Avis :
Comme je l'ai dit, ces micros nouvelles sont faciles à lire. Rapidement immersives et intéressantes. Ce concept de donner de micro-instants d'aventure d'un même personnage a de nombreux atouts, notamment d'attiser la curiosité quant à la situation globale. Je trouve donc l'ensemble très intéressant. Reste de nombreux points de logique et de texte que je vais reprendre dans une étude détaillée de tes textes. Je vais sans doute être chiant est professoral à outrance, mais c'est pour te montrer ce que j'estime être des "améliorations à apporter pour une forme et un fond corrects"
Juste un point auparavant : la première nouvelle semble dessiner un monde très primitif (sac en daim, poignard en os) et le second plus évolué (maison à étages, vitre)
Un mouvement furtif sur sa gauche.
Phrase sans verbe, ce n'est pas français. Je te dis ça, mais maintenant tu fais ce que tu veux car beaucoup d'auteurs les utilisent.
Il plongea et évita d'un poil le loup qui avait bondi sur lui. L'animal se redressa
Un quadrupède peut-il se redresser, sinon se mettre sur ses pattes arrière ? Je suggère "se rétablit et fonça de nouveau vers Rekhyt".
en une seconde et avança vers Rekhyt, qui mit la main à sa ceinture, et sortit un poignard en os de renne.
Il sentit qu'il se vidait de ses forces,
Phrase un peu lourde alors que nous sommes à un moment critique. Je préfèrerai "Il sentit ses forces l'abandonner" ou encore "Ses forces l'abandonnèrent". Evidement, ça veut dire la même chose que toi, mais un texte n'est pas simplement une succession de descriptions, mais un ensemble dont la forme doit être en phase avec le fond. Ca s'appelle le troisième degré. Donc, dans le cas présent, écrire de phrases plus rapides.
et qu'il n'avait aucune chance.
Le "et", ici, bloque un peu. Tu voulais dire qu'il sentit deux choses : "que ces forces l'abandonnèrent" et "qu'il se rend compte qu'il n'a aucune chance" ? Ou "que ces forces l'abandonnent car il se rend compte qu'il n'a aucune chance". A la première lecture on peut croire que c'est la deuxième hypothèse la bonne, mais avec l'histoire du démon, ce doit plutôt être la première. Quoi qu'il en soit, ta phrase ne doit pas permettre le doute. Je te proposerai quelque chose de plus dynamique et de clair : "Non seulement ses chances contre un loup étaient infimes, mais ses forces le quittèrent soudainement" (évidemment après on ne revient pas sur le "loup le plus puissant de la forêt après l'ours" )
Le loup était l'animal le plus puissant de la forêt après l'ours. L'arme été juste censée retirer l'envie d'attaque a la bête. Elle ne servirait à rien si il se jetait sur lui. Ce qu'il fit.
Le loup bondit et atterrit sur le torse du garçon, l'écrasant par terre, projetant son arme d'un coup de patte.
Le loup qui désarme le gras d'un coup de patte ça fait un peu surréaliste. De plus il vaut mieux dans l'action des phrases courtes. Je proposerai "Le loup bondit, pattes en avant. Il percuta le garçon en plein torse. Rekhyt tomba à la renverse. Le choc lui fit perdre son arme et il se retrouva écrasé par le poids de l'animal"
Il montra les dents, et déchira la tunique du garçon au niveau de la poitrine, révélant une tache noire. Contrairement à ce que pensait Rekhyt, le loup n'avait aucune intention agressive face aux démons.
Il se retira
Retira fait penser "retirer de la scène" il ne serait donc déjà plus là. Je verrai plutôt :"il recula précautionneusement". Ou alors non : "il retira ses crocs" on voit mieux l'action.
précautionneusement, descendit du garçon, fit demi-tour, prit quelque chose dans le sac du garçon,
Ca fait un peu lourd de mettre l'action de laisser le garçon et fouiller dans le sac dans la même phrase. D'ailleurs, les loups mangent-ils du pain ?
et s'enfonça dans la forêt.
Rekhyt se releva, prit un autre habit dans son sac en peau de daim
moi ça m'a fait bizarre qu'il ait des vêtements de rechange. Avec un poignard en os, je l'imaginai cromagnon et je ne voyais pas un primitif avec une garde robe. Ca, c'est l'inconvénient des textes courts qui ne plantent pas de cadre.
