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Heroic Fantasy - Le sabre de l'aigle - 100% - librePage Suivante | |
| Auteur | Sujet : Heroic Fantasy - Le sabre de l'aigle - 100% - libre |
talbazar solve et coagula | Reprise du message précédent :
La prisonnière d’Aoz L’arrivée intempestive du chevalier au milieu des barbares d’Aoz ne déclencha pas de réactions parmi eux, tant leur attention se focalisait sur un spectacle qui tétanisa Phéder, figeant son sang dans les veines : on torturait Udzina devant lui !... La Reine du camée d’argent, la douce amie, l’aimée tant recherchée, l’unique but de sa quête à travers Obyn la maléfique, gisait inerte au pied d’un poteau lugubre, toute entachée de son sang. Ses tendres poignets liés par une corde cruelle tiraient ses bras fragiles levés d’une façon atroce, alors que son beau corps sombre gisait dénudé dans la poussière. De faibles râles s’échappaient de sa jolie poitrine martyrisée. Pheder ne pouvait détacher son regard de ce spectacle immonde, de son bonheur enfin atteint et qu’un infâme bourreau ne fouettait plus, tant sa pauvre victime pitoyable semblait incapable de souffrir davantage. La crise montait dans les veines de Pheder en même temps que la colère. Soutenu par un désir de vengeance inouïe autant que déraisonnable, Pheder se sentait prêt à trancher les têtes attentives, à faire un massacre de ces infâmes spectateurs ! Dublin Rakal doit mourir car Moud l’exige, se dit Pheder en grinçant les dents. « Que fait la colombe sous la pluie ? » La crise le laissa longtemps sans vie apparente, avec son épouvantable cortège de fièvre et de visions infernales. Udzina fuyait ses rêves, pourtant elle n’avait jamais été aussi proche et gisait, bien réelle, dans un cachot abject, la signature de Dublin Rakal écorchant sa peau nue. Un palefrenier trouva enfin Pheder, plus mort que vif. La chance inouïe de Pheder fut que ce jeune serviteur fut ce jour-là accompagné de sa maîtresse qui lui ordonna aussitôt la plus grande discrétion. Sous le prétexte peu convaincant qu'il portait à son doigt deux anneaux d’or de l’archipel d’Aoz, il fut traité avec soin par cette jeune noble de la forteresse, dans la maison de laquelle il s’éveilla enfin. Étendu sur un lit confortable, il détailla la chambre qui jouissait d’un luxe particulier, comme en témoignait à elle seule la lourde armoire en cerisier massif qui faisait face au lit. De la fenêtre ouverte, agrémentée de vitraux colorés, Pheder distinguait le haut donjon, l’antre de son ennemi juré. De temps en temps, une mouche géante transportait sur son dos un barbare, dans le ciel merveilleusement bleu. L’eau de jouvence se mit enfin à affluer dans les veines du chevalier, chassant de ses tempes une migraine tenace, seul souvenir de sa crise passée. Pourtant au geste qu’il esquissa pour sortir du lit, il se rendit compte que son corps n’obéissait pas et que ses jambes semblaient paralysées. D’Ar Ainsi s’expliquait la capture d’Udzina... Après une nuit silencieuse qui vit Pheder se guérir totalement de sa blessure par la grâce d’un baume mystérieux, le jour les retrouva pendus à leurs chaînes, leurs têtes penchées l’une vers l’autre dans une ultime tentative pour se rejoindre. La lucarne éclaira enfin leurs corps inertes. Le coq chanta le réveil de Zao et la grille de la porte s’ouvrit en les tirant du sommeil. L’unique présence du gardien envahissait la prison d’une pestilentielle cruauté. Il réveilla le couple à coup de pied : Message édité par talbazar le 03-08-2008 à 15:54:15 --------------- Si le travail de cet auteur vous plait, vous pouvez l'encourager en cliquant ici |
