangath devant Bocar suivit d’Abel ensuite de Law et pour finir de Minerve.
  — Gardez cet ordre ! ordonna-t-il, et faite comme moi. Toi tu porteras la corde, à l’intention de Minerve qui hocha la tête.
  Abel commencé à être de plus en plus irrité par Moriarty, il se trouvait reléguer au second plan alors que c’était son idée. Comme si elle avait lue dans ses pensées Minerve lui chuchotis :
  — Sans toi, nous serions encore en bas à broyer du noir.
Ces quelques mots le réconfortèrent. Mais il n’apprécier plus trop ce garçon trop dirigiste. Moriarty monta sur les épaules de Sangath puis Bocar escalada Sangath et se mit debout sur Moriarty appuyé sur les parois.
  Le plan était ingénieux, il n’appréciait pas Moriarty mais il était clair qu’il avait besoin de lui pour s’en sortir.
  — Qu’est-ce que tu attends ? Monte vite, on ne tiendra pas indéfiniment lança Moriarty.
  Abel s’exécuta suivit de Law et de Minerve qui lança, debout sur les épaules du petit asiatique :
  — Je ne peux pas atteindre la sortie, on est trop cours de quelques centimètres.
  Abel se surprit à être content de la faille du plan.
  — On aurait dut prendre une personne de plus lança-t-il.
  Sans répondre, Moriarty baissa la tête et regarda Sangath qui lui répondit par un sourire et releva la tête vers Minerve.
  — Es tu prête ? demanda-t-il.
  — Prête pour…
  Sans attendre la fin de sa phrase, Sangath s’élança, propulsant cette échelle humaine à quelque centimètre de hauteur. Il faisait preuve d’une force herculéenne.
  Minerve s’agrippa à la paroi et tira de façon à se retrouver à l’extérieur. Elle s’assit et s’aperçu qu’elle était sur un disque, elle regarda plus haut et vit l’être le plus grands qu’elle n’avait jamais vue, il devait mesurer cent mètres.
  Une voix lui héla :
  — Lance la corde et tire Law.
  Elle mit ses peurs de cotées et tira Law hors du trou. Elle n’était pas très forte mais comme il était déjà très haut, elle y parvint. De cette manière, ils réussissent tous à sortir. Dès que l’un deux sortait, le suivant était plus facile à extraire puisque plus de bras pour tirer. Le plan était simple mais efficace.
  A l’extérieur, tous furent surpris par le géant mais se retinrent de paniquer. Le géant se déplaçait sur un énorme cheval.
  — Je crois savoir ce qui nous aient arrivés, lança Minerve. Je vous le dirais dès que je vous aurais mis en sécurité.
  Elle dit cette dernière phrase d’un ton tellement désinvolte que personne ne trouva rien à en redire.
  Elle sauta sur le cheval.
  — Alors vous attendez quoi ?
  Ils n’eurent pas de mal s’agripper à la bête et poursuivre leur ascension vers les fesses du géant cheval.
  — Écoutez ! cria-t-elle, on va descendre par la queue et…
  — Regardez ! s’écriât Bocar.
  La main droite de Minerve avait doublé de taille.
  — Nous n’avons plus de temps à perdre, je comprends ce qui se passe.
  Elle sauta sur la queue suivit par ses compagnons. Arrivés au bout de la queue la bande sauta durement sur le sol.
  Law hurla de douleur. Il venait de se tordre la cheville.
  — Sangath porte le ! ordonna Moriarty.
  Sangath s‘exécuta et la bande se mit à courir vers un arbre immense.
Alors que le géant disparaissait dans l’horizon, ils s’assirent en cercle et Abel demanda :
  — Maintenant que nous sommes sain et sauf, dis nous ce qui nous arrives
  — Je présume que votre dernier souvenir et celui d’un homme pointant une lampe sur vous. (Abel hocha la tête) Ensuite, vous vous être réveillés dans ce conduit en cuivre. (Ils acquiescèrent.)
  — Ma théorie, c’est que nous avons étaient rétrécis, et qu’on nous a placés dans cette lampe en attendant de nous emmener quelque part.
  Elle sourit, visiblement fière de sa théorie.
  Aucuns ne voulaient la croire car il n’y avait rien de rationnel dans son idée, cependant, les événements des dernières heures n’étaient en rien rationnels. Ils en conclurent qu’elle avait probablement raison.
  Abel lança :
  — Moi je te crois mais pourquoi nous ?
  Il se rappela que ce n’était pas lui qui était visé mais son frère. Il n’avait pas eu le temps de beaucoup pensé à Kain ses dernières heures mais il était content que ce soit lui qui fut enlevé. Il espérait simplement qu’il allait bien.
  Moriarty prit la parole :
  — Aucun de nous n’a de réponse à cette question. Et jusqu’à demain ce ne doit pas être notre priorité. Je pense que nous devrions établir un camp ici, le temps de recouvraient notre taille et de reprendre des forces.  
  Personne n’en trouva rien à redire. Sangath rapporta des bais et Bocar fit un feu pendant qu‘aléatoirement des partie de leur corps s‘élargissaient.
  Ils mangèrent autour du feu qui crépitait, et s’allongèrent sans se parlaient. Ils sentaient qu’ils grandissaient petit à petit mais cela ne les empêcha pas de s’endormir.
 
  La pièce, circulaire, contenait en son centre une poutre métallique qui devait faire la moitié de la salle. Le plafond quand à lui s’emblait être en verre mais il était difficile pour Kain de voir ce qu’il y avait au dessus.
   Il en avait fait le tour plusieurs fois et aucune issue ne lui permettrait de la quitter. Par conséquent, il c’était résigné à s’enfuir par ses propres moyens.
  Alors que la faim et les interrogations concernant son frère  commencé à le tirailler, un choc retenti et une douleur lancinante le cloua sur place, quelque chose venait de se passer mais tant qu’il resterai là, il ne le saurai pas quoi.  
 
Journal de bord, An 0, jour 1.
  J’ai cru que notre plan ne fonctionnerai plus. Minerve est morte lors du voyage. Cependant.
J’ai découvert une peuplade autochtones, je pense les utilisé pour notre plan car sans femmes notre objectif n’est plus.
                                                                                                                                                 Mani


Message édité par tekuni le 08-07-2008 à 20:02:55

Aller à :
Ajouter une réponse

  FORUM Les parrains de la plume


  Bibliothèque - Histoires longues (+ de 75.000 signes)


  Fantasy


  Heroic Fantazy - Les chroniques d'Aaval - tome 1 - L'Académie