, et l'enfila. Le signe du démon ne devait pas être vu par tout le monde,
j'aurais dis "par personne", sinon ça laisse penser qu'un certain nombre d'initiés le peuvent.
ça ne ferait qu'accroître la peur des gens envers lui.
Son visage avait commencé à changer depuis les quelques mois que le shyracar avait infiltré son corps, et les gens commençaient déjà à l'éviter. La créature des ténèbres n'avaient pas réussi a prendre possession de Rekhyt, a cause de sa force morale importante, mais transformait son physique aussi rapidement qu'elle le pouvait, l'obligeant a
à
se protéger des regards indiscrets.
Déjà un début de cornes brunes foncées commençait a pousser sur son crâne, mais la foret
La forêt ! Quel est le rapport entre la forêt et un démon ? Au moins si c'est une divinité, met une majuscule.
avait été clémente avec lui en les créant de la même couleur que ses cheveux, qu'il avait juste du
dut
laisser pousser un peu. Son visage devenait plus agressif, ses yeux naturellement brun clair devenaient noir foncé tirant sur le bleu.
Dans du noir foncé, je ne vois pas comment on pourrait distinguer une autre couleur. Ou alors "noirs avec d'étranges reflets métalliques bleutés"
Ses canines s'affinaient de plus en plus, comme celle d'un loup.
Parfois, certains de ses membres ne lui obéissaient plus, comme entraînés par une force invisible, qui se trouvait évidemment à l'intérieur de lui-même. Une fois, Rekhyt avait du retenir son bras, qui avait voulu égorger un homme qui lui avait réclamer trois fois le prix convenable du pain qu'il avait acheté.
Qu'il "voulait" acheter. Tant qu'il n'a pas payé, l'acte de vente n'est pas conclu. (c'est très utile si tu te rends compte que tu n'as pas de quoi payer ce qu'il y a dans ton cadie. T'imagine que le supermarché te force à payer ! ) (désolé, déformation de comptable)
« Tue le, disait la voix du démon en lui, il t'arnaque et tu vas le laisser faire ? Tue le ! »
-Non ! avait-il crié, en agrippant son bras pour l'empêcher de prendre son couteau et d'en faire mauvais usage.
Et il avait payé. Cher, certes, mais c'était le prix de ce vendeur. Il devait le respecter. Et faire comprendre au démon qui était le chef.
Parfois, c'était le contraire, le démon le vidait de ses forces pour qu'il se fasse tuer. Si Rekhyt mourrait, le shyracar prendrait entièrement possession son corps, n'ayant plus aucune force pour l'en empêcher.
Bizarre comme concept. Ce qui veut dire que le démon aurait mieux fait d'animer un cadavre plutôt que de s'en prendre à un vivant ?
Maintenant, il devait chasser, car le pain l'avait ruiné et le loup l'avait emporté. Il dégaina son couteau de chasse
C'est le même que celui en os ? Si oui, il ne le dégaine pas puisqu'il est tombé, mais il le ramasse. Dans tout les cas chasser le chevreuil au couteau est aussi vain que le loup. Bref, ça ne fait pas sérieux.
et se lança à la poursuite d'un chevreuil male dont il venait de repérer les empreintes se dirigeant vers le Sud.
Une flèche se planta dans sa nuque en émettant un petit bruit sec. Le garde tomba par terre. Les trois hommes rentrèrent dans l'habitation par la terrasse, recouverte d'herbe coupée au millimètre.
Ils s'infiltrèrent dans la chambre du garçon, située en haut des escaliers en marbre d'après leurs sources.
Phrase longue et décousue par rapport à l'action. Décris ce qui se passe : ils entrent dans la maison. Tu parles de la source qui "cafte" sur la chambre du garçon. Ils montent donc à l'étage et ouvrent la porte. Prendre son temps est parfois utile, question de prendre un minimum de temps pour rentrer dans l'action.
Ils ouvrirent la porte facilement et sans aucun bruit.
Le petit était bien la,
là
dans son lit, tourné vers l'autre coté de la pièce. Un des trois assassins resta en bas des escaliers pour faire le guet.