talbazar solve et coagula | CHAPITRE 14 Dublin Rakal La civilisation de l'archipel d'Aoz n'était pas moins raffinée que celle d'Oberayan ou que celle d'Anamaying, loin de là, et ses habitants n'étaient pas foncièrement plus cruels. Cette récurrente appellation de "barbares du Sud" dont le monde connu les affublait provenait sans doute de la traduction confuse et erronée, en Oberoy ancien, d'un mot Nawok qui signifiait "volants", ou "ceux qui volent". C'était pourtant sous ce nom péjoratif qu'on désignait communément les gens d'Aoz, alors que les temps de violence engendrés par l'époque n'avaient qu'une seule et unique source personnifiée par l'actuel souverain d'Aoz, ce Dublin Rakal qui s'entourait si bien des pires barons ayant jamais gouverné ces îles isolées. L'actuelle mainmise de Rakal sur le trône d'Aoz masquait douloureusement la sophistication inhérente aux cités des dix îles de l'archipel, en y faisant régner sournoisement un climat de guerre délétère. Quand AR voit Le chevalier tourna la tête vers Udzina, qui essayait de se détendre sans quitter le tyran des yeux, ses grands cheveux noirs nattés avec recherche sur son dos nu tranchaient avec les serpents fous qu’elle affichait tout à l’heure. La peau veloutée de sa nuque révélait une douceur soyeuse et ses yeux si beaux ne pleuraient plus. Pheder en rapprocha la couleur sombre du fourreau de son sabre qu’il chercha du regard inconsciemment. Dublin Rakal cracha dans le foyer allumé le noyau d’une datte qui dérangea les flammes. Une nuée de serviteurs glissait à présent sur les peaux de loup étalées sur le sol et la présence de ces fourrures apportait la preuve d’un commerce effectif avec les Nawoks d’Obyn. Portant de grandes torches, ces domestiques chassèrent l’obscurité qui commençait à envahir la salle. Les longues langues de feu, se dit Pheder, donnaient à l’endroit une vision véridique de l’enfer de Moud. Dublin Rakal semblait lui aussi perdu dans un songe hors du temps. Il posa sa grappe de raisin sur une table basse dont l’unique pied venait d’un gros coquillage d’Aoz : Ce n’est pas en le voulant On appela Pheder qui montait un bon destrier mais dépourvu de la splendeur de la licorne noire. Stimulés par les hérauts les gradins s’animèrent et la foule se leva à l’arrivée de son roi. Il paradait dans son armure la plus luxueuse, étonnant Pheder par l’impression de force qui se dégageait de cet homme avachi par la mauvaise graisse. Pheder prit ses aises sur la large selle, tenant fermement une longue lance noire et or. Son écu d’or lui avait été rendu et protégeait son flanc. Le casque d’or s’empanachait d’un plumet noir mais ne valait pas pour l’instant le heaume totalement clos du tyran, qui cachait totalement son visage mesquin. Le roi d’Aoz caracolait sous les ovations délirantes du public. Les deux combattants se tenaient de part et d’autre d’une barrière qui arrivait au poitrail de leurs chevaux et contre laquelle ils devaient galoper sans la toucher. Les sonneries de clairon se firent plus pressantes, signalant l’ordre d’entrer en lice. Aux signaux des juges, les bannières de la licorne et de l’hippocampe montèrent aux mats, et la foule en se régalant vit partir les combattants au galop dans un nuage de poussière qui masqua presque le choc effroyable. L’eau de jouvence et la puissance de Moud coulaient dans les veines de Pheder, en plus d’une haine mortelle et incommensurable. L’assistance se taisait car Dublin Rakal venait de lâcher le tronçon de sa lance éclatée et s’affaissait sur le cou de son cheval, menaçant de tomber, pendant que sa monture livrée à elle-même rejoignait l’extrémité de la carrière. Message édité par talbazar le 03-08-2008 à 16:47:24 --------------- Si le travail de cet auteur vous plait, vous pouvez l'encourager en cliquant ici |
talbazar solve et coagula | CHAPITRE 15
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talbazar solve et coagula |
talbazar solve et coagula | CHAPITRE 16 Les drakkars d’Ulrik fendaient les eaux d’Anyg en longs sillons blancs. Le singe Arda, ravi de sa nouvelle partenaire, tressait les nattes de celle-ci dans un style très personnel. Udzina montra ensuite le désordre de sa coiffure à Pheder qui se força à rire car les grandes touffes de cheveux redonnaient à sa bien-aimée l’allure lugubre qu’elle présentait dans le sombre cachot. Les Nawoks chantaient sur le pont un hymne sauvage à Falkin Wallus. Ulric Tsuk s’approcha de Pheder en marchant d’un pas vif, l’air préoccupé : Armoud surgit des eaux d’Anyg Pheder scrutait l’horizon, les amazones s’agitaient d’une nervosité semblable à celle qui parcourait les rangs des Nawoks. La mer était parfaitement calme. Les drakkars aux voiles blanches tranchant l’azur suivaient docilement le sillage du drakkar amiral. De temps en temps pourtant, ils s’inquiétaient de curieux tourbillons creux qui agitaient la surface d’Anyg, en circonvallations d’écume blanchâtre. Pheder penchait pour l’hypothèse d’un banc de maquereaux ou de dauphins. Peut-être un drakkar arrêterait-il sa course pour tendre ses filets ?... Mais les poissons n’apparurent jamais et aucun bateau ne s’attarda. Pheder tournait en rond sur le pont, inquiet de voir les contours de la forêt d’Obyn tarder à venir. Le chevalier espérait qu’ils ne s’étaient pas perdus sur l’immensité liquide d’Anyg. Il se rassura en pensant que les Nawoks avaient parfaitement repéré l’île d’Aoz à l’aller, dans leur raid pour libérer Udzina, et mit ses craintes sur le compte d’une fatigue excessive. Soudain un Nawok pénétra dans la pièce, les yeux agrandis par la présence de l’invisible : « Nous passons Udzina et moi des heures bénies de Moud. Nous ignorons à présent le passé et le futur. Je réfléchis au moyen de lui faire partager mon immortalité. Le puits de Radja Minesh est-il devenu à jamais inaccessible ?... Evidemment, comme je l‘ai vu ici, les Erkils connaissent la mort. J’ai moi-même fermé la bouche à plusieurs d’entre eux. Depuis quelques jours, les Nawoks veulent la guerre. Ils ont fabriqué de curieux tambours avec des peaux de raies séchées et leur musique résonne contre les parois humides en les faisant vibrer. De temps en temps, à de minces contractions du sol nous savons que le Trakon a bougé. Hier il s’est mis à tousser brutalement et Udzina qui entamait l’ascension d’un pic de chair a été déséquilibrée et a failli tomber. Notre maison, mis à part sa façade en gueule de djinn, est confortable. Nous faisons tout notre possible pour éviter les pièges de ce décor vivant. Les Erkils ont en ce sens d’étranges coutumes... » les Nawoks, aux corps nus et tatoués, avaient peint sur la plage lisse de longues arabesques à l’encre de seiche et firent trembler le Trakon en frappant sur leurs tambours. Ils devenaient de plus en plus dangereux et les amazones semblaient vaincues par leur détermination. Les sauvages d’Obyn s’obstinaient à vouloir manger les Erkils aux cheveux blancs... Le chevalier Pheder passa des heures en compagnie des chefs des deux clans pour obtenir une illusoire garantie de paix. Ulric Tsuk appela les amazones à la raison en se rappelant à elles comme étant leur monarque. Le singe Arda lui-même s’efforça de ne pas provoquer l’irritation des Nawoks en s’invitant inopinément dans leurs cases. Udzina admirait les Erkils qui ne voulaient pas la guerre. Inévitablement, les tambours d’Obyn finirent par donner le signal de l’attaque redoutée, et ce fut un massacre des Erkils qui n’avaient que de faibles harpons d’os à opposer aux lourds glaives Nawoks. Mais surtout, ce peuple pacifique n’avait aucune chance de résister à une telle pression, ayant abandonné depuis des temps immémoriaux les réflexes guerriers. Ulrik Tsuk ne contrôlait plus la situation et regretta amèrement d’avoir équipé les Nawoks de glaives métalliques pour attaquer Aoz, et encore plus de les leur avoir laissés après leur arrivée dans le monstre. Les pauvres Erkils aux cheveux blancs furent traqués et exterminés au milieu des cases en coquillage, dont les fines façades sculptées se teintèrent de leur sang. Les sauvages d’Obyn, enhardis par leur victoire facile voulurent prendre les vies de Pheder et d’Udzina, mais les amazones les firent revenir à la raison en s’élançant devant eux, leurs enfants dans les bras. Message édité par talbazar le 22-08-2008 à 10:09:01 --------------- Si le travail de cet auteur vous plait, vous pouvez l'encourager en cliquant ici |
Seb tapissier-magicien | Oohh...
--------------- "J'ai enchanté mon papier-peint" |