Encore décousu. On est en haut là. Donc, soit il redescend pour faire le guet. Je ne crois pas que ce soit ça. Soit tu apportes une précision "un assassin été resté en bas" mais je n'aime pas trop, ça coupe l'action. Je préconise de toujours préférer le passé simple au plus-que-parfait pour tout ce qui est action. C'est ce que tu fais et c'est sans doute pourquoi j'ai trouvé tes textes bien mené malgré les défauts que j'évoque. (bin oui, il faut tout de même parler les points positifs)
Et pour revenir au sujet, je trouverais bien mieux de replacer "un garde resta en bas des escaliers" avant que le groupe les ait montés.
Un des hommes sortit un poignard de sa poche, visa un instant, puis le lança vers la tête de l'enfant.
Ca c'est grotesque : assassiner un endormi à l'arme de lancer.
Il y eu un imperceptible mouvement.
Mouvement d'air ? Du garçon ? C'est un peu vague pour se figurer la scène. Remarque, les assassins ne se la figurent pas bien non plus alors…
L'arme était enfoncé
Ah ! Juste ce que je disais que tu ne faisais pas : du plus-que-parfait. Ce serait-ce pas plus percutant que de dire : " la lame s'enfonça jusqu'à la garde dans l'oreiller" ?
jusqu'à la garde à quelques millimètres de la tête de la cible.
Les assassins étaient réputés pour ne jamais manquer leurs coups. L'homme s'étonna puis sortit un deuxième couteau et le lança. De l'autre coté, cette fois.
De l'autre côté de quoi ?
Le deuxième homme dit un mot tout bas,
Et alors ? C'est quoi le résultat du lancer ?
puis sortit une cordelette, arme qui ne laissait pas de traces.
Pas de traces ! Une strangulation laisse des marques terribles sur le cou, la victime se retrouve les yeux exobités, injectés de sang, la langue gonflée et noire et peut-être d'autres symptômes. C'est pas un film où la fille étranglée se retrouve gentiment "endormie" sur l'oreiller.
Il s'approcha et tendit l'instrument vers le coup du garçon. L'autre homme, qui s'était retourné le temps de regarder si son confrère était toujours en bas des escaliers, entendit un bruit sourd derrière lui. Il se retourna
Répétition de "retourner"
et eut deux surprise : un, son compagnon était affalé contre un mur, la tête en bas, le cou tordu en un angle bizarre, et deux, l'adolescent n'était plus dans son lit, seul restait son drap, son oreiller mais un seul poignard était enfoncé dedans.
-Ne regarde pas derrière toi, ou tu ne pourras plus jamais regarder, lui somma une voix.
Répétition de regarder. D'accord, c'est du langage oral et il dit ce qu'il veut, toutefois "tu ne pourras plus jamais regarder" est une expression curieuse. Quelque chose comme "c'est la dernière chose que tes yeux verrons" aurait fait plus théâtral et aurait mieux sonné.
D'un mouvement rapide, il
Qui ? On devine, mais il faut rechercher.
donna un coup de poing derrière lui, mais il n'y avait rien. Il entendit soudain un bruit au dessus de lui, sentit une douleur atroce au front, émit un faible cri, puis mourut et s'affala par terre. L'adolescent retira le poignard du crâne de l'individu et l'essuya, avant de le laisser tomber par terre.
Quoi ? Le poignard ? Pourquoi l'essuyer alors ?
Il sortit de sa chambre, regarda en bas des escaliers mais il n'y avait plus personne. Seulement la fenêtre ouverte et un pan de la même tunique que les deux cadavres accrochée au coin de la vitre.
Mouais, ça fait plutôt mauvais indice. Les fenêtres du coin sont-elle si mal faites que des clous dépassent de partout pour qu'on s'arrache des bouts de tissus ? Ou alors dit qu'une fenêtre a été cassée dans un départ précipité. Mais je préfèrerai que rien de tel ne soit évoqué.
Peut-être savaient-ils que Rekhyt était possédé par un démon, peut-être pas...
Voilà, avec tout ça je crois que, selon moi, tes texte seront davantage immersifs, intenses et bien plus "pro".